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En Ukraine, dans un champ abandonné derrière un bâtiment, la police de Kyiv a découvert un système de défense aérienne russe TOR dissimulé sous une bâche noire. Deux civils ont été arrêtés pour avoir caché ce système, selon les autorités locales.

D’après les informations recueillies, le système TOR, abandonné par l’armée russe dans la région de Tchernihiv, était stocké avec des munitions, dont des missiles sol-air 9M331. La police de Kyiv n’a pas précisé le nombre exact de missiles saisis. Les deux civils interpellés, âgés de 38 et 45 ans et originaires du district de Boryspil, sont soupçonnés d’avoir obtenu et conservé illégalement ce matériel russe. On suppose qu’ils envisageaient de le vendre. Le système ainsi que les munitions ont été remis à l’armée ukrainienne.

Un phénomène récurrent

Depuis le début du conflit, de nombreux cas de revente d’armes envoyées en soutien à l’Ukraine ont été signalés, principalement sur le dark web. Les ventes concernent souvent des systèmes anti-char Javelin, proposés à un prix fixe et localisés à Kyiv. Il a même été rapporté que certains cartels mexicains en Amérique du Nord s’arment grâce à ces transferts illicites, acquérant armes légères, armes lourdes et systèmes antichars originaires d’Ukraine.

En 2022, les autorités finlandaises avaient enquêté sur l’arrivée quotidienne d’armes liées au conflit ukrainien dans les ports du pays, destinées à être achetées par des groupes criminels locaux.

Un contrôle américain renforcé

Face à ces problèmes, les États-Unis ont intensifié la surveillance des équipements militaires livrés à l’Ukraine. La Defense Security Cooperation Agency (DSCA) a envisagé d’installer un bureau sur place pour suivre ces fournitures, mais le projet a été abandonné en raison des risques pour le personnel. Aujourd’hui, l’Ukraine a mis en place un système performant de gestion et de traçabilité des envois d’armes américains, permettant notamment à l’ambassade des États-Unis de vérifier en temps réel les stocks et les affectations, selon Alexandra Oustinova, députée ukrainienne chargée de la commission sur l’aide militaire étrangère. Elle précise que les représentants américains peuvent consulter la base de données détaillant les numéros de série des armes et visiter physiquement les entrepôts pour contrôler le matériel.

Une implication russe dans le trafic

Le marché noir des armes issues du conflit en Ukraine implique également des Russes, et probablement des ressortissants d’autres nationalités. Une enquête a révélé une organisation à l’origine russe active en Ukraine, s’emparant d’armes de guerre telles que lance-grenades et mitrailleuses, dans le but de déstabiliser davantage le pays.

Parmi d’autres incidents, un groupe de volontaires ukrainiens a vu disparaître plus de 60 fusils et près d’un millier de munitions, probablement détournés vers la vente illégale. Par ailleurs, certains trafiquants se font passer pour des employés d’organisations humanitaires afin de vendre des gilets pare-balles sur le territoire ukrainien sous couvert d’aide.

Quelle valeur pour un système TOR sur le marché noir ?

Le système de défense aérienne russe TOR, connu sous le nom SA-15 Gauntlet, est une arme avancée et très performante. Son prix neuf sur le marché international se situe généralement entre 10 et 15 millions de dollars, en fonction de sa configuration, son âge et son état. Sur le marché noir, en raison du caractère illégal et des risques liés à son transfert, son prix peut être multiplié de deux à trois fois, atteignant alors entre 20 et 45 millions de dollars.

Illustration : La découverte de ce système TOR caché en Ukraine illustre les enjeux liés à la sécurisation et au contrôle des équipements militaires lors d’un conflit, ainsi que les défis posés par le trafic d’armes dans une zone de guerre.