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Le 20 octobre, sept avions MiG-29 ukrainiens ont été interceptés et abattus par les systèmes de défense aérienne russes ainsi que par des chasseurs, a confirmé le ministère russe de la Défense.

Ce succès est attribué à d’importantes opérations de reconnaissance aérienne et à l’efficacité de l’architecture de surveillance de l’espace aérien, selon des experts du secteur interrogés par Izvestia.

Le même jour, le président russe Vladimir Poutine s’est rendu au centre de commandement des forces armées russes à Rostov-sur-le-Don. Il y a été informé par le chef d’état-major, Valery Gerasimov, des avancées du conflit en Ukraine, qualifié par Moscou d’« opération militaire spéciale ». Gerasimov a assuré que les opérations se déroulaient conformément aux prévisions.

« Chercher et détruire »

Le ministère russe de la Défense a indiqué que grâce à la coordination entre les pilotes de chasse et les unités de défense aérienne, sept MiG-29 ukrainiens ont été neutralisés le 20 octobre. Sur la semaine écoulée, 12 appareils ennemis ont été abattus, dont dix MiG-29, deux avions d’attaque au sol Su-25, ainsi que deux hélicoptères Mi-8.

Alexei Leonkov, expert militaire cité par Izvestia, souligne que cette réussite est avant tout le fruit d’une synergie entre la reconnaissance aérienne et une gestion efficace du contrôle de l’espace aérien.
« Nos avions ont été régulièrement la cible de provocations et d’attaques venant de ces appareils équipés de missiles AGM-88 et utilisant des leurres pour masquer les activités des Storm Shadow. Il était donc crucial de neutraliser ces porteurs, » a-t-il précisé.

Selon des tacticiens russes, également cités par Izvestia, l’empressement occidental à fournir à l’Ukraine des F-16 suédois, des Eurofighter et des Gripen n’étonne pas, car cela témoigne de l’appauvrissement important des capacités aériennes ukrainiennes. Leonkov a ajouté : « Il est important de noter que tous les avions utilisés par l’armée de l’air ukrainienne proviennent de sources internationales, assemblés sous supervision américaine et alliée. »

Le ministère russe de la Défense précise également :

Entre le 14 et le 20 octobre, les forces russes ont mené quatre frappes coordonnées visant des dépôts de munitions, des stocks de missiles, d’artillerie, de carburants et de produits pétroliers. Les objectifs comprenaient également des ateliers de fabrication d’équipements militaires ainsi que des zones de déploiement de troupes ukrainiennes, de nationalistes et de mercenaires étrangers.

Le lieutenant-général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, a indiqué que ces frappes ont notamment détruit un dépôt de bateaux sans pilote, une usine d’explosifs, un atelier d’assemblage de missiles opérationnels-tactiques, ainsi que des unités du mouvement nationaliste « Azov », classé terroriste et interdit par la Russie. Des mercenaires et instructeurs étrangers figuraient parmi les cibles.

Dans le secteur opérationnel de Koupyansk, les forces du Groupe occidental des troupes russes ont repoussé 61 attaques ennemies, consolidant leurs positions en première ligne. Ils ont affirmé avoir battu des brigades de débarquement, mécanisées et aéroportées ukrainiennes autour des localités de Sinkovka, Ivanovka, Timkovka et Makiivka dans la région de Kharkiv et la République populaire de Lougansk (LPR).

Au front de Krasnolimansk, le groupe russe « Centre » aurait repoussé 18 attaques de deux brigades mécanisées ukrainiennes et d’une brigade spéciale des forces fédérales.

Dans la zone de Donetsk, le groupe « Sud » des troupes russes aurait défait des groupes de combat appartenant à quatre brigades mécanisées ukrainiennes dans les environs de Kurdyumovka, Andreevka, Klescheevka et Maryinka, en République populaire de Donetsk (DPR). Cinq dépôts de munitions et équipements militaires auraient également été détruits.

Sur le front sud de Donetsk, les forces russes ont pris des lignes stratégiques et repoussé deux attaques menées par une brigade d’infanterie, une brigade mécanisée ukrainienne et une brigade de défense dite terroriste dans les secteurs d’Ugledar, Urozhainoe et Staromayorskoe dans la DPR.

À Zaporojié, les unités russes ont réussi à repousser dix attaques ennemies près de Verbovoye et Rabotino. Sur le front de Kherson, plusieurs tentatives ennemies visant à prendre pied sur les îles du Dnipro et sa rive gauche, impliquant les 36e et 38e brigades de marines ukrainiennes, ont échoué.

Contexte de l’invasion russe en Ukraine

Le 21 février 2022, la Russie a affirmé qu’une installation frontalière contrôlée par son Service fédéral de sécurité (FSB) avait été détruite suite à un bombardement ukrainien, qui aurait causé la mort de cinq soldats ukrainiens. L’Ukraine a démenti toute implication, dénonçant ces faits comme des manœuvres de désinformation ou « fausses attaques sous faux drapeaux ».

Le même jour, le gouvernement russe a officiellement reconnu les républiques autoproclamées de Donetsk (DPR) et de Lougansk (LPR), étendant cette reconnaissance non seulement aux territoires contrôlés de fait, mais à l’ensemble des oblasts ukrainiens concernés. Vladimir Poutine ordonna alors la mobilisation des forces russes, avec notamment le déploiement de chars dans ces régions.

Le 24 février 2022, Vladimir Poutine a lancé une invasion militaire majeure en Ukraine, avec un déploiement massif des forces russes massées le long de la frontière. Cette opération planifiée comportait des frappes aériennes ciblées sur des infrastructures militaires clés et une avancée de divisions blindées en provenance du territoire biélorusse, intensifiant ainsi le conflit.

Jusqu’à présent, Moscou refuse de qualifier cette opération de « guerre », utilisant à la place le terme « opération militaire spéciale », malgré les évidences d’un conflit armé à grande échelle.