Le Dubai Airshow 2023, qui se tiendra du 13 au 17 novembre au Dubai World Central, est attendu comme une confrontation majeure entre deux chasseurs emblématiques : le Rafale de quatrième génération avancée, vedette française reconnue mondialement, et le J-10C chinois, prétendant prometteur sur le marché international des avions de combat.
Dans cette optique, la Chine mise sur une démonstration spectaculaire en déployant sept de ses chasseurs multirôles J-10C, surnommés « Vigorous Dragon », pour leur première présentation publique au Moyen-Orient. Ces appareils, appartenant à la célèbre Patrouille Acrobatique du 1er août de l’armée de l’air populaire chinoise (PLA Air Force), ont décollé d’un aéroport non divulgué dans l’ouest de la Chine pour rejoindre l’aéroport international Al Maktoum à Dubaï le 8 novembre.
Depuis sa modernisation en 2018, le J-10C incarne les ambitions chinoises de promouvoir un avion de chasse de génération 4,5 auprès des pays de la région. Cette initiative intervient alors que plusieurs puissances du Moyen-Orient cherchent à diversifier leurs fournisseurs d’équipements militaires, en s’éloignant des traditionnels États-Unis et Russie.
L’Égypte, par exemple, a manifesté son intérêt pour le J-10C après l’annulation d’une commande de chasseurs russes Su-35. Ce positionnement commercial arrive au moment où plusieurs négociations d’armement sont en cours dans la région.
Par ailleurs, l’Arabie Saoudite envisage d’acquérir des drones et des systèmes de défense aérienne, tandis que l’Algérie serait en passe d’investir dans des corvettes chinoises ainsi que dans des missiles et des drones. La Chine vise clairement à supplanter les États-Unis comme premier fournisseur militaire au Moyen-Orient, s’appuyant sur des relations solides et une offre d’armement plus rapide, sans les nombreuses contraintes imposées par Washington.
Au cours de la dernière décennie, les ventes d’armes chinoises au Moyen-Orient ont ainsi augmenté d’environ 80 %, profitant des fluctuations géopolitiques dans cette zone stratégique. Le Dubai Airshow représente donc une vitrine idéale pour promouvoir le J-10C auprès de clients potentiels.
Le J-10, surnommé « Firebird » par l’Otan, est un chasseur mono-réacteur polyvalent, conçu pour opérer dans toutes les conditions météorologiques. Il s’agit du premier avion de chasse de pointe totalement développé en Chine. En 2020, le Pakistan est devenu son premier client export.
Assemblé avec un mélange d’alliages métalliques et de matériaux composites, le fuselage est configuré selon un profil « delta canard sans empennage », garantissant des performances aérodynamiques élevées. Une grande aile delta est placée au centre arrière de la cellule, associée à un ensemble de canards positionnés juste en avant et au-dessus, assurant une stabilité et une maniabilité accrues, surtout à basse vitesse.
Cette configuration augmente considérablement l’agilité en vol, réduisant la vitesse de décrochage et améliorant la précision lors des manœuvres complexes. Le J-10 est également doté d’une importante dérive verticale et de petites dérives ventrales qui contribuent à stabiliser l’appareil.
Les premières versions utilisaient une entrée d’air avec une rampe rectangulaire et une plaque répartitrice, mais les variantes récentes J-10B et J-10C ont adopté un système d’admission d’air sans conduits déviateurs (Diverterless Supersonic Inlet), réduisant potentiellement la signature radar de l’avion.
Le J-10 dispose de 11 points d’emport sous le fuselage et les ailes pour l’armement et les réservoirs externes, pouvant supporter jusqu’à 5 600 kg de charges variées : missiles, bombes, réservoirs supplémentaires ou pods électroniques.
Le cockpit offre une visibilité à 360 degrés grâce à son dôme en deux parties, qui s’ouvre vers le haut pour faciliter l’accès et l’éjection. Le pilotage s’effectue via un manche central et un accélérateur latéral intégrant la fonction HOTAS (hands-on throttle and stick). Le siège éjectable à capacité zéro-zéro garantit la sécurité du pilote à toute altitude ou vitesse.
Du fait des particularités aérodynamiques du design canard, le J-10 est équipé d’un système de contrôle de vol fly-by-wire (FBW) numérique quadruplement redondant. Ce système limite les commandes pour éviter les manœuvres dangereuses et aide à maîtriser l’appareil lors des phases critiques de vol.
Le radar multifonction embarqué, développé localement par Chengdu Aircraft Industry Corporation, utilise une antenne à balayage mécanique en réseau plan. Il peut suivre jusqu’à 10 cibles simultanément et engager soit deux cibles avec des missiles à guidage radar semi-actif, soit quatre cibles avec des missiles à guidage radar actif.
Le J-10 est armé d’un canon GSh-23 à double canon situé sous l’admission gauche, complété par une panoplie de missiles air-air et air-sol. Parmi ceux-ci figurent les missiles courte portée PL-8 et PL-10, ainsi que les missiles à moyenne portée PL-12 et PL-15, présents sur le J-10C.
Par ailleurs, l’avion peut emporter des bombes non guidées ou laser, des missiles air-sol KD-88, des missiles anti-navires YJ-91A, ainsi que des missiles anti-radars YJ-91.