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Depuis le 18 octobre, la Russie pourrait acquérir des missiles balistiques iraniens, notamment le Fateh-110, dont la portée dépasse légèrement 290 kilomètres, et le Zolfaghar, avec une portée de plus de 700 kilomètres.

Cette échéance est d’autant plus importante que l’embargo sur l’exportation de technologies balistiques imposé à l’Iran par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU prend fin à cette date. Ainsi, à partir du 18 octobre, Téhéran est autorisé à exporter des missiles et des technologies connexes sans contrôle international. Pour la Russie, cela ouvre la voie à l’acquisition possible de ces systèmes balistiques.

Depuis l’automne 2022, des rumeurs circulent sur la potentielle exportation par l’Iran de missiles balistiques à courte et moyenne portée vers la Russie. Cette hypothèse s’appuie sur le renforcement de la coopération militaro-technique entre Téhéran et Moscou, notamment dans le domaine des drones de frappe et de reconnaissance.

Dans le cadre de la classification internationale, les missiles balistiques à courte portée sont définis comme ayant une portée entre 500 et 1 000 kilomètres. Les missiles dont la portée est inférieure à 500 kilomètres relèvent de la catégorie opération-tactique.

Le 16 octobre 2022, le Washington Post, citant deux responsables du renseignement d’un allié des États-Unis, avait évoqué les plans de l’Iran pour transférer à la Russie les missiles Fateh-110 et Zolfaghar, respectivement dotés de portées de 300 et 700 kilomètres. Depuis, plusieurs autres rapports ont émergé, sans toutefois que des sources ouvertes ne confirment la concrétisation de ces transferts.

Le missile balistique Fateh-110

Le Fateh-110 est un missile balistique à courte portée iranien introduit à la fin des années 1990. Il est à propergol solide, ce qui signifie qu’il est préchargé et prêt à l’emploi, facilitant son transport et sa mise en batterie rapide.

Sa portée est d’environ 300 kilomètres, lui permettant d’atteindre diverses cibles dans la région. Il est conçu principalement pour des frappes de précision contre des objectifs fixes ou mobiles.

Sur le plan technologique, le Fateh-110 combine un système de guidage inertiel avec une navigation par GPS, offrant une grande précision. Il est également doté de capacités de manœuvre en vol, lui permettant d’ajuster sa trajectoire afin d’échapper à la défense antimissile.

Ses caractéristiques techniques comprennent une longueur d’environ 8,86 mètres, un diamètre d’environ 0,61 mètre et un poids d’environ 3 450 kilogrammes. Le missile atteint une vitesse de Mach 3 et est lancé depuis un véhicule transporteur-lanceur mobile (TEL), offrant mobilité et flexibilité tactique.

La charge militaire du Fateh-110 varie selon les versions, mais il est généralement équipé d’une ogive à fragmentation à haute capacité explosive, conçue pour maximiser les dégâts grâce à la dispersion d’éclats lors de la détonation. Sa capacité de destruction demeure toutefois classifiée.

Le missile balistique Zolfaghar

Le Zolfaghar est un missile balistique à moyenne portée dévoilé en 2016, nommé d’après l’épée légendaire de l’Imam Ali, figure majeure de l’islam chiite.

Ce missile présente une portée opérationnelle maximale estimée à environ 700 kilomètres, ce qui le place dans la capacité de frapper des pays comme l’Arabie Saoudite, Israël, voire certaines zones en Europe.

Comme le Fateh-110, le Zolfaghar est propulsé par un combustible solide et équipé de systèmes avancés de guidage pour optimiser sa précision sur cible.

Ses dimensions techniques incluent une longueur d’environ 12 mètres, un diamètre d’environ 1,25 mètre et un poids au lancement d’environ 7 000 kilogrammes. Il porte une ogive unique, qui peut être conventionnelle ou nucléaire, bien que le détail exact de sa charge utile reste classifié. On considère cependant qu’il dispose d’une charge militaire à haute capacité destructive.

Sa combinaison de portée, d’exactitude et de puissance explosive lui confère un potentiel considérable pour toucher des infrastructures critiques, des bases militaires et des zones peuplées.

Une menace potentielle pour l’Ukraine

Les systèmes de défense antimissile ukrainiens sont engagés dans un contexte d’intenses échanges balistiques avec la Russie. Protéger l’ensemble du territoire ukrainien demeure difficile en raison du grand nombre de cibles possibles sur le terrain.

La Russie semble attirée par les missiles iraniens non seulement pour leur qualité, mais aussi pour leur abondance et leur disponibilité, tant pour les versions à courte portée que pour celles de type opération-tactique.

Entre 1988 et 2019, le traité INF avait limité la production russe de missiles à courte portée et moyenne portée. Comme les États-Unis, la Russie était prohibée de tester et déployer des missiles balistiques et de croisière au sol avec des portées comprises entre 1 000 et 5 500 kilomètres. Ce cadre a empêché Moscou de constituer une importante réserve de missiles balistiques avant le conflit actuel.

La fréquence limitée des frappes avec les missiles opération-tactiques disponibles, comme les Iskander, et la production sous-dimensionnée de ces missiles indiquent une pénurie. Pourtant, leur utilisation reste un élément majeur dans les opérations militaires russes.