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La société publique ukrainienne de défense Ukroboronprom se concentre désormais sur des projets « plus complexes et coûteux », malgré la décision judicieuse de privilégier les drones FPV plutôt que de développer un équivalent direct du drone kamikaze iranien Shahed-136.

Malgré les déclarations médiatiques annonçant le lancement de la production en série d’un drone similaire au Shahed-136 par Ukroboronprom, le directeur de l’entreprise, Herman Smetanin, a récemment expliqué dans une interview que ce n’était pas une priorité.

Lors d’un entretien avec Ukrainska Pravda, Herman Smetanin a confirmé que l’Ukraine travaille, en collaboration avec des partenaires internationaux, à la fabrication d’un drone dont la portée atteint 1 000 kilomètres et qui a déjà été livré aux forces armées ukrainiennes.

Interrogé sur la question de savoir si ce drone constitue un équivalent du Shahed iranien, Smetanin a répondu : « Il existe de nombreux fabricants publics et privés en Ukraine. Nous avons un analogue des « Shaheds », mais aussi des modèles plus puissants, car les « Shaheds » ne volent pas aussi loin. Nous nous concentrons maintenant sur la production de projets plus complexes et coûteux, offrant des performances supérieures. »

Cette déclaration souligne la volonté d’Ukroboronprom de s’orienter vers des systèmes plus sophistiqués et performants. Néanmoins, la première phrase affirme clairement que l’Ukraine possède un drone comparable au Shahed, bien que ce ne soit pas l’objectif principal de la société.

Un point resté flou lors de l’interview est de savoir si ce « drone analogue au Shahed » est actuellement produit en série et utilisé activement dans le conflit avec la Russie, la discussion s’étant rapidement tournée vers les plateformes sans pilote plus avancées que le Shahed-136.

Ce dialogue s’inscrit dans la dynamique du développement des drones ukrainiens par Ukroboronprom. L’an dernier, Oleg Boldyrev, dit Martin Brest et responsable de cette branche, décrivait ces « nouveaux drones » comme des « plateformes multifonctionnelles » pouvant intégrer aussi bien des drones kamikazes que des engins de reconnaissance ou d’attaque.

Le concept repose sur une stratégie duale : les drones de type missile sont conçus pour un usage unique, avec un vol ciblé, tandis que les drones de reconnaissance disposent d’une autonomie prolongée avec de nombreux décollages et atterrissages.

En termes simples, un missile volant sert une mission unique, alors qu’un drone de reconnaissance est destiné à une utilisation longue durée. Ces deux catégories répondent à des exigences très différentes en matière de conception.

Le principal avantage d’un drone missile est d’être bon marché et produit en grande quantité. Cette abondance explique la capacité de la Fédération de Russie à recevoir plus de 500 missiles aériens iranien Shahed chaque mois.

Les experts ukrainiens s’interrogent sur la nature exacte du « Shahed ukrainien », d’autant que Smetanin met l’accent sur des systèmes plus complexes. Son interview ne confirme cependant pas que ces systèmes sophistiqués soient strictement comparables aux drones kamikazes iraniens.

Le propos laisse entendre que l’équivalent ukrainien ne répond pas pleinement aux exigences opérationnelles des forces ukrainiennes et que des systèmes plus avancés sont en cours de développement.

Par ailleurs, la série de drones FMV suscite beaucoup d’espoirs. Herman Smetanin a confirmé qu’Ukroboronprom est en pointe dans la production sous licence de modèles existants, assemblés par des entreprises du secteur public.

« Nous disposons des ressources humaines, des infrastructures et des composants nécessaires à la fabrication. Nous intensifions le développement avec tous ceux qui souhaitent collaborer », a déclaré le chef d’Ukroboronprom.