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Les forces ukrainiennes enregistrent des succès à l’ouest de Robotyne, tandis que de massives attaques russes se poursuivent sur le front de Donetsk. Les pertes russes dépassent désormais les 300 000 tués, alors que l’Ukraine fait face à une pénurie critique d’équipement et de munitions, confrontée à des assauts russes répétés souvent comparés à des vagues humaines suicidaires.

Selon le rapport de DeepstateMap, l’armée ukrainienne a libéré plusieurs kilomètres carrés à l’ouest de l’« anse » de Robotyne, contribuant à redresser le front pour réduire la vulnérabilité de cette saillie. Par ailleurs, les Ukrainiens ont également progressé légèrement au nord vers Myrne.

Bien que l’offensive estivale soit terminée, il reste possible de gagner du terrain localement, mais aucun percée majeure n’est prévue à court terme. Le soutien occidental doit doubler immédiatement, avec des livraisons massives et accélérées d’armements, afin que l’Ukraine puisse reprendre l’initiative dès le printemps prochain, plutôt qu’en milieu d’année. À défaut, il y a un risque réel de figer la ligne de front dans un statu quo informel, ce qui reviendrait à récompenser la Russie pour son invasion illégale et encouragerait de futures agressions contre d’autres pays.

L’une des différences majeures avec 2015 est que la Russie n’a pas cessé ses offensives ; il ne s’agit donc pas d’un cessez-le-feu.

Les pertes russes ont dépassé les 300 000 morts, selon les calculs du général ukrainien. Ce chiffre clé correspond à un carnage humain brutal, alimenté par une tactique consistant à envoyer en masse des soldats, parfois comparés à des zombies, fonçant littéralement vers la mort.

Du côté ukrainien, les pertes existent également et la pénurie de munitions finit par contraindre au retrait lorsque les stocks sont épuisés. Le combat est par ailleurs extrêmement éprouvant psychologiquement : les pauses sont comptées en minutes, le temps de recharger et de préparer les armes avant la prochaine vague d’assauts. Le sommeil, la nourriture et le repos sont quasi inexistants ; la lutte est constante.

Il est difficile d’évaluer si les soldats russes sont drogués ou s’ils sont encadrés par des unités d’élite tchetchènes, réputées pour la brutalité de leurs méthodes, incluant torture et exécutions sommaires en cas de refus de participer à ces assauts-suicides. Peut-être est-ce un peu des deux.

Il est évident que cette stratégie ne peut être tenue indéfiniment par la Russie. Cependant, la pénurie d’armes pèse aussi sur l’Ukraine. La question est donc de savoir qui s’épuisera le premier : la Russie en termes de soldats à sacrifier, ou l’Ukraine en munitions ? Quand on regarde les gains russes, ils restent marginaux, mesurés en hectares, alors que la violence des attaques persiste sans relâche, souvent avec un usage minimal d’armement lourd.

Sur le front d’Avdiivka, Wartranslated rapporte des pertes permanentes (morts et invalidés) allant de 40 à 70 % chez les unités d’assaut russes, avec 30 à 60 % de blessés supplémentaires. Cela correspond à des pertes totales atteignant 100 % pour les unités engagées, qui sont systématiquement remplacées par de nouvelles troupes.

Des tentatives russes ont été signalées pour récupérer certains blessés laissés sur place, hurlant au milieu des cadavres devant les positions ukrainiennes, illustrant la brutalité et le désespoir du conflit.

Cette situation rappelle les récits historiques de combats où l’acharnement et le sacrifice humain sont extrêmes, comme le montre une séquence célèbre de la série télévisée The Pacific, où John Basilone et son groupe de mitrailleurs repoussent des milliers d’assaillants en multipliant les efforts et les charges héroïques.

La capacité occidentale de production de munitions est aujourd’hui insuffisante pour répondre à la demande sur le terrain. Quatre chargeurs par soldat sont bien insuffisants, même pour une seule vague d’assaut. Cet enjeu logistique est crucial dans la tenue du front.

Un article du quotidien suisse Tagesanzeiger révèle notamment l’usage massif de drogues parmi les soldats russes, incluant PVP, amphétamines, méphédrone et héroïne très puissante, tant sur le front que dans l’arrière-garde. Ceux qui sont arrêtés pour usage sont affectés aux unités Storm Z, connues pour les assauts massifs, suggérant que les combattants sont fréquemment sous influence pour réaliser ces offensives suicides.

Dans les combats, les pertes matérielles russes sont également très lourdes. Hier, 870 soldats russes ont été tués, avec la destruction de 21 chars, 29 véhicules blindés de transport de troupes et de combat motorisé, 25 obusiers ou mortiers lourds, 10 lance-roquettes multiples, 3 systèmes de défense anti-aérienne lourds, 35 véhicules de transport et deux équipements spécialisés. Ces chiffres figurent parmi les pertes matérielles les plus lourdes enregistrées en une journée.

Une vidéo russe récente montre la production de 1 000 drones FPV par jour, technologie désormais utilisée massivement par Moscou. Ces drones représentent une menace nouvelle et importante pour les forces ukrainiennes, notamment face aux chars dont le blindage supérieur fragilisé est vulnérable à ces engins. Cette évolution des formes de combat vers une infanterie appuyée par drones marque un tournant stratégique.

Un char de combat suédois Stridsvagn 122 a été touché par un missile antichar russe sur le front de Koupiansk. Le projectile a frappé le magasin de munitions dans la tourelle, provoquant un incendie maîtrisé, et l’équipage a pu évacuer à pied sans blessures graves.

Les chars occidentaux sont conçus pour augmenter la survie des équipages, contrairement aux doctrines russes héritées de l’ère soviétique, où la destruction du véhicule entraînait souvent la mort des équipages qui n’étaient pas prioritaires.

Sur le plan politique, les manifestations contre Mondelez, accusé de financer la guerre, commencent à s’étendre, notamment avec une mobilisation à Chicago aux États-Unis.

Un rapport récent des Nations unies confirme que l’attaque meurtrière sur le village d’Hroza, où 59 civils ukrainiens ont péri dans le bombardement d’un café et d’une cérémonie funéraire, a été menée par les forces russes, constituant un crime de guerre selon l’ONU.

Par ailleurs, une munition de précision a détruit un char russe à 19 kilomètres de distance, attribuée vraisemblablement à une roquette Bofors Bonus, illustrant le soutien occidental avancé dans l’armement ukrainien.

Une unité entièrement mobilisée russe aurait récemment subi une frappe HIMARS dévastatrice, avec de nombreux véhicules détruits, incluant des civils utilisés à des fins militaires.

Sur le plan judiciaire, la France a procédé à une opération avec 60 policiers contre un oligarque russe lié à Vladimir Poutine, suspecté de fraude fiscale, blanchiment d’argent et contournement des sanctions, malgré son statut d’Européen grâce à un passeport chypriote.

Slava Ukraini ! Heroiam slava ! Razom, do peremohi !