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Le secrétaire à la Défense américain, Lloyd Austin, a ordonné la mise en alerte renforcée d’environ 2 000 soldats en vue d’un éventuel déploiement au Moyen-Orient. Toutefois, aucune unité spécifique n’a encore été retenue et aucun ordre de préparation au déploiement n’a été donné, ont indiqué mardi des responsables du Pentagone.

Les autorités militaires n’ont pas précisé publiquement les lieux possibles de déploiement, alors que les affrontements entre Israël et le groupe militant Hamas se poursuivent depuis les attaques terroristes du 7 octobre dernier.

La décision finale concernant l’envoi de forces supplémentaires dans la région revient au président Joe Biden, a déclaré Sabrina Singh, secrétaire de presse adjointe du Pentagone. Si un déploiement est décidé, les unités mobilisées devraient être spécialisées dans la défense aérienne, la sécurité, la logistique, les soins médicaux, le renseignement, la surveillance, la reconnaissance et le transport stratégique.

« Pour être clair, aucune décision n’a été prise concernant le déploiement de ces forces à ce stade », a précisé Mme Singh lors d’une conférence de presse. « Cet ordre vise uniquement à placer ces unités en état d’alerte. »

Les commandants de l’armée américaine travaillent actuellement à identifier les formations les mieux adaptées pour répondre aux besoins opérationnels au Moyen-Orient, mais aucune sélection n’a encore été effectuée.

À ce jour, l’armée américaine a déployé les porte-avions USS Gerald R. Ford et USS Dwight D. Eisenhower ainsi que leurs groupes d’intervention en Méditerranée orientale, en signe de soutien à Israël. Le secrétaire Austin a validé l’extension de la présence du groupe aéronaval du Ford dans la zone d’opérations de la 6e flotte, qui couvre notamment la mer Méditerranée. Cette prolongation intervient alors que le groupe d’intervention approchait de la fin de son déploiement de six mois.

Par ailleurs, la 26e unité expéditionnaire des Marines (26e MEU), embarquée à bord du navire d’assaut amphibie USS Bataan et de son groupe amphibie, a été déployée également en Méditerranée orientale, selon un officiel du département de la Défense.

Les plus de 2 000 Marines de la 26e MEU s’entraînaient au Koweït lorsque les attaques du Hamas ont eu lieu le 7 octobre. Cette unité a rassurez-le, quitté le Koweït plus tôt que prévu, rapportait initialement le Marine Corps Times.

Interrogée sur un éventuel rôle de la 26e MEU dans l’évacuation de citoyens américains d’Israël et de Gaza, Sabrina Singh a indiqué que l’unité n’avait actuellement aucun ordre spécifique à ce sujet.

« La 26e MEU n’a pas encore reçu de mission concrète », a-t-elle ajouté. « Elle est en position de réserve, prête à agir si le secrétaire à la Défense et le président l’estiment nécessaire, mais pour le moment, aucun ordre opérationnel n’a été donné. »

Les unités expéditionnaires des Marines sont régulièrement engagées dans des missions d’évacuation de non-combattants (NEO). En 2006, elles ont ainsi participé à l’évacuation de près de 15 000 citoyens américains du Liban lors du conflit entre Israël et le Hezbollah.

Le secrétaire d’État Antony Blinken a récemment estimé à environ 100 000 le nombre de citoyens américains présents en Israël, tandis que plusieurs centaines seraient bloquées dans la bande de Gaza. Selon certaines sources, ces derniers n’ont pas encore pu quitter Gaza vers l’Égypte.

Le général à la retraite Robert Neller, ancien commandant du Corps des Marines (2015-2019), souligne que la capacité à conduire des opérations NEO est une compétence fondamentale de toutes les unités expéditionnaires des Marines. Cette aptitude est notamment validée lors de leur exercice de certification final, réalisé en coordination avec un groupe amphibie prêt à l’emploi (ARG).

« L’ARG/MEU dispose d’un large panel de capacités, notamment pour les déplacements, le soutien médical et logistique », explique le général Neller. « Ces unités représentent le « couteau suisse » du ministère de la Défense pour une variété d’opérations militaires. »

Ces unités sont équipées de moyens héliportés et de bateaux de débarquement, ce qui leur permet d’intervenir même lorsque les infrastructures aéroportuaires ne sont pas accessibles, note le colonel à la retraite Mark Cancian, expert en sécurité internationale au CSIS.

Si Washington décide d’organiser une évacuation (NEO) des citoyens américains affectés par le conflit entre Israël et le Hamas, la 26e MEU serait probablement chargée d’intervenir principalement à Gaza, où la situation est plus critique, plutôt qu’en Israël où les voies d’évacuation, notamment par l’aéroport international Ben Gurion, restent ouvertes, précise M. Cancian.

Un des atouts majeurs des unités expéditionnaires marines est leur capacité à stationner en mer, à bord de navires, pendant plusieurs jours voire semaines, en attendant une éventuelle demande d’intervention.

« Soit la situation se dégrade au point de nécessiter une évacuation NEO, soit elle s’améliore sans nécessiter d’action concrète », rappelle M. Cancian. « J’ai participé à l’évacuation de Saigon et nous sommes restés en mer un temps considérable, prêts à intervenir. »