L’OTAN renforce sa présence militaire au Kosovo en réponse à une fusillade meurtrière ayant causé la mort de quatre personnes. Cette décision intervient alors que des forces serbes se massent près de la frontière, exacerbant les tensions dans la région.
La mission de l’OTAN au Kosovo (KFOR), forte de plusieurs milliers de soldats, dont plusieurs centaines d’Américains, a intensifié ses patrouilles dans le nord du pays, zone où les violences se sont produites. Le 30 septembre 2023, un responsable de l’OTAN a confirmé que l’organisation avait autorisé l’envoi de forces supplémentaires pour répondre à la situation « si nécessaire ».
« À la lumière des récents événements, la KFOR augmente sa présence et multiplie ses activités dans le nord du Kosovo ainsi que dans les régions proches de la ligne de démarcation administrative, afin de poursuivre son mandat consistant à garantir un environnement sûr et sécurisé pour toutes les populations vivant au Kosovo », a précisé ce responsable.
Cette montée en puissance des forces de l’OTAN s’inscrit dans un contexte d’escalade, les États-Unis dénonçant le déploiement considérable de troupes serbes à la frontière. Selon John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américaine, la Serbie a déployé « une quantité sans précédent d’artillerie lourde, de chars et d’unités d’infanterie mécanisée » le long de la frontière kosovare.
Les tensions se sont intensifiées tout au long de la semaine précédente. Le 24 septembre, une trentaine d’hommes armés ont tendu une embuscade à une patrouille de police kosovare, puis se sont retranchés dans une église. Ce raid a entraîné la mort d’un policier kosovar et de trois assaillants serbes. Une importante cache d’armes a été découverte à l’intérieur du bâtiment.
Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a accusé la Serbie d’avoir provoqué ces violences dans le but d’« accroître les tensions » et d’« initier un conflit ». À l’inverse, le président serbe Aleksandar Vučić a nié que ses forces militaires soient en état d’alerte, qualifiant ces allégations de « fausses ».
Dans un communiqué publié le 29 septembre, l’OTAN a appelé à une désescalade urgente de la part de toutes les parties. L’organisation a réitéré son soutien au dialogue mené sous l’égide de l’Union européenne entre Belgrade et Pristina, qu’elle considère comme « le seul moyen de résoudre les différends en respectant les droits de toutes les communautés ». Cet échange diplomatique est, selon l’OTAN, « la clé d’une sécurité durable au Kosovo et de la stabilité dans toute la région ».
Le même jour, le Conseil des gouverneurs de l’OTAN a approuvé l’envoi de troupes supplémentaires pour renforcer la mission KFOR. Le ministère britannique de la Défense a indiqué avoir déjà déployé un bataillon sous commandement de l’OTAN dans la région.
Créée en 1999 à la suite de l’intervention militaire de l’OTAN durant la guerre du Kosovo, la mission KFOR a été mise en place après la campagne de bombardement qui avait forcé les forces yougoslaves à se retirer de la province. Depuis, les troupes de l’OTAN restent déployées en maintien de la paix dans une région marquée par des divisions ethniques : le Kosovo, à majorité albanaise, comprend une zone septentrionale où la population est majoritairement serbe.
Le Kosovo a proclamé son indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2008, une déclaration que Belgrade refuse de reconnaître.
Actuellement, la mission KFOR rassemble plus de 4 500 soldats, dont plus de 600 militaires américains.