Le dernier modèle d’hélicoptère d’attaque Ka-52M, une force redoutable dans l’arsenal des Forces aérospatiales russes (VKS), fait actuellement l’objet de tests intensifs pour évaluer ses capacités. Plusieurs rapports publiés par les médias russes en septembre confirment que le Ka-52M est désormais équipé d’une station radar ventrale omnidirectionnelle fonctionnant dans la bande de fréquence centimétrique.
Ce système radar de pointe offre aux pilotes du Ka-52M une supériorité tactique accrue, notamment dans des conditions environnementales défavorables où la visibilité optique est quasi nulle. Une source interne à l’industrie de la défense a révélé à RIA Novosti que ce radar permet d’identifier une large gamme de cibles aériennes et terrestres, incluant avions ennemis, hélicoptères, drones, véhicules blindés et forces humaines, le tout en mode « vision radio » haute définition.
Au-delà de ces capacités, cette nouvelle technologie permet au Ka-52M de mener des missions de reconnaissance et de désignation de cibles même sous des conditions météorologiques difficiles et à toute heure, y compris face à d’importantes interférences radio, naturelles ou artificielles. L’un des progrès majeurs de ce système est sa capacité renforcée à détecter des cibles à faible réflectivité radar, ce qui en fait un outil particulièrement efficace contre des menaces furtives.
Selon les informations recueillies, le Ka-52M peut engager des cibles de type blindé réduites à l’aide de missiles Whirlwind ou Product 305, même en conditions de visibilité nulle. De plus, il peut opérer en autonomie quasi complète, se fiant uniquement à ses propres données de ciblage pour délivrer des coordonnées précises des positions ennemies.
Une autre source a confirmé en début d’année l’intégration des missiles Product-305 dans l’armement offensif du Ka-52M. Ce modèle renforcé est déployé dans la région du District militaire du Nord, signe de son importance stratégique croissante.
Concernant les essais sur le terrain, il est prévu que le Ka-52M et son nouveau système radar soient testés dans les zones de conflit en Ukraine, qualifiées par les forces russes de « zone d’opération militaire spéciale ». Bien que cette information ne soit pas officiellement confirmée, il est reconnu que ce théâtre d’opérations est régulièrement utilisé par les deux camps pour éprouver leurs technologies et capacités militaires.
Les avancées annoncées dans la presse russe semblent crédibles, notamment en matière de fonctions radar et de guerre électronique embarquées sur cet hélicoptère d’attaque.
Par exemple, des rapports issus du front ukrainien ont révélé que les hélicoptères Ka-52 et Mi-35 utilisent désormais des nacelles directionnelles spécialement conçues pour cibler les radars ukrainiens, perturbant ainsi leurs capacités de détection et de ciblage.
Ces informations ont été approfondies dans une publication officielle du Royal United Services Institute (RUSI), datée du 4 septembre 2023, intitulée « Stormbreak : combattre les défenses russes lors de l’offensive ukrainienne de 2023 », rédigée par les experts Dr Jack Watling et Nick Reynolds. Ce rapport analyse les tactiques complexes de guerre électronique employées par la force aérienne russe contre les systèmes ukrainiens, en soulignant notamment un lien stratégique entre la levée du brouillage GPS russe et la conduite de frappes aériennes précisées.
Le document met également en lumière une vulnérabilité opérationnelle : les hélicoptères russes opèrent à proximité immédiate de la ligne de front, ce qui expose les états-majors au sol et leurs points de ravitaillement à la portée de l’artillerie ukrainienne.
Bien qu’aucune donnée officielle n’ait été divulguée quant à l’avancement des essais du Ka-52M, la Force aérienne russe a annoncé il y a près d’un mois le lancement des tests à l’échelle étatique de ce nouvel hélicoptère en Ukraine. Cette initiative s’accompagne de la création d’une nouvelle division au sein des troupes aéroportées russes.
D’après des sources du ministère de la Défense citées par Izvestia, cette décision intervient dans le cadre d’une montée en puissance des unités d’hélicoptères et de chars.
Les forces aéroportées russes, surnommées les « Bérets bleus », devraient ainsi recevoir une flotte étendue comprenant des Ka-52, Mi-28 et les hélicoptères Mi-8AMTSh-VN, une modernisation directement inspirée par les enseignements tirés du conflit ukrainien. L’objectif étant d’accroître l’efficacité de la « infanterie ailée » en combinant mobilité, puissance de feu et autonomie tactique.
Initialement, un projet d’intégration d’une brigade d’aviation interarmes dans les forces aéroportées avait été écarté avant même la création du District militaire du Nord ; il semble aujourd’hui réévalué à la lumière des besoins opérationnels actuels.
Le général de corps d’armée Andrey Serdyukov, commandant des forces aéroportées, a souligné dans un entretien que l’emploi d’hélicoptères de l’aviation de l’armée permet aux troupes aéroportées de combattre efficacement des formations ennemies rapides « dans des conditions physiques et géographiques variées », indépendamment de leur accès à des infrastructures aéroportuaires.
Par ailleurs, le colonel Valery Yuriev, président de l’Union des parachutistes russes, a révélé avoir expérimenté lors des exercices pré-opérationnels une nouvelle formation intégrant ces éléments aériens. Selon lui, « la mise en place de telles unités d’hélicoptères a facilitée les manœuvres et renforcé considérablement la puissance de feu des parachutistes. Cette stratégie novatrice fait preuve d’un potentiel prometteur ».
Ces développements témoignent de la volonté russe d’améliorer l’efficacité au combat de ses unités engagées en Ukraine. De manière évidente, le Ka-52 a déjà démontré sa valeur face aux contre-attaques ukrainiennes et son rôle décisif dans l’évolution future du conflit s’annonce crucial.