Les Pays-Bas prévoient de déployer prochainement entre 12 et 18 chasseurs F-16 en Roumanie dans le cadre d’un dispositif de formation destiné aux pilotes ukrainiens. Cette initiative s’inscrit dans un effort international plus large pour renforcer les capacités aériennes de l’Ukraine face au conflit en cours.
Le ministre néerlandais de la Défense, Kais Olengren, a expliqué que la mise en place d’un centre de formation en Roumanie progresse efficacement. « Notre objectif est d’avoir une flotte de 12 à 18 avions stationnés en Roumanie dans les semaines à venir, ce qui permettra au centre d’atteindre sa pleine capacité », a-t-il précisé.
Les Pays-Bas, aux côtés du Danemark et de plusieurs autres pays occidentaux, participent activement à la formation des pilotes ukrainiens. Ces États envisagent également de transférer certains de leurs avions de combat à l’Ukraine afin de renforcer la défense aérienne du pays.
Actuellement, la force aérienne néerlandaise dispose d’environ 42 F-16, appareils progressivement remplacés par des F-35 plus modernes. Les autorités néerlandaises ont déjà annoncé leur volonté de céder jusqu’à 24 chasseurs F-16 à l’Ukraine, tout en réservant une partie de leur flotte pour des missions de formation.
L’intégration du F-16 dans le programme d’entraînement ukrainien est désormais effective. Le 4 octobre, un pilote ukrainien expérimenté, connu sous le pseudonyme de Moonfish, a partagé son retour d’expérience lors de sa participation à la formation dédiée à ce chasseur multirôle américain. Selon lui, le F-16 devrait être opérationnel pour les pilotes ukrainiens d’ici six à huit mois.
Moonfish souligne que les groupes de formation sont composés exclusivement de pilotes de combat aguerris, ce qui maximise l’efficacité pédagogique du programme. Le centre de formation adopte une méthode personnalisée, prenant en compte l’expérience de chaque pilote, les missions en cours et les tâches futures prévues avec le F-16.
Les premiers vols d’entraînement pratique sur F-16 sont attendus prochainement, sous la supervision d’instructeurs expérimentés. Par ailleurs, les pilotes ukrainiens ont déjà commencé à s’entraîner sur des simulateurs de vol sophistiqués, reproduisant fidèlement la cabine de pilotage du F-16 afin de garantir une préparation optimale avant les vols réels.
Dans ses observations, Moonfish compare le F-16 aux chasseurs MiG-29 dont il avait l’habitude. Il met en avant les nombreux écrans multifonctions du F-16 et la simplification de l’interaction avec les systèmes embarqués, qui offrent un confort opérationnel supérieur.
Le cockpit du F-16, bien que compact, est jugé ergonomique et pratique, conçu pour optimiser les performances du pilote dans des environnements exigeants. L’entraînement sur simulateur joue un rôle clé pour faciliter la transition des pilotes ukrainiens du MiG-29 vers le F-16. Certains simulateurs utilisés ont même été réalisés localement, démontrant l’ingéniosité des forces ukrainiennes.
Le passage du MiG-29 au F-16 représente un défi notable en raison des différences importantes dans la gestion des systèmes d’armement et des interfaces de pilotage. Moonfish reconnaît ce saut technologique, mais reste confiant dans la capacité des pilotes ukrainiens à s’adapter rapidement grâce à leur expérience et à la qualité de la formation.