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Le parlement kirghize a récemment validé un accord avec la Russie, aboutissant à la création d’une nouvelle coopération centrée sur les systèmes de défense aérienne. Ce projet commun occupera une surface de 50 000 m² au sein de la base militaire russe de Kant, située au Kirghizistan.

Selon les médias russes et kirghizes, « La loi approuvant l’accord de création d’un Système régional intégré de défense aérienne entre la République kirghize et la Fédération de Russie a été examinée et adoptée ». Cet accord, annoncé par l’agence de presse d’État russe RIA Novosti, prévoit un dispositif de défense commun entre les deux pays, d’une durée de cinq ans.

La base militaire russe de Kant, actuellement équipée des systèmes S-125 et S-75, accueillera ce partenariat stratégique. L’espace alloué de 50 000 m² est parfaitement adapté à l’installation de systèmes supplémentaires, dont la nature reste toutefois officielle incertaine. Selon les observations, il est probable que des batteries de missile longue portée telles que les S-300 ou S-400 soient déployées sur ce site.

Par ailleurs, il est envisagé que des systèmes de défense complémentaires de courte et moyenne portée comme les Tor, Buk ou Pancir soient également présents aux côtés des systèmes à longue portée, renforçant ainsi le dispositif global de défense aérienne.

À noter que la Russie a déjà conclu des accords similaires avec plusieurs pays de la région, notamment le Kazakhstan, le Bélarus et le Tadjikistan.

Le parc actuel de défense aérienne kirghize est principalement constitué de matériels hérités de l’époque soviétique, parmi lesquels les systèmes 9K32 Strela-2, 9K35 Strela-10, le canon automoteur ZSU-23-4, ainsi que les batteries S-60, S-125 Neva-M1 et S-75M3 Dvina. Ces équipements sont jugés obsolètes pour faire face aux menaces modernes, d’où la nécessité d’une modernisation substantielles via ce partenariat avec Moscou.

Une manœuvre politique stratégique

Le déploiement des systèmes S-300 et S-400 au Kirghizistan renforcera de manière significative la présence militaire russe dans la région. Ces systèmes avancés offrent à la Russie un levier important pour projeter sa puissance et dissuader d’éventuels adversaires. Cette importance est renforcée par la position géographique du Kirghizistan, frontalier de la Chine et de plusieurs États d’Asie centrale.

En garantissant une protection renforcée à ses installations militaires au Kirghizistan, la Russie assure aussi la sécurité de ses infrastructures et de son personnel. Ces systèmes possèdent des capacités avancées de détection et d’interception des menaces aériennes, qu’il s’agisse d’avions, de missiles ou de drones. Ils participent également à la dissuasion contre les agressions ou incursions de groupes non étatiques.

En outre, cet engagement témoigne de la volonté russe de maintenir son rôle de partenaire sécuritaire fiable dans la région, marquant son investissement dans la défense collective des alliés de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

Un bouclier étendu pour le Kirghizistan

Le système S-400, s’il est effectivement déployé, possèdera une portée opérationnelle pouvant atteindre 400 kilomètres et pourra engager des cibles jusqu’à une altitude de 30 kilomètres. Cette couverture étendue permettrait une protection non seulement sur le territoire kirghize, mais aussi sur plusieurs États voisins.

Par exemple, la capitale kazakhe Noursoultan est située à environ 400 kilomètres de Bichkek, offrant une couverture potentielle de plusieurs zones stratégiques kazakhes. La capitale tadjike, Douchanbé, accessible à moins de 300 kilomètres, bénéficierait également de cette protection accrue.

Le S-400 pourrait aussi projeter une partie de son champ de couverture vers l’Ouzbékistan, dont la capitale Tachkent est située à près de 600 kilomètres, ainsi que vers certaines régions de la province chinoise du Xinjiang, limitrophe avec le Kirghizistan.

Il convient de préciser que la portée effective du système dépendra de multiples facteurs, tels que la configuration du système, les reliefs environnants et la présence d’obstacles géographiques.

Cette défense accrue pourrait être optimisée grâce à l’intégration d’autres réseaux radars et systèmes de défense antimissile, formant un véritable parapluie protecteur sur une vaste zone d’Asie centrale.