En juin 2021, l’exercice aérien multinational « Anatolian Eagle 2021 » s’est tenu sur une base de l’armée de l’air turque à Konya, impliquant les forces aériennes de la Turquie, du Pakistan, de l’Azerbaïdjan et du Qatar. Au cours de cet entraînement, des rumeurs ont circulé sur une prétendue supériorité des chasseurs pakistanais JF-17 « Thunder » face aux Rafale qataris.
Parmi les appareils déployés figuraient des F-16 turcs, des JF-17 Block II pakistanais, quatre Rafale qataris fraîchement livrés, ainsi que des MiG-29 « Fulcrum » et Su-25 « Frogfoot » azerbaïdjanais, ces derniers ayant déjà participé au conflit du Haut-Karabakh. L’OTAN, dont la Turquie est membre, a également contribué avec un avion de surveillance AWACS E-3A. La Malaisie avait envoyé des officiers observateurs, selon plusieurs médias turcs.
« Anatolian Eagle » est un exercice annuel visant à améliorer l’interopérabilité et les tactiques de combat aérien entre les forces participantes, grâce à des scénarios simulant des affrontements en conditions réalistes. Des outils sophistiqués tels que le système d’analyse post-mission et le système de manœuvre de combat aérien (ACMI) étaient également utilisés pendant l’exercice.
Les détails exacts de l’édition 2021 restent peu connus, mais certains analystes militaires disposant de sources non confirmées ont suggéré que l’armée de l’air pakistanaise avait profité de l’exercice pour évaluer les performances réelles de son JF-17 « Thunder » en simulant des engagements aéronautiques notamment contre les Rafale qataris, avions eux-mêmes utilisés par l’armée de l’air indienne.
Au-delà des Rafale, les JF-17 auraient également affronté les MiG-29 azerbaïdjanais, ce qui aurait permis de tester différentes plateformes dans des scénarios variés. Selon ces mêmes sources, le taux de « kills » simulés serait de 6 pour 2 en faveur du JF-17 Block II face aux Rafale lors des combats aériens simulés. Cela signifierait que les JF-17 auraient « abattu » six Rafale qataris contre deux pertes subies lors de ces exercices.
Ces résultats, non officiels et difficilement vérifiables, nourrissent le débat quant aux capacités réelles des deux appareils dans un combat aérien. Un pilote d’essai expérimenté de l’armée de l’air indienne, ayant piloté des Rafale, a admis que si aucun avion n’était invincible, le Rafale disposait d’un net avantage technologique : « Le JF-17 n’a aucun avantage technologique sur le Rafale – rien, rien », affirme-t-il tout en restant anonyme.
Ce même pilote précise que dans un combat au-delà de la portée visuelle (BVR), le Rafale, grâce à son avionique avancée et son armement supérieur, prendrait clairement l’avantage. En combat rapproché, il existe toujours une marge pour que chaque pilote puisse revendiquer une victoire. Les « kills » simulés restent toutefois difficiles à confirmer de façon objective, les systèmes d’enregistrement des deux avions étant très différents.
Un autre officier à la retraite de l’armée de l’air indienne estime que ces annonces pourraient être des « histoires fabriquées » dont le but serait d’influencer le moral de l’Indian Air Force (IAF).
Le maréchal de l’air Anil Chopra (retraité), directeur général du Centre for Air Power Studies (CAPS), souligne, dans un article comparatif, que « le Rafale change la donne dans la région, et toute comparaison avec un JF-17 d’ancienne génération est erronée. Le Rafale apporte un impact opérationnel majeur à l’IAF et lui permet de dominer sa zone de responsabilité en Asie du Sud et dans l’océan Indien ».
Il convient d’aborder ces affirmations des analystes pakistanais avec prudence, car elles pourraient s’inscrire dans une stratégie de guerre psychologique visant à déstabiliser la perception des forces aériennes indiennes, utilisatrices du Rafale, un avion développé par le constructeur français Dassault Aviation.
Par ailleurs, ces déclarations faisant l’éloge du JF-17 pourraient aussi relever d’une opération de communication destinée à valoriser les capacités des appareils conçus et fabriqués conjointement par le Pakistan et la Chine. Il demeure néanmoins possible que certains éléments rapportés soient exacts, sans qu’ils puissent être confirmés avec certitude.