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Depuis le début de la guerre en Ukraine, Kiev a considérablement renforcé son arsenal militaire grâce à une nouvelle arme à longue portée capable d’atteindre jusqu’à 700 km. Cette avancée, annoncée officiellement par le président Volodymyr Zelensky, marque une étape clé dans la capacité de l’Ukraine à frapper en profondeur des cibles stratégiques russes, modifiant ainsi l’équilibre opérationnel du conflit.

En 2014, l’invasion initiale de la Crimée et la montée des affrontements dans le Donbas avaient presque conduit à l’effondrement de l’armée ukrainienne. Depuis, Kiev a tiré les leçons de cette crise, en s’attaquant à la corruption endémique et en renforçant son industrie de défense nationale, tout en bénéficiant d’un important soutien logistique occidental. L’Ukraine a ainsi amorcé une transformation de son arsenal avec l’objectif affiché de devenir une puissance militaire majeure en Europe.

Le 31 août, Volodymyr Zelensky a révélé dans une allocution publique que l’Ukraine avait réussi à atteindre une cible militaire à 700 km de distance grâce à une nouvelle arme développée par le ministère ukrainien des industries stratégiques. Si l’emplacement exact de la frappe n’a pas été précisé, les frappes ukrainiennes sur des sites russes importants, notamment la base aérienne de Pskov et des installations industrielles à Saint-Pétersbourg et Moscou, laissent penser que ce missile pourrait avoir été mis en œuvre lors de ces opérations.

Parallèlement, Ukroboronprom, principal producteur public ukrainien d’armement, a conçu plusieurs innovations clés en réponse au conflit, notamment des drones aériens armés avec une autonomie allant jusqu’à 1 000 km et des drones maritimes capables d’opérer à 1 200 km. Ces systèmes ont été utilisés pour cibler avec succès des dépôts d’armes russes, des infrastructures logistiques, des cargos, des casernes et des aérodromes tels que celui d’Engels.

Avant cette percée technologique, l’Ukraine disposait déjà du système américain HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System), capable de frapper à 82 km, ainsi que d’un prochain renfort attendu cette année, les bombes à petite diamètre lancées depuis le sol (GLSDB) avec une portée de 150 km. Les missiles Storm Shadow (Royaume-Uni) et SCALP (France) complètent cet arsenal, renforçant les capacités de frappes en profondeur.

La nouvelle arme ukrainienne à 700 km de portée pourrait notamment mettre à portée des cibles comme la région de Rostov, centre névralgique russe pour la gestion de l’effort de guerre, ainsi que des infrastructures stratégiques en Crimée, telles que le pont de Kertch et le quartier général de la flotte de la mer Noire.

La production locale de ces missiles vient pallier les hésitations politiques et les lenteurs de l’aide internationale. Contrairement aux armements occidentaux, souvent soumis à des restrictions quant à leur usage sur le territoire russe, les systèmes fabriqués en Ukraine n’obéissent pas à ces limitations ; cela offre à Kiev une plus grande marge de manœuvre opérationnelle, notamment pour les frappes à l’intérieur des zones occupées par Moscou.

Cette capacité nouvellement acquise est d’autant plus cruciale que la Russie intensifie ses efforts de défense, en particulier en renforçant ses systèmes de défense aérienne contre les attaques de drones ukrainiens. L’arsenal ukrainien, combinant drones offensifs et missiles de longue portée, donne à Kiev un avantage stratégique tangible, lui permettant de maintenir la pression sur les forces russes et leurs lignes de communication.

Enfin, ces avancées techniques témoignent de la résilience et de l’ingéniosité ukrainiennes face à l’une des armées les plus redoutables du monde. Malgré une guerre qui se prolonge et les pressions politiques internationales, l’Ukraine parvient à innover et à améliorer ses capacités militaires, ce qui pourrait s’avérer déterminant dans l’issue du conflit.