Le Lockheed Martin F-35A, un avion de chasse de cinquième génération, ne cesse de décrocher de nouveaux contrats à travers l’Europe. Cette tendance est particulièrement notable car les commandes ne se limitent pas aux partenaires initiaux du programme, mais s’étendent également à plusieurs autres pays.
La demande pour cet appareil s’étend désormais des pays d’Europe occidentale, comme la Suisse et l’Allemagne, aux nations d’Europe de l’Est à faible revenu situées à proximité des lignes de front de l’OTAN face à la Russie.
La République tchèque
Fin septembre, le gouvernement tchèque a approuvé l’achat de 24 F-35A dans le cadre d’un contrat d’environ 6,5 milliards de dollars. Selon le Premier ministre Petr Fiala, les livraisons devraient débuter en 2031, avec une exécution complète des commandes prévue d’ici 2035.
Fiala estime que ces avions furtifs renforceront les partenariats au sein de l’OTAN. Le département d’État américain avait donné son feu vert à la vente en juin, cependant, la durée de livraison étalée sur 11 ans s’explique par un important retard accumulé dans les commandes mondiales et des difficultés de production récurrentes.
Concernant le choix des F-35A, le Premier ministre a souligné que leur performance et leur longévité justifient les coûts engagés. Ces avions représentent la meilleure option pour répondre aux besoins tactiques de l’armée de l’air tchèque dans les décennies à venir.
Le plus grand achat tchèque
Ce contrat est le plus important de l’histoire du pays. Les F-35 devraient remplacer la flotte actuelle de seulement 14 chasseurs de quatrième génération Gripen, loués à la Suède. Bien que plus avancé technologiquement, le F-35 entraînera une augmentation significative des coûts opérationnels en raison de ses dimensions et de ses exigences en maintenance.
Malgré ces dépenses accrues, avec le vieillissement des chasseurs de quatrième génération, le F-35 apparaît aujourd’hui comme la seule option viable offrant des capacités sans équivalent et une compatibilité totale avec l’OTAN.
La Roumanie
Parallèlement, le ministère roumain de la Défense a sollicité fin septembre l’approbation du Parlement pour acquérir 32 F-35A, un autre investissement majeur en matière d’armement dans l’histoire du pays.
L’aviation roumaine repose actuellement sur des F-16 d’occasion, principalement acquis auprès du Portugal et de la Norvège, dont le retrait est prévu dans les années 2030.
Bien que les coûts opérationnels du F-35 soient élevés, ce choix marque une rupture avec la préférence historique de la Roumanie pour des solutions aériennes moins coûteuses. Cette évolution reflète un changement de doctrine privilégiant les capacités avancées plutôt que la maîtrise des dépenses.
Défis opérationnels
Au regard de l’incertitude politique entourant la situation en Ukraine voisine, l’entrée en service des F-35 en Roumanie, combinée à la présence d’appareils sophistiqués dans des pays limitrophes comme la Pologne, représentera un défi opérationnel significatif pour les défenses aériennes russes.
Les pays nordiques ont montré un certain dynamisme dans l’adoption des F-35. Avec ses récentes commandes, la Norvège dispose désormais d’une flotte entièrement composée de chasseurs de cinquième génération, tandis que le Danemark et la Finlande progressent aussi dans cette direction.
Cependant, les contraintes budgétaires, notamment dans certaines nations d’Europe du Sud, ainsi que le refus de la France d’envisager des avions étrangers dans ses forces, freinent l’adoption plus large du F-35 sur le continent.
Le succès limité du Rafale
Le Rafale, chasseur national français de quatrième génération, promu activement à l’échelle européenne, a connu un succès mitigé, n’étant adopté jusqu’à présent que par la Grèce et la Croatie.
Malgré ces obstacles, l’attrait pour le F-35 continue de croître en Europe. En 2023, l’Allemagne et les États-Unis ont lancé une production conjointe de fuselages du F-35, renforçant ainsi la position de l’appareil sur le vieux continent.
L’arrivée au pouvoir du gouvernement Scholz en Allemagne a marqué un tournant majeur dans la prolifération du F-35 en Europe, marquant une évolution nette par rapport à la politique de l’administration précédente.