Le gouvernement ukrainien s’apprête à saisir plus de 800 biens appartenant à la Russie et à ses résidents sur le territoire ukrainien, dont sept avions de chasse russes MiG-25 hors d’usage, selon un communiqué du ministère ukrainien de l’Économie.
Un décret présidentiel, visant à mettre en œuvre une décision du Conseil national de sécurité et de défense, autorisera la confiscation de ces biens mobiliers. Parmi eux figurent environ 500 wagons de transport, plateformes, camions-citernes, un avion ravitailleur, plus de 300 véhicules de transport de marchandises et de passagers, ainsi que divers équipements de construction et moteurs d’avion.
Les sept chasseurs MiG-25 seront récupérés pour servir de pièces détachées destinées à la réparation des avions de combat ukrainiens, précise le ministère.
Yulia Svyrydenko, première vice-première ministre et ministre de l’Économie, a indiqué qu’un important travail de vérification avait été mené concernant les biens russes présents en Ukraine afin de garantir la validité juridique de cette démarche. « L’Ukraine doit adopter une position juridique irréprochable au cas où l’agresseur saisirait les instances judiciaires internationales », a-t-elle souligné.
Elle a ajouté que ces biens mobiliers — automobiles, camions, équipements spécialisés — contribueront soit à soutenir l’économie ukrainienne, soit à renforcer les capacités de défense du pays sur le front.
Selon la loi « sur les principes de base de la saisie forcée en Ukraine d’objets appartenant à la Fédération de Russie et à ses résidents », cette confiscation se fera sans compensation ni remboursement, a rappelé le ministère.
Cependant, certains points restent flous. Les autorités n’ont pas précisé, par exemple, le nombre exact d’équipements de construction ni celui des moteurs d’avion concernés. Plus intriguant encore, l’origine des sept MiG-25 russes saisis ainsi que la nature précise des pièces exploitables pour la maintenance des avions ukrainiens n’ont pas été clarifiées.
Le MiG-25 a en effet été retiré du service tant par l’Ukraine que par la Russie à la fin des années 1990. Il est possible que ces appareils soient sept MiG-25 ayant subi des réparations dans une usine ukrainienne de défense à cette époque, mais jamais récupérés par le ministère russe de la Défense, qui n’aurait pas réglé les travaux effectués. En 2019, ces avions pourraient encore se trouver chez ce réparateur ukrainien, bien que cela reste une hypothèse non confirmée.
Cette opération soulève également la question des types d’avions ukrainiens pouvant bénéficier de pièces de rechange issues du MiG-25, compte tenu du fait que ce chasseur, considéré comme un modèle d’interception à haute altitude et vitesse supersonique, est hors service dans les deux armées depuis plus de 25 ans.