Dans une décision récente, l’US Air Force a retiré ses chasseurs furtifs F-35A de cinquième génération déployés au Moyen-Orient. Ces avions avaient été stationnés dans une base non divulguée de cette région stratégique, avec le 421e Escadron Expéditionnaire Aérien en charge de la mission depuis le 26 juillet.
Face à des tensions accrues impliquant la Russie et l’Iran, l’arrivée de ces F-35A s’était accompagnée du déploiement de forces navales, notamment le porte-avions d’assaut USS Bataan, embarquant des F-35B du Corps des Marines, ainsi qu’un renfort des avions classiques de l’US Air Force, tels que les F-16 et les A-10 dédiés à l’appui au sol.
Le lieutenant-général Alexus G. Grynkewich, commandant des forces aériennes centrales (AFCENT), a souligné lors d’une conférence de presse le 4 octobre l’importance de ces appareils : « L’apport des F-35 a constitué une capacité additionnelle », expliquant que cette capacité a permis à l’US Air Force de « poursuivre les missions en Irak, en Syrie et dans d’autres zones de la région tout en renforçant nos opérations de couverture aérienne pour la Marine dans le détroit d’Hormuz ».
« La coopération entre le renforcement de nos forces navales et notre puissance aérienne a efficacement dissuadé l’Iran de toute tentative de perturbation du trafic maritime », a ajouté le général Grynkewich, saluant l’appui consolidé de la Marine et du Corps des Marines.
Outre les tensions croissantes avec l’Iran, le déploiement des F-35A faisait également face aux fréquentes confrontations avec les forces russes dans l’espace aérien syrien. Les États-Unis contrôlent depuis plusieurs années d’importantes zones pétrolifères dans le nord-est de la Syrie, exploitant ces ressources pour financer leurs opérations militaires.
Cette exploitation des champs pétrolifères syriens est sévèrement critiquée à l’international, certains y voyant des actes assimilables à des crimes de guerre ou à du pillage. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à affaiblir les revenus de Damas, indispensables à la reconstruction du pays après la guerre, dans le cadre d’une guerre économique exercée par les États-Unis et leurs alliés occidentaux.
En juillet, la Russie a adopté une tactique consistant à utiliser ses chasseurs Su-35 déployés en Syrie pour contrer les drones américains évoluant dans cet espace aérien. Cette opération d’intimidation s’est traduite, entre autres, par des largages de leurres (flares) qui ont déjà gravement endommagé au moins un aéronef américain.
Selon le général Grynkewich, la présence des F-35 dans la région a considérablement réduit les provocations russes : « Nous n’observons plus de largages de leurres sur nos MQ-9 », a-t-il rapporté, soulignant ainsi l’effet dissuasif provoqué par les appareils furtifs.
Malgré une présence toujours active des Su-35 russes et d’autres types d’appareils, la flotte américaine de F-35 endure une pression importante, exacerbée par des retards majeurs dans la production et des taux de disponibilité relativement faibles. Cette situation oblige à déployer ces chasseurs sur plusieurs théâtres simultanés, notamment dans l’Arctique, en Europe de l’Est et en Asie de l’Est.
En tant que seul avion de combat post-quatrième génération produit en Occident, le F-35 est considéré comme la plateforme la plus adaptée pour contrer les multiples menaces actuelles, telles que les systèmes de défense antiaérienne russes S-400 ou les chasseurs chinois J-20 de cinquième génération.
Ces conditions expliquent pourquoi les États-Unis et leurs alliés misent lourdement sur le F-35 pour leurs déploiements stratégiques contre des puissances étatiques rivales. Aucun autre appareil occidental ne combine actuellement une furtivité avancée, une intégration dans un système de combat en réseau, des capteurs de pointe, des capacités de guerre électronique et un coût opérationnel maîtrisé comparable.