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Près de deux ans après l’invasion totale de l’Ukraine par la Russie, le rôle des organisations de volontaires demeure crucial. Malgré les moyens engagés par les États, ces acteurs non étatiques restent indispensables pour répondre rapidement aux besoins sur le terrain. Cette situation illustre un échec des autorités à fournir à elles seules l’ensemble du soutien nécessaire après 19 mois de conflit.

Depuis le début de la guerre, les volontaires jouent un rôle clé en apportant des équipements essentiels—des vestes de pluie, des trousses de premiers secours (IFAK), des lunettes de vision nocturne ou encore des drones—que les institutions publiques peinent à fournir efficacement. Ces besoins, bien connus des gouvernements, ne devraient plus relever du seul effort citoyen. La Suède, comme d’autres pays, ne pourrait pas se passer de ce soutien privé en cas de guerre.

Les collectes et actions solidaires à destination de l’Ukraine couvrent désormais tout le spectre du soutien. Des unités spécifiques de première ligne, comme celles du groupe Thor en Suède, reçoivent un appui matériel via des organisations fiables, tandis que d’autres collectes se concentrent sur l’aide humanitaire. Les recommandations pour soutenir ces structures sont basées sur des vérifications rigoureuses et excluent toute organisation non avérée, évitant ainsi les risques d’escroqueries ou d’inefficacité. Les donateurs sont invités à privilégier ces entités reconnues pour maximiser l’impact de leur aide.

Le conflit en Ukraine n’est pas une surprise ; il dure officiellement depuis 2014, avec l’annexion de la Crimée par la Russie, mais s’est intensifié brutalement en 2022. Malgré cela, l’Occident a longtemps été passif, laissant se banaliser cette guerre. Les initiatives volontaires ont su pallier la lenteur et parfois l’incapacité des acteurs étatiques à répondre aux besoins urgents, notamment en matière de logistique et de livraison rapide sur le terrain.

De nature pseudo-anarcho-libérale, l’auteur souligne son soutien à une société civile forte et à la démarche bénévole. Selon lui, les problèmes complexes ne se résolvent pas toujours par l’État seul : une mobilisation grassroots s’avère souvent plus rapide, mieux adaptée et moins coûteuse.

Les sommes collectées par les lecteurs du blog ont dépassé les centaines de millions de couronnes suédoises. Cette aide, distribuée directement à ceux qui en ont besoin, évite les lourdeurs administratives et les détournements. Au fil du temps, les organisations de volontaires ont affiné leur maîtrise de la logistique, développant des chaînes d’approvisionnement proches de celles des forces armées.

Outre leur rôle matériel, ces organisations ont aussi une fonction psychologique majeure. Elles renforcent la volonté de résister en donnant à chacun l’impression de pouvoir agir, évitant ainsi le sentiment d’impuissance. Ce soutien populaire est un facteur déterminant dans la résilience ukrainienne.

Toutefois, que ces structures soient toujours nécessaires après 19 mois de guerre reflète une défaillance majeure des États. En dépit des budgets considérables engagés, notamment en Suède où les aides dépassent le milliard de couronnes, des besoins basiques restent non couverts par les voies officielles. Pourquoi des associations doivent-elles ainsi collecter et fournir des équipements médicaux légers, du matériel d’évacuation, des ambulances ou des véhicules de transport ? Cette absence d’organisation étatique est d’autant plus incompréhensible qu’il serait possible, si le secteur public ne parvient pas à gérer ces livraisons, de recourir à des organisations telles que Blågula Bilen, en les rémunérant pour leurs prestations logistiques.

Les forces armées suédoises elles-mêmes souffrent d’un déficit en équipements individuels, tandis que la chaîne médicale militaire peine à faire face à des scénarios de guerre à grande échelle. Leur organisation reste en partie calibrée pour des missions de maintien de la paix dans des contextes à faible intensité, loin des conflits multidimensionnels et violents qui prennent place en Ukraine.

Par exemple, les ambulances et brancards, considérés souvent comme des consommables, sont en nombre limité et leur disponibilité dans un contexte de combat intense demeure un problème. En cas de conflit sur le sol suédois, de semblables déficits obligeraient les citoyens à s’engager à nouveau pour combler les manques : collecter des fonds, acheter des matériels, organiser le transport médical, en complément de ressources civiles déjà sous forte pression.

Le personnel médical des forces de défense provient majoritairement du système de santé civil, un secteur lui-même en tension. Le transfert de professionnels qualifiés vers l’armée représente donc un affaiblissement du dispositif sanitaire national. De la même manière, la police militaire est composée en grande partie de policiers en activité, ce qui leur fait quitter temporairement leurs fonctions civiles sans accroître les effectifs globaux.

L’espoir est que certaines organisations actuelles, notamment Blågula Bilen, se structurent durablement pour constituer une force volontaire de défense totale suédoise. Si les acteurs étatiques échouent à organiser correctement l’aide en Ukraine après près de deux ans de guerre cinétique, ils ne pourront que difficilement s’assurer d’un approvisionnement efficace en cas de conflit sur leur propre territoire.

Pourtant, ces organisations ne sont pas ignorées des autorités. Elles ont rencontré les ministres de la défense et de la protection civile suédois pour discuter de leur rôle et rôle potentiel en temps de guerre. Ce phénomène est partagé dans plusieurs pays européens, où la population mobilisée agit massivement au bénéfice de l’Ukraine.

La Suède est particulièrement impliquée et surreprésentée en termes de soutien volontaire par habitant. Leurs actions sur le terrain en Ukraine sont reconnues par les combattants ukrainiens eux-mêmes.

Cette réalité suscite une certaine colère face à l’inaction des États et à la nécessité pour les particuliers d’organiser eux-mêmes une partie cruciale du soutien militaire et humanitaire. Le soutien aux organisations suédoises, étrangères et ukrainiennes doit donc se poursuivre sans relâche. Leur action sauve des vies, freine les exactions russes et contribue à la résistance ukrainienne.

Un hommage sincère est adressé à tous les volontaires suédois, visibles ou anonymes, et à ceux qui les soutiennent. Leur engagement reste exemplaire dans ce contexte dramatique et incertain.