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Le National Chung-Shan Institute of Science and Technology (NCSIST) à Taïwan prévoit d’allouer 25 millions de dollars au développement de deux navires de surface sans pilote, inspirés par les tactiques employées par l’Ukraine dans son conflit contre la Russie. Si les prototypes sont validés lors des essais militaires, la production pourrait débuter dès 2026.

Le NCSIST est une institution majeure de recherche et développement en technologies de défense, placée sous la tutelle du ministère taïwanais de la Défense nationale. Sa mission est de renforcer les capacités technologiques de défense de l’île et d’instaurer une industrie militaire autonome.

Inspiré par l’efficacité des navires de surface télépilotés utilisés par l’Ukraine pour mener des attaques explosives contre la marine russe, Taïwan s’intéresse de plus en plus à ces plates-formes sans pilote. Selon plusieurs hauts responsables taïwanais, le développement de véhicules d’attaque autonomes est devenu une priorité stratégique. Ces engins offrent la capacité d’engager des attaques surprises, de neutraliser des menaces ennemies, de limiter sensiblement les pertes humaines, tout en s’appuyant sur le savoir-faire local en matière d’intégration de drones de reconnaissance, d’attaque ou de déminage, qu’ils évoluent en surface ou sous l’eau.

Récemment, le NCSIST a mis à jour son site web en présentant les caractéristiques d’un drone cible maritime sans pilote. Ce véhicule est équipé d’une télécommande longue portée, de trajectoires programmées, d’une transmission vidéo en temps réel et d’une panoplie de dispositifs dont des simulateurs et brouilleurs de signaux radiofréquences, des générateurs thermiques, des lance-flammes et des réflecteurs radar. Ces fonctionnalités permettent au drone de reproduire diverses signatures radar, thermiques et de brouillage, afin de simuler des cibles maritimes variées.

Ce système est conçu pour s’intégrer dans des scénarios d’entraînement au tir réel, faisant appel à plusieurs drones cibles afin de recréer des environnements tactiques complexes. Il sert à évaluer les performances des armements, à analyser les doctrines de combat et à former le personnel militaire dans des conditions réalistes.

L’institut précise que ce système peut également être adapté en combinaison avec des projets de navires de surface sans pilote, équipés de modules radar, armements, sonars et autres capteurs, pour assurer la défense côtière, mener des attaques, détecter des mines et réaliser des opérations anti-sous-marines.

Selon des sources militaires taïwanaises, un budget de 812 millions de dollars taïwanais (environ 25 millions de dollars américains) a été alloué à partir de l’exercice fiscal 2024 pour le développement de deux navires d’attaque sans pilote, de dimensions différentes et basés sur la conception du drone cible existant. Ces nouveaux navires seront dotés de capacités de charge utile distinctes, avec une portée de contrôle à distance étendue entre 60 et 70 kilomètres. Leur design privilégiera une coque profilée et furtive afin d’optimiser l’effet de surprise en situation de combat.

Des informations internes indiquent que plusieurs types de drones d’attaque sont déjà en production au NCSIST. Si ces navires sans pilote passent avec succès les tests opérationnels, leur production de série pourrait commencer dès 2026. Parallèlement, des travaux de recherche et d’expérimentation sur des véhicules sous-marins d’attaque sans pilote sont également en cours.