Alors que la présence de Panhard VBL françaises sur le front ukrainien n’a pas été officiellement confirmée, des observations récentes laissent supposer leur possible arrivée en Europe de l’Est. Ce déploiement reste cependant non confirmé, aucune livraison n’ayant été annoncée publiquement.
Le centre d’analyse russe Rybar fait état de témoignages provenant de République tchèque : des images montrent un convoi ferroviaire traversant la ville de Chocen, au nord-est du pays, comprenant notamment plusieurs véhicules blindés. Parmi eux figureraient au moins huit Panhard VBL français, aux côtés de véhicules MOWAG Piranha suisses et de chars Leopard en tête du train. Ce convoi se dirigerait vers la Slovaquie.
Si la présence des véhicules suisses s’explique aisément par des transferts déjà observés, la circulation de VBL français est plus inattendue. Aucun rapport officiel ne fait état de ventes ou de transferts récents de Panhard en Europe de l’Est ou à destination des forces ukrainiennes. Toutefois, l’habitude prise par certains États occidentaux de confirmer la livraison d’armements plusieurs semaines après leur apparition sur le terrain laisse la porte ouverte à une future annonce.
Le Panhard Véhicule Blindé Léger (VBL) se prête particulièrement aux opérations mobiles dans les environnements difficiles, notamment amphibies ou sur terrains meubles, ce qui correspond aux besoins des forces ukrainiennes, en particulier dans la perspective d’opérations amphibies sur la rive gauche du Dniepr. Cette coïncidence d’apparition soulève donc l’intérêt stratégique.
Origines et caractéristiques du Panhard VBL
Le VBL est un véhicule blindé léger 4×4 développé par Panhard depuis la fin des années 1970. Né du besoin de l’armée française d’un véhicule de reconnaissance agile et protégé, le programme a été lancé en 1978 afin de compléter le char à roues AMX-10 RC. Le VBL a été conçu pour assurer une protection efficace contre les armes légères, les éclats d’artillerie, les mines et les risques NBC (nucléaire, biologique, chimique).
Après une compétition en 1982 entre Panhard et Renault, le véhicule de Panhard a été retenu et commandé en 1985, après une première commande passée par le Mexique. Le VBL est entré en service dans l’armée française en 1990, avec plusieurs centaines d’exemplaires produits, incluant diverses variantes adaptées aux missions de reconnaissance, antichar ou de liaison.
Le véhicule pèse environ 4 tonnes en configuration opérationnelle, légèrement plus que l’objectif initial de 3,5 tonnes en raison des équipements additionnels. Il est propulsé par un moteur turbodiesel Peugeot XD3T de 95 chevaux, assurant une vitesse maximale de 95 km/h et une autonomie appréciable, avec la possibilité d’ajouter des réservoirs externes.
Parmi ses atouts, le VBL est entièrement amphibie, capable de se déplacer à 5,4 km/h dans l’eau. Il est transportable par avion (C-130 Hercules, Transall C-160, Il-76 ou A400M Atlas) et par hélicoptère lourd (comme l’AS332 Super Puma). Sa structure compacte permet également un largage aérien par parachute.
Le VBL est équipé d’une mitrailleuse ou d’un missile antichar MILAN selon sa variante. Son équipage compte deux personnes en configuration de reconnaissance, trois dans la configuration antichar. Le véhicule combine robustesse, mobilité et polyvalence, ce qui en fait un outil apprécié pour des missions de combat léger et de reconnaissance sur des terrains difficiles.
Au regard des besoins actuels des forces ukrainiennes et de la nature du conflit, le potentiel déploiement des Panhard VBL sur le terrain, bien que non confirmé, correspond à une évolution tactique logique. Leur agilité et capacité amphibie seraient des atouts pour des opérations dans des zones complexes comme le bassin du Dniepr.