Une contre-offensive ukrainienne a permis de reprendre du terrain à Ivanivske, dans la zone située entre Bakhmout et Tchassiv Yar, infligeant de lourdes pertes aux forces russes. Selon une nouvelle échelle d’évaluation des pertes russes utilisée par des analystes, il serait impossible pour la Russie de lancer une offensive majeure sans procéder à une mobilisation à grande échelle. Parallèlement, le Royaume-Uni a annoncé son plus important paquet d’aide militaire à ce jour, comprenant notamment un renfort significatif en missiles de croisière Storm Shadow.
Le front sud d’Ivanivske a vu l’Ukraine libérer environ un kilomètre carré de terres agricoles et quelques zones boisées, d’après DeepstateMap. Bien que cette avancée ne soit pas massive, elle constitue un recul important pour l’armée russe, d’autant plus que Tchassiv Yar est identifié comme la prochaine cible d’une offensive russe majeure. Cette action démontre qu’Ukraine conserve l’initiative et peut également mener des opérations offensives sur ce secteur critique.
Les pertes russes enregistrées lors de cette journée sont considérables selon la nouvelle grille d’évaluation des experts, basée sur une moyenne quotidienne de plus de 580 soldats russes tués depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022. Hier, ils ont subi environ 800 pertes humaines, cinq chars et douze véhicules blindés de combat, qui sont des chiffres plutôt faibles dans ces catégories. En revanche, l’artillerie russe a lourdement souffert avec la perte de 29 tubes de canons, une pièce lourde de défense anti-aérienne, ainsi que 33 véhicules de transport détruits. La perte d’équipements spécifiques est restée dans la norme, avec deux unités.
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak, lors de sa visite en Pologne, a annoncé un important soutien militaire au profit de l’Ukraine : plus de 1 600 missiles, y compris des missiles anti-aériens, un renforcement des missiles de croisière Storm Shadow, 400 véhicules dont un nombre significatif de blindés, ainsi que quatre millions de munitions de calibre léger. Ce soutien inédit illustre la volonté de Londres de renforcer les capacités ukrainiennes dans ce conflit prolongé.
Le paquet comprend notamment 160 véhicules blindés protégés Husky, 162 blindés et 78 véhicules tout-terrain, ainsi qu’une soixantaine de bateaux, y compris des embarcations de combat, des barges de groupe, des bateaux d’opérations spéciales et des armes navales. Ce renforcement marque une montée en puissance évidente de la marine ukrainienne, un facteur stratégique important dans le contrôle du bas Dnipro vers Kherson, son delta et la protection d’Odessa.
Analyses et experts s’accordent sur le fait que la Russie, sans une mobilisation générale, ne sera pas en mesure de produire une grande offensive capable de rouvrir de nouveaux fronts ou d’attaquer des villes majeures telles que Kharkiv. Michael Kofman, analyste de défense renommé, souligne que la situation actuelle permet seulement des opérations limitées, secteur par secteur. Dara Massicot, ancien analyste principal du Pentagone sur la Russie, précise que pour qu’une véritable offensive soit possible, la Russie devrait recruter du personnel sur une longue période, sans doute jusqu’en 2025, à moins de procéder à une mobilisation qui comporte toutefois des risques politiques élevés pour le Kremlin.
Le défenseur Pavel Luzin qualifie les informations évoquant une offensive russe majeure contre Kharkiv de pure propagande Kremlinienne, déconnectée des capacités et réalités militaires réelles de la Russie. La mobilisation, même si elle était décidée, nécessiterait plusieurs semaines, voire des mois, avant d’être opérationnelle, en raison des contraintes logistiques et de formation, retardant ainsi toute tentative d’offensive d’ampleur.
Sur le plan tactique, de nombreux drones, y compris de type FPV, sont abattus régulièrement par les forces ukrainiennes, avec des vidéos montrant parfois des tirs au fusil sur ces appareils. Par ailleurs, les infrastructures civiles ukrainiennes subissent également les conséquences directes du conflit. Par exemple, la destruction de la tour de télévision à Kharkiv a coupé la diffusion de la télévision numérique terrestre dans la ville et ses environs, bien que la télévision par câble, satellite, radio, internet et téléphonie mobile restent fonctionnels.
Autre conséquence notable, suite au bombardement de la centrale électrique de Trypillia, une rationnement de l’électricité est désormais instauré pour les entreprises et l’industrie en Ukraine. Ce choix vise à limiter l’impact sur la population civile, difficile à contrôler à grande échelle, même si cette mesure obère la reprise économique du pays.
Sur le plan maritime, un navire-citerne russe a été escorté hors de la mer Baltique par la flotte russe, suscitant des interrogations sur la réalité des flux logistiques russes et la capacité ukrainienne à perturber ces transports stratégiques. Il est possible que la Russie cherche à acheminer des ressources vers ses forces en Syrie ou vers ses positions en mer Noire, contournant ainsi les zones de conflit directes.
Quant à l’évolution politique au sein du Kremlin, des rumeurs circulent sur l’arrestation récente du vice-ministre russe de la Défense pour des faits de corruption, ce qui pourrait traduire des luttes internes de pouvoir. Certains analystes évoquent même la possibilité d’un complot contre Vladimir Poutine, ce qui souligne l’instabilité et les tensions au sein des hautes sphères du pouvoir russe.
Enfin, le rôle des systèmes d’artillerie à longue portée HIMARS sur le champ de bataille ukrainien reste crucial. Depuis la réception de nouveaux stocks d’armements américains, l’Ukraine intensifie ses frappes de haute précision contre les centres de commandement et l’artillerie russe, menaçant particulièrement la capacité offensive ennemie sur plusieurs segments du front. Cette pression accrue sur les positions russes démontre l’importance stratégique du soutien militaire occidental dans ce conflit.
Slava Ukraini! Heroiam slava! Razom, do peremohi!