Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé lundi la réception du premier des 31 chars M1 Abrams destinés à renforcer les brigades ukrainiennes.
« Je suis reconnaissant envers nos alliés pour le respect des accords », a déclaré Zelensky sur X, l’ex-Twitter. « Nous explorons de nouveaux contrats et élargissons la géographie de nos approvisionnements ».
Le major Charlie Dietz, porte-parole du Pentagone, a confirmé l’arrivée du premier lot de chars M1 Abrams en Ukraine, sans toutefois en préciser le nombre exact.
« La seule présence de ces chars constitue un puissant moyen de dissuasion. Leur intégration dans l’arsenal ukrainien renforce la capacité à décourager les actions agressives », a-t-il affirmé.
Depuis 18 mois, l’aide militaire américaine à l’Ukraine s’est intensifiée, passant des missiles Javelin et Stinger aux chars de combat principaux, tandis que la formation pour les pilotes ukrainiens sur F-16 est sur le point de débuter.
Le Pentagone assure son soutien constant à l’Ukraine pour lui permettre de réussir sur le champ de bataille.
Selon le lieutenant-général Kyrylo Budanov, chef de la direction du renseignement de défense ukrainien, les chars M1 Abrams permettront de percer les lignes défensives russes. Toutefois, ils doivent être employés de façon très ciblée lors d’opérations spécifiquement préparées, car leur déploiement frontal dans un combat d’armes combinées pourrait être rapidement coûteux en vies et matériel.
« Ces chars doivent être utilisés dans des opérations de rupture soigneusement planifiées », précise Budanov.
Cette livraison intervient alors que l’armée ukrainienne semble enfin progresser dans la région de Zaporizhia, au sud-est, au terme d’une contre-offensive prolongée. Les forces russes y avaient mis en place de lourdes défenses, notamment des milliers de mines et un réseau dense de tranchées, ralentissant significativement l’avancée ukrainienne.
Un commandant ukrainien a récemment indiqué que ses troupes pourraient avoir franchi la « ligne Surovikin » près du village de Verbove. Le groupe de réflexion américain Institute for the Study of War (ISW) a confirmé des combats au nord de Verbove, tout en estimant qu’il est prématuré de prévoir si ces gains pourront se transformer en percée stratégique.
Pour l’ISW, la capacité ukrainienne à percer les défenses russes dans cette région dépendra :
- de la puissance de feu déployée par l’armée ukrainienne,
- des réserves disponibles au sein des forces russes pour maintenir ce secteur,
- et de l’intensité du minage ainsi que de la préparation des défenses adverses au-delà de la ligne de front.
Auparavant réticents, les États-Unis ont fini par accepter la livraison des chars M1 Abrams, abandonnant l’argument logistique selon lequel il serait trop difficile pour l’Ukraine d’en assurer l’entretien. Cette évolution s’inscrit dans un élargissement notable des systèmes d’armes avancés fournis à Kiev, comme des missiles tactiques d’une portée allant jusqu’à 300 km, pouvant menacer la flotte russe en mer Noire.
De même, après un refus initial, les États-Unis préparent désormais la formation des pilotes ukrainiens sur F-16, dès cet automne, au sein de la 162e escadre de la Garde nationale aérienne de l’Arizona.
Ces appareils sont fournis par plusieurs pays européens, notamment le Danemark et les Pays-Bas.
La durée de la formation varie de trois à neuf mois selon le niveau d’expérience des pilotes en combat aérien, leur maîtrise des avions et leur connaissance de l’anglais, a indiqué le lieutenant-général Michael Loh, directeur de la Garde nationale aérienne.
Le général Philip Breedlove, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (2013-2016), insiste également sur ces facteurs et souligne que la formation sera plus longue pour ceux n’ayant pas volé depuis plusieurs années, car ils doivent réapprendre les fondamentaux du pilotage.
Même après cette formation initiale, les pilotes ukrainiens devront poursuivre un entraînement spécifique destiné aux missions qui leur seront confiées, notamment les patrouilles de combat, les frappes de précision nocturnes et la neutralisation des défenses aériennes ennemies.
« Il n’existe pas de « durée magique » pour transformer un pilote novice en as de la chasse », conclut Breedlove.
« L’expérience s’acquiert au fil des missions et avec l’appareil ».