Les forces américaines ont intercepté mercredi trois drones lors de tentatives d’attaques distinctes contre des troupes américaines en Irak, selon le Commandement central des États-Unis (CENTCOM).
Lors d’une attaque dans l’ouest de l’Irak, les forces américaines ont détruit un drone et en ont endommagé un autre. Cette opération s’est soldée par des « blessures mineures » au sein des forces de la coalition, sans précision sur d’éventuelles victimes américaines, indique un communiqué du CENTCOM.
Un troisième drone a également été abattu lors d’une attaque dans le nord de l’Irak, précise CENTCOM, qui n’a signalé aucune blessure à cette occasion.
« En cette période de vigilance accrue, nous surveillons attentivement la situation en Irak et dans la région. Les forces américaines défendront les troupes américaines et celles de la coalition contre toute menace », affirme le communiqué.
Les drones ont visé des soldats américains sur deux bases situées à plus de 320 kilomètres d’écart : la base aérienne d’Al Asad dans l’ouest de l’Irak, et la base d’Al-Harir dans la région semi-autonome du Kurdistan au nord du pays, a confirmé un responsable américain.
La milice irakienne pro-iranienne Tashkil al-Waritheen a revendiqué l’attaque par drone contre la base d’Al-Harir. D’autres groupes soutenus par l’Iran ont déclaré être en état d’alerte élevé mais n’ont pas encore reçu d’autorisation de Téhéran pour lancer des représailles contre les forces américaines en réponse au soutien américain à Israël.
Ces attaques interviennent dans un contexte tendu, alors que le conflit entre Israël et le Hamas – appuyé par l’Iran – menace de s’étendre aux pays du Moyen-Orient où sont déployées des troupes américaines.
Les forces américaines déployées en Irak et en Syrie sont principalement chargées d’empêcher la résurgence de l’organisation État islamique et la reconquête de territoires par celle-ci. Toutefois, elles se trouvent également impliquées dans une guerre par procuration contre l’Iran, qui soutient plusieurs milices dans la région, dont Kata’ib Hezbollah.
En janvier 2020, une frappe américaine menée par un drone à Bagdad a tué le général iranien Qasem Soleimani, ancien chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution, ainsi qu’Abu Mahdi al-Muhandis, commandant de Kata’ib Hezbollah à l’époque.
En représailles, l’Iran a lancé des missiles balistiques contre les forces américaines en Irak. Onze de ces missiles ont touché la base d’Al Asad le 8 janvier 2020. Parmi les 110 soldats américains diagnostiqués avec des traumatismes crâniens légers à la suite de cette attaque, 29 ont reçu la Purple Heart, une distinction militaire américaine.
Le gouvernement américain accuse régulièrement des groupes soutenus par l’Iran d’être à l’origine d’attaques de drones contre ses forces en Irak et en Syrie, y compris l’attaque du 23 mars 2023 en Syrie, qui a coûté la vie à un contractant américain et blessé cinq soldats.
Cette attaque avait conduit à des frappes aériennes américaines contre des groupes affiliés à la Force Qods dans l’est syrien.
Depuis que les États-Unis ont exprimé leur soutien indéfectible à Israël après les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre, les milices pro-iraniennes en Irak ont menacé d’attaquer les forces américaines, selon des rapports récents.
« Nos missiles, nos drones et nos forces spéciales sont prêts à mener des frappes ciblées contre l’ennemi américain sur ses bases et à perturber ses intérêts en cas d’ingérence dans ce conflit », a déclaré Ahmad « Abu Hussein » al-Hamidawi, chef de Kata’ib Hezbollah, dans un communiqué du 11 octobre.
Si le rôle direct de l’Iran dans les attaques de drones de mercredi n’est pas établi, le pays reste complice en continuant à fournir un soutien financier, politique et militaire aux milices qui ciblent les troupes américaines, estime Nicholas Carl, chargé du dossier Moyen-Orient à l’American Enterprise Institute, un think tank basé à Washington, D.C.
« L’Iran a doté nombre de ses milices partenaires et fidèles en Irak de capacités avancées en matière de drones, ce que nous observons probablement ici », a expliqué Nicholas Carl.
Les responsables iraniens ont de longue date affiché leur objectif d’expulser toutes les forces américaines du Moyen-Orient, rappelle Carl. Le retrait militaire américain d’Afghanistan en 2021 a renforcé cette conviction, celle que des pressions militaires modérées mais continues peuvent progressivement réduire la volonté politique des États-Unis de maintenir des troupes en Irak et en Syrie.
Plus récemment, l’Iran a laissé entendre qu’il intensifierait ses attaques contre les États-Unis s’ils « intervenaient » en faveur d’Israël contre le Hamas, selon Carl.
« Il n’est pas clair comment l’Iran et ses alliés régionaux définissent ‘intervenir’ dans ce contexte, mais les médias iraniens ont diffusé une désinformation intense ces derniers jours, suggérant une implication américaine plus grande dans la guerre qu’elle ne l’est réellement », a souligné l’expert.