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Des images satellite récentes de la base aérienne de Belbek en Crimée, exploitée par les forces russes, révèlent une augmentation notable de la présence d’« avions camouflés ». Cette technique consiste à peindre sur les pistes des représentations d’avions dans le but de tromper les services de renseignement. Ce phénomène a été mis en lumière par l’analyste OSINT MT Anderson, qui a partagé des clichés pris le 26 octobre 2023.

Les images montrent plusieurs avions russes, dont quatre MiG-31 peints directement sur la piste. Ces représentations factices se distinguent facilement des appareils réels par leur absence d’ombre et des contours moins nets, ainsi qu’une teinte légèrement différente, laissant à penser que la peinture pourrait être encore inachevée. Cette tactique de camouflage vise à masquer le véritable nombre et emplacement des avions sur la base.

Auparavant, des photos satellite datées du 15 octobre indiquaient que la base aérienne de Belbek hébergeait alors uniquement des MiG-31 authentiques, en nombre similaire, sans présence d’avions peints au sol. On peut également observer une dizaine d’appareils Su-27 et Su-30 stationnés, certains à l’abri dans des hangars ou sous des couvertures.

Une technique de camouflage déjà observée

La Russie a pour la première fois utilisé ce type de leurres aériens visibles par satellite fin septembre 2023, notamment sur la base d’Engels, où au moins deux bombardiers Tu-95MS avaient été peints sur le tarmac. L’un d’eux présentait une représentation hybride mêlant les caractéristiques du Tu-95 et de l’Il-76, illustrant la difficulté des artistes à reproduire avec précision les détails, comme l’envergure des ailes.

Sur la base de Belbek, en plus des avions peints, une observation importante est la présence d’un chasseur, probablement un Su-27, protégé à l’intérieur d’un hangar offrant une meilleure défense que les simples dispositifs temporaires tels que des pneus ou des filets de camouflage.

Des hangars destinés à protéger contre les drones

Depuis septembre, la Russie a commencé à installer des hangars provisoires sur plusieurs bases, dont Belbek, pour protéger ses aéronefs des attaques de drones kamikazes. Ces structures légères se composent de colonnes métalliques verticales, renforcées par des supports inclinés à environ 45 degrés et solidement ancrés au sol, formant un cadre dallé sur toute la longueur de l’avion. Le toit est recouvert d’un treillis métallique croisé, conçu pour empêcher l’intrusion de drones.

Cette méthode de protection s’inspire des techniques adoptées au début du conflit, lorsque des véhicules blindés étaient entourés de cages métalliques ou de grilles fabriquées artisanalement pour déjouer les attaques par drones et roquettes. L’avion abrité dans ce hangar ressemble à un modèle plus ancien, probablement un chasseur russe obsolète ou hors service.

Cette combinaison de leurres aériens peinturés et de protections physiques marque une évolution dans les mesures défensives russes visant à préserver leurs forces aériennes stratégiques, en particulier dans des zones sensibles telles que la Crimée. Ces actions traduisent la volonté d’adopter des contre-mesures face à la menace croissante des attaques ciblées, notamment par drones, dans le cadre du conflit en Ukraine.