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Les chasseurs furtifs F-35 Lightning II de l’US Air Force, déployés au Moyen-Orient pour dissuader toute agression iranienne dans le Golfe Persique et contrer l’intimidation russe dans l’espace aérien syrien, ont quitté la région, ont indiqué des responsables militaires.

« Ce que les F-35 ont apporté, c’est une capacité supplémentaire », a déclaré le lieutenant-général Alexus G. Grynkewich, commandant du Central Command Air Forces (AFCENT), lors d’un point presse le 4 octobre organisé par le Defense Writers Group.

Le détachement s’est achevé fin septembre, selon le 388e Escadron de chasse basé à la base aérienne de Hill dans l’Utah. Toutes les machines ont quitté le Moyen-Orient et sont « en transit vers leur base », a précisé un porte-parole du 388th Fighter Wing.

Opérant sous la désignation 421st Air Expeditionary Squadron, les F-35 ont été déployés pour la première fois dans la région le 26 juillet. Cette décision expresse du Pentagone faisait suite à une série d’attaques iraniennes contre des navires commerciaux près du détroit d’Ormuz, point stratégique reliant le Golfe Persique au golfe d’Oman, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.

Parallèlement, la marine américaine a renforcé sa présence, notamment avec le Bataan Amphibious Ready Group, embarquant plusieurs milliers de marines. Le navire d’assaut amphibie USS Bataan a ainsi acheminé un escadron d’AV-8B Harrier à décollage court et atterrissage vertical (V/STOL), augmentant la puissance aérienne dans cette zone sensible.

Si les États-Unis maintiennent également des F-16 et des A-10 dans la région, le capteur et la furtivité avancée du F-35 ont offert des capacités opérationnelles nettement supérieures.

Selon le général Grynkewich, les F-35 ont permis aux États-Unis « de continuer les missions déjà menées en Irak, en Syrie et ailleurs dans la région, tout en renforçant notre soutien à la marine, notamment en assurant des patrouilles aériennes de combat au-dessus du détroit d’Ormuz ». Il a souligné l’importance du renfort naval dans cette mission.

« Ce renforcement combiné des navires de surface et de notre puissance aérienne a dissuadé l’Iran de toute action contre le transport maritime », a-t-il affirmé.

Au-delà de la mission dans le Golfe, les F-35 ont également joué un rôle clé pour décourager la chasse aux aéronefs américains menée par des avions de guerre russes au-dessus de la Syrie. Ils ont opéré en coordination avec les alliés américains, notamment en coopération avec des Rafale français.

Les comportements agressifs de la Russie étaient particulièrement préoccupants en juillet, lorsque des chasseurs russes ont lancé des leurres endommageant des drones MQ-9 américains engagés dans des missions anti-État Islamique.

Suite à la diffusion par les États-Unis de ces images et au déploiement des F-35, la Russie a atténué ses pratiques, devenant moins agressive.

« Ils continuent de survoler l’espace aérien, mais plus directement au-dessus de nos forces. Je salue ce changement de comportement », a indiqué Grynkewich. « Les attaques par leurres sur nos MQ-9 ne se sont plus reproduites. »

La présence militaire américaine dans la région reste toutefois modeste comparée aux années d’engagement en Irak et en Afghanistan. Les opérations aériennes américaines en Syrie sont aussi appuyées par des partenaires de la coalition, comme les forces françaises et britanniques.

« Nous restons exposés à un risque d’attaques terroristes sur nos capitales et nos territoires », a averti en septembre le général Stéphane Mille, chef de l’armée de l’air et de l’espace française. « Nous opérons ensemble. »

Les États-Unis doivent aussi composer avec des tensions au sein même de l’OTAN. La Turquie mène des frappes contre des groupes kurdes dans le nord de la Syrie, qu’elle tient pour responsables d’un attentat à la bombe à Ankara le 1er octobre, des opérations qui peuvent exposer les forces américaines à des risques.

Le 5 octobre au matin, un drone turc a frappé des cibles dans une zone d’opérations restreinte (ROZ) déclarée par l’armée américaine, à environ un kilomètre des troupes US, qui ont dû se mettre à l’abri dans des bunkers.

Quelques heures plus tard, lorsqu’un autre drone turc s’est approché des forces américaines à moins de 500 mètres, un F-16 US l’a abattu en légitime défense, selon des responsables américains.

Le 6 octobre, le ministère turc des Affaires étrangères a minimisé l’incident, expliquant dans un communiqué que son drone avait « été perdu suite à de divergences d’évaluation technique dans le mécanisme de résolution des conflits avec des tiers ».

Malgré le retrait des F-35, qualifié par Grynkewich de « temporaire et planifié », le principal foyer d’inquiétude demeure l’Iran. Les États-Unis sont prêts à ajuster rapidement leurs forces dans la région si nécessaire.

« À mon avis, la dissuasion est toujours de nature temporelle », a expliqué Grynkewich au sujet de l’Iran. « Nous avons renforcé notre déploiement en réponse à une menace spécifique. Cela illustre l’engagement américain envers la région. Notre stratégie consiste à maintenir une posture moins importante qu’auparavant, mais à montrer notre volonté de déployer des forces lors de grands exercices à des fins rassurantes, ou lorsque la menace l’exige. Et c’est précisément ce que nous avons fait dans ce cas. »