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En octobre, la Royal Australian Air Force (RAAF) a mené une phase de tests d’une structure provisoire destinée à protéger et camoufler ses aéronefs contre les menaces d’explosifs et la surveillance à la base aérienne de Williamtown.

Cette expérimentation s’inscrit dans une démarche d’innovation visant à renforcer la protection des avions en adoptant des principes d’opérations agiles et en recourant à des méthodes ainsi qu’à des matériaux de défense passive peu conventionnels.

Comme le précise un communiqué récent de la RAAF, ces abris avions jouent un rôle essentiel en milieu ouvert, protégeant les appareils au sol des risques immédiats liés à la détection, aux explosions et aux éclats. La capacité à assembler rapidement ces structures de manière économique et à les déplacer rapidement vers différents sites offre à l’armée de l’air un avantage important pour sécuriser ses jets supersoniques et déjouer les menaces potentielles.

Le capitaine de groupe Jason Dean, responsable des compétences logistiques au sein de l’ACG, a commenté : « Le développement d’un revêtement d’aéronefs dispersé, facilement reproductible à grande échelle dans les bases aériennes du Nord et ailleurs, est guidé par les réflexions stratégiques sur la défense nationale. Cette première phase d’essai vise à étudier et évaluer différentes solutions pour le revêtement des voies de circulation, la création de barrières, le camouflage et la dissimulation. Les étapes suivantes permettront de faire évoluer ces concepts vers des solutions efficaces et intégrables dans une vision globale de résilience des bases aériennes ».

Les travaux de montage de ce dispositif temporaire à Williamtown ont été réalisés par le personnel du 65e Escadron de Récupération de la Base Aérienne (65ABRS). Un déploiement significatif d’efforts et une grande inventivité ont été nécessaires pour respecter le planning, notamment avec l’édification de murs en béton, le transport de conteneurs, le recouvrement du terrain d’aviation et la mise en œuvre de différentes techniques de camouflage et dissimulation permettant de tester l’efficacité du système.

À la tête de cette équipe, le capitaine d’aviation Paulo Cellini a souligné l’originalité de leur approche : « Notre équipe a saisi cette mission comme une opportunité d’appliquer nos compétences de manière nouvelle pour soutenir la modernisation des forces aériennes. Nous avons acquis un savoir-faire précieux au cours du montage de ce revêtement, et le 65ABRS s’appuiera sur ces enseignements lors de ses prochaines missions ».

Le 65ABRS est notamment chargé des services de récupération opérationnelle des bases aériennes en cas d’urgence, garantissant ainsi que la RAAF peut utiliser n’importe quelle base aérienne à tout moment, avec leur soutien.

Le Wing Commander Paul Howell, commandant du 65ABRS, a insisté sur l’importance des opérations agiles dans ce contexte : « Nos équipages ont collaboré avec l’ACG pour développer des concepts permettant de protéger les jets supersoniques et ainsi assurer la projection continue de notre puissance aérienne ».

Cette expérimentation sur les revêtements d’aéronefs distribués est une étape clé pour renforcer les capacités de la RAAF, tout en reflétant l’évolution constante des stratégies et technologies dans les domaines de la défense et de la sécurité. Elle suscite une attention soutenue de la part des experts du secteur et des décideurs.

La flotte de F-35 de la RAAF atteint sa pleine capacité opérationnelle

L’Australie a largement dépassé ses prévisions en matière d’utilisation de ses chasseurs furtifs F-35. Selon des informations dévoilées en mars 2024, la flotte australienne de F-35 devrait atteindre à la fin de l’année 2023 sa Capacité Opérationnelle Finale (FOC), un jalon majeur dans le déploiement complet de ces appareils.

Cette avancée représente un obstacle stratégique aux ambitions chinoises visant à dominer la région indo-pacifique, notamment dans un éventuel conflit autour de Taïwan. L’acquisition future envisagée de F-35 supplémentaires renforcerait encore la position australienne, un scénario que les États-Unis semblent prêts à soutenir via la livraison de nouveaux appareils.

Les pilotes australiens aux commandes des F-35 se distinguent par leur haut niveau de compétences, leur réactivité et leur sens des responsabilités. Canberra compte faire de cette flotte un pilier central de sa stratégie de défense à moyen et long terme. Un projet d’intégration entre les F-35 et le drone MQ-28 Ghost Bat de Boeing est notamment à l’étude, promettant une coordination entre aéronefs habités et non habités dans la région indo-pacifique.

Malgré quelques problèmes relevés ces dernières années, l’appréciation australienne pour le F-35 reste forte. Malgré l’augmentation des coûts et les dépenses futures importantes, des plans sont déjà en cours pour compléter la flotte existante avec d’autres chasseurs Lockheed Martin F-35.

Greg Ulmer, vice-président exécutif d’Aeronautics, a exprimé l’espoir d’une extension de la force aérienne australienne par l’acquisition de nouveaux F-35. Actuellement, la RAAF opère 60 exemplaires, avec une douzaine supplémentaires attendus d’ici fin 2024 ou début 2025. Le premier escadron de 60 appareils avait atteint sa capacité opérationnelle initiale il y a trois ans. Ces trois escadrons, qui remplacent progressivement les F/A-18A/B Hornets, ont déjà accumulé plus de 23 000 heures de vol.

Cette ambition pourrait porter la flotte à un total de 96 F-35, accompagnée de la création d’un quatrième escadron, conformément aux recommandations du dernier rapport de révision de la stratégie de défense australienne qui envisage un renforcement des capacités en phase avec les intérêts stratégiques des États-Unis.

Cependant, le développement du programme F-35 en Australie reste confronté à certains défis. Des coûts projetés de maintenance pouvant dépasser 14 milliards de dollars australiens d’ici 2053 suscitent des interrogations dans l’opinion publique. L’extension de la flotte à 96 chasseurs entraînera inévitablement une hausse des dépenses à la charge des contribuables.

Bien que la flotte ait atteint sa pleine capacité opérationnelle, une baisse du nombre d’heures de vol est anticipée dans les prochaines années, ce qui alimente les débats au sein de la RAAF ainsi que dans le débat public sur la pertinence et les capacités réelles du F-35. Ces projections sont toutefois issues du comité budgétaire du ministère australien de la Défense. Pour l’heure, un consensus bipartisan continue de soutenir le programme F-35 et les budgets associés.