Le troisième porte-avions chinois, le Fujian, le plus lourd et le plus avancé techniquement parmi les trois à ce jour, se prépare à ses essais en mer, ont rapporté les médias officiels mercredi. La chaîne d’État China Central Television a diffusé les dernières images du porte-avions construit localement, dévoilant notamment les trois voies de catapulte électromagnétique encore découvertes à bord.
La Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN) poursuit comme prévu les essais d’accostage du CNS Fujian, deuxième porte-avions entièrement fabriqué en Chine, a indiqué Yin Hongxin, officier embarqué, selon China Daily.
Les médias officiels chinois suscitent fréquemment l’intérêt public en relayant l’avancement de nouveaux équipements de défense, tels que les navires, avions de chasse et missiles, souvent accompagnés de photographies inédites.
Mis à l’eau en juin 2022, le Fujian a été présenté avec beaucoup d’ambition, le gouvernement chinois affirmant qu’il pourrait rivaliser technologiquement avec les porte-avions américains. Cette montée en puissance intervient dans un contexte de pression croissante de Washington dans la région indo-pacifique, notamment en mer de Chine méridionale et à Taïwan, que Pékin considère comme une partie intégrante de son territoire.
La Chine revendique la majeure partie de la mer de Chine méridionale, tandis que le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, Brunei et Taïwan avancent des revendications contraires.
Le premier porte-avions chinois, le Liaoning, était une remise à niveau d’un ancien navire soviétique, mis en service en 2012, suivi par le Shandong, premier porte-avions construit entièrement en Chine, en 2019.
Avec un déplacement de 80 000 tonnes, soit 20 000 tonnes de plus que les deux précédents, le Fujian devrait être capable d’opérer dans des zones maritimes lointaines, comme l’océan Indien, où la marine indienne possède une forte présence stratégique.
Par ailleurs, la Chine a déjà agrandi sa base navale à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, pour accueillir des porte-avions. Elle a également obtenu le port de Hambantota au Sri Lanka dans le cadre d’un accord de prêt-bail de 99 ans, et modernise celui de Gwadar au Pakistan, situé en mer d’Arabie.
Selon les médias officiels, la Chine prévoit d’avoir environ cinq porte-avions à terme. Le prochain modèle envisagé sera vraisemblablement propulsé par un réacteur nucléaire.
Des experts navals estiment que la mise en service opérationnelle du Fujian pourrait prendre du temps, avec une possible projection des porte-avions chinois dans l’océan Indien prévue pour 2025.
Le Fujian, premier porte-avions « entièrement conçu et construit » en Chine, est équipé d’un système de lancement électromagnétique (EMALS) pour les avions. Il présente un pont d’envol plat et droit, ainsi que des dispositifs d’appontage.
Ce système de catapultage électromagnétique représente un progrès majeur pour la marine chinoise. Actuellement, seuls les États-Unis disposent de cette technologie avancée, notamment sur les porte-avions de la classe Gerald R. Ford. Il permet une meilleure efficacité énergétique et une maintenance réduite.
Contrairement à ses prédécesseurs équipés d’une rampe de lancement inclinée (ski-jump), le Fujian adopte un pont d’envol entièrement plat.
Le J-15, chasseur embarqué utilisé jusqu’ici par la marine chinoise, pose un problème structurel majeur, pesant environ 18 tonnes, ce qui limite la capacité opérationnelle des porte-avions sur le long terme. Ces avions lourds sont perçus comme un frein.
Depuis une révision importante de sa doctrine militaire en 2013, la Chine a massivement renforcé le développement de sa marine tout en réduisant ses effectifs terrestres.
Cette modernisation englobe la construction de plusieurs porte-avions, sous-marins, frégates et navires d’assaut amphibie, dans le cadre de sa volonté d’élargir son influence à l’échelle mondiale.
Outre l’accélération de sa production navale, la Chine aide également le Pakistan à moderniser sa marine en fournissant des frégates dernier cri, destinées à opérer en océan Indien et en mer d’Arabie.