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Les vidéos promotionnelles officielles de l’Armée Populaire de Libération (APL) chinoise recèlent souvent des surprises. Que révèle la dernière vidéo intitulée “Caché dans les profondeurs marines” ? Suivons-le pas à pas.

Le protagoniste central est le sous-marin conventionnel de type 039B, l’un des plus avancés actuellement en service dans la Marine de l’APL. La vidéo s’ouvre sur des scènes tendues d’entraînement à la gestion des avaries en immersion. Deux phrases marquent l’esprit : “Dans cette grande profondeur, nous ne formons qu’un seul corps, une partie intégrante du sous-marin” et “Pour nous, sous-mariniers, il n’existe pas d’autre issue que vivre ou mourir”.

Ces propos traduisent la spécificité de la force sous-marine. Contrairement aux forces terrestres capables de battre en retraite, pilotes aériens pouvant s’éjecter, ou marins des navires de surface aptes à évacuer, les sous-marins opèrent en quasi isolement. L’équipage forme une communauté soudée : si le sous-marin subit une avarie grave, la survie ou la perte est collective. Malgré les avancées modernes telles que les capsules d’évacuation, l’échappatoire en profondeur reste un défi non résolu, forgeant ainsi une solidarité unique entre les équipages.

Suit un exercice de confrontation entre forces dites « rouge » et « bleue ». Le point marquant est la participation en force des groupes aéronavals des deux camps, marquant la première annonce officielle d’un exercice “de confrontation entre porte-avions”. Les deux porte-avions actifs de la Marine chinoise, le Liaoning et le Shandong, sont engagés, renforçant la dimension majeure de l’exercice.

Au sein de l’équipe rouge, le sous-marin s’infiltre discrètement pour des missions de reconnaissance. L’équipe bleue déploie quant à elle avions de patrouille anti-sous-marine à voilure fixe et destroyers pour détection et interception. Cet affrontement anti-sous-marin illustre les composantes modernes de la lutte : en particulier, le largage de bouées acoustiques depuis des patrouilleurs basés à terre, ce qui est rare à observer dans les médias officiels chinois.

Ces bouées actives émettent des ondes sonores puis captent les échos, aidant à localiser le sous-marin. La flotte bleue déploie ensuite des destroyers de type 055 et des hélicoptères anti-sous-marins embarqués sur le Liaoning.

À réception des signaux des bouées, le sous-marin exécute des manœuvres d’évitement à 180 mètres de profondeur. À cette profondeur, les ondes sonores perdent de leur énergie et les méthodes classiques de détection en surface voient leur efficacité réduite.

Le point culminant intervient avec l’entrée en scène du groupe aéronaval rouge, mené par le Shandong. Un détail révélateur : le centre de commandement signale des interférences électromagnétiques fortes, limitant les informations satellites à une localisation approximative de la flotte adverse. Le commandant ordonne alors un renforcement de la recherche des cibles et la préparation à la couverture mutuelle.

Cela indique deux choses majeures : d’une part, la Chine possède désormais une capacité satellitaire avancée pour la reconnaissance en temps réel des groupes aéronavals adverses, avec une robustesse aux perturbations électromagnétiques. D’autre part, elle peut maintenir un commandement et un contrôle sophistiqués avec ses sous-marins en immersion profonde, ce qui dépasse l’action isolée traditionnelle.

Le sous-marin reçoit alors l’ordre de franchir la zone de blocus et lance un véhicule sous-marin autonome (VSA) depuis son tube lance-torpilles. Ces drones sous-marins, développés intensivement par les grandes marines mondiales, se distinguent par une discrétion acoustique et des capacités multiples allant de la reconnaissance à la guerre anti-sous-marine ou auurrance de leurre. Dans la vidéo, le VSA est relié par câble, limitant sa portée mais étendant ses applications possibles.

On comprend que ces actions secrètes auraient permis au sous-marin rouge de détecter en avance les émissions sonores du groupe aéronaval bleu et de positionner précisément sa propre force. Après avoir franchi une dorsale sous-marine, le sous-marin se place en position de tir, prêt à porter un coup décisif.

La séquence centrale se clôt ici, mais un dernier « œuf de Pâques » est dévoilé : une missile balistique intercontinental lancé depuis un sous-marin émerge de l’eau avec une forme trapue caractéristique, avant de s’allumer en vol. Il s’agit sans aucun doute d’une image authentique du missile JL-2.