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La Suède a annoncé qu’elle n’envisagerait pas d’envoyer ses avions multirôles JAS39 Gripen en Ukraine avant que ce pays ne soit officiellement admis au sein de l’OTAN, marquant un changement notable dans sa politique de transfert d’armement.

Le gouvernement suédois a également précisé que ses forces armées mèneraient une étude approfondie sur les modalités d’un tel transfert et remettraient un rapport d’évaluation sur sa faisabilité d’ici novembre.

Cette nouvelle position, qui lie pour la première fois directement la livraison des Gripen à l’adhésion de l’Ukraine à l’alliance atlantique, a été dévoilée par Pal Jonson, ministre suédois de la Défense, lors de l’annonce du 14e paquet d’aide militaire de Stockholm à Kiev, d’un montant estimé à environ 200 millions de dollars.

Pal Jonson a expliqué en conférence de presse que, pour des « raisons de sécurité intérieure », la Suède exigerait l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN avant d’envisager la livraison de ses chasseurs Gripen. Le gouvernement a confirmé dans un communiqué : « Le soutien sous la forme du JAS39 Gripen serait conditionné à l’adhésion préalable de la Suède à l’OTAN. » Aucun chiffre précis quant au nombre d’appareils potentiellement transférables n’a encore été communiqué.

Concernant le nouveau paquet d’aide militaire, il comprend notamment des obusiers de calibre 155 mm ainsi que des munitions pour véhicules blindés CV90, ainsi que du matériel de communication par satellite. Pal Jonson a indiqué via les réseaux sociaux que la valeur cumulée de l’aide militaire suédoise à l’Ukraine s’élève désormais à 22 milliards de couronnes suédoises (environ 2 milliards de dollars).

Alors que la Finlande, voisine scandinave, a rejoint l’OTAN en avril, la candidature suédoise a été retardée par des réserves présentées par la Turquie et la Hongrie. Ankara a cependant promis de soumettre la ratification parlamentaire au vote après octobre.

En collaboration avec l’Administration du matériel de défense (FMV), responsable des acquisitions militaires, les forces armées suédoises ont été chargées d’analyser en détail l’impact d’un éventuel transfert des Gripen à l’Ukraine, notamment en termes de capacités de défense nationales, d’économie militaire et de planification stratégique, selon une déclaration officielle du gouvernement.

Le texte ajoute : « La guerre impitoyable de la Russie en Ukraine se poursuit, et l’Ukraine a sollicité un soutien sous forme de munitions, pièces détachées, équipements d’infanterie, ainsi que d’un système moderne d’aéronefs de combat. »

Un rapport complet devra être remis au gouvernement au plus tard le 6 novembre. Cette date correspond à la présentation d’une série de recommandations militaires par le général Micael Bydén, Commandant suprême des forces armées suédoises.

Steve Nordlund, représentant de Boeing, a souligné : « Il est difficile de faire de lourds investissements lorsque les perspectives ne sont pas aussi solides qu’on le souhaiterait. Toutefois, c’est précisément le moment où il faut prendre des décisions difficiles, afin de ressortir renforcé. »

Les analystes de la défense préconisent depuis longtemps la livraison des chasseurs Gripen à l’Ukraine. Un rapport de novembre 2022 du Royal United Services Institute (RUSI), institut britannique de réflexion sur la sécurité, a qualifié le Gripen de « candidat de loin le plus adapté » parmi les avions de combat occidentaux, capable de répondre aux besoins opérationnels ukrainiens.

Ce rapport soulignait également que le transfert de ces avions minimiserait le risque d’attaques russes par missiles longue portée contre l’Ukraine. Il a aussi noté que les tactiques suédoises de supériorité aérienne à basse altitude, déployées à partir de bases dispersées, sont similaires aux méthodes utilisées par la Force aérienne ukrainienne.