Des images satellite récentes révèlent la construction d’un nouveau bassin de radoub suffisamment grand pour accueillir le plus grand porte-avions chinois, sur la base navale de Ream en mer de Chine méridionale.
Située au large de la côte de Sihanoukville, au Cambodge, cette importante structure en cours d’édification répond à tous les critères d’un bassin de radoub.
Les experts sont nombreux à suspecter que la Chine utilise cette base pour développer ses infrastructures navales, notamment pour ses sous-marins et ses navires de guerre. N.I. Sutton, analyste spécialisé en sécurité maritime open-source, confirme la construction en cours à Ream. Selon lui, ce projet s’inscrit dans la volonté de Pékin d’accueillir son porte-avions le plus imposant dans ce bassin une fois celui-ci achevé.
Malgré les affirmations du Cambodge concernant une utilisation de la base pour sa marine, Sutton écarte cette hypothèse, rappelant que le pays ne possède que très peu de navires dépassant 50 mètres de longueur.
Les relations entre Phnom Penh et Pékin se sont renforcées récemment. Le président chinois Xi Jinping a clairement affiché, au début du mois, son intention de collaborer étroitement avec le roi Norodom Sihamoni afin de consolider leurs liens bilatéraux.
Le gouvernement cambodgien a par ailleurs confirmé avoir reçu des financements chinois pour la construction de cette nouvelle base navale, soulignant l’importance de Ream pour la défense nationale.
Selon le Center for Global Development, le Cambodge est aujourd’hui en situation précaire, approchant un état de « difficulté d’endettement » en raison notamment d’une dette extérieure d’environ 3,9 milliards de dollars contractée auprès de la Chine, sur un total de 10,2 milliards.
Dans sa stratégie d’affirmation globale, la Chine manifeste un intérêt marqué pour les zones stratégiques telles que la mer de Chine méridionale. Elle revendique fermement sa souveraineté sur cette voie maritime majeure, ce qui provoque des tensions avec ses voisins plus modestes et attire l’attention des États-Unis.
Washington et ses alliés déploient régulièrement leur puissance navale et aérienne dans la région pour garantir la liberté de navigation et de survol, assurer la dissuasion et rassurer des partenaires comme les Philippines.
Les différends persistants autour du récif Second Thomas Shoal, situé dans la zone économique exclusive reconnue par l’ONU aux Philippines mais revendiquée et militarisée par la Chine, alimentent les craintes d’un conflit armé majeur entre les deux puissances.
Les autorités philippines maintiennent leur volonté d’éviter une escalade militaire, tout en restant fermement déterminées à défendre les droits souverains du pays en mer de Chine méridionale.