L’armée de l’air indienne (IAF) est en phase initiale d’acquisition de 40 à 80 avions de transport moyen (MTA) et évalue discrètement diverses options depuis près de six ans. Parmi les candidats, l’Airbus A400M a particulièrement retenu l’attention des responsables de l’IAF lors de son évaluation informelle.
Les performances et capacités de l’Airbus A400M ont suscité des retours positifs, renforçant l’intérêt de l’IAF pour cet appareil. Ce n’est pas une nouveauté : Airbus Military mène une campagne discrète pour présenter l’avion à l’IAF depuis 2013. En 2019, des rapports mentionnaient déjà cette promotion ciblée du A400M auprès de l’armée de l’air indienne.
Le programme A400M a connu des difficultés, notamment liées à sa boîte de vitesses complémentaire nécessaire du fait de la configuration unique de ses moteurs. En effet, les quatre turbopropulseurs TP400-D6 tournent dans le même sens, tandis que les hélices jumelles de chaque moteur tournent dans des sens opposés, une complexité technique importante. Toutefois, le programme a réalisé des progrès significatifs, dépassant sa réputation initiale de « reine des hangars ».
La cadence de production reste toutefois limitée, avec moins de 120 exemplaires livrés à ce jour. De plus, plusieurs opérateurs européens ont réduit leurs commandes, loin des 288 unités initialement prévues par Airbus au lancement du projet.
Au départ, Airbus proposait le A400M pour environ 80 millions de dollars l’unité, incluant l’amortissement d’environ 6 milliards de dollars de coûts de développement. Par exemple, en 2015, le Royaume-Uni indiquait un coût total supérieur à 188 millions de dollars par appareil (selon le taux de change de l’époque), le prix courant pouvant désormais dépasser les 220 millions de dollars.
La compétition pour le marché du MTA indien s’annonce intense, avec le Embraer C390 comme principal rival. Le C390 est toutefois considéré comme un transporteur de fret moins performant, avec une capacité maximale de 26 tonnes contre 37 tonnes pour l’A400M. Son coût est estimé entre 130 et 160 millions de dollars par unité, posant des questions sur le compromis entre prix et capacités opérationnelles.
La décision finale de l’IAF sera déterminante, devant concilier performances techniques, coûts d’acquisition et contraintes stratégiques de ses forces armées. Ce choix impactera durablement les capacités de transport aérien stratégique de l’Inde, essentielle pour ses opérations nationales et internationales.