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Le ministère de la Défense ukrainien a rapporté d’importants dégâts sur plusieurs avions russes et un hélicoptère de combat, consécutifs à une explosion présumée provoquée par des saboteurs à la base aérienne de Chkalovsky, dans la région de Moscou.

Parmi les aéronefs touchés figure un Il-20, un avion de reconnaissance développé à l’origine par l’Union soviétique. Ce modèle dérive de la modernisation du turbopropulseur civil Il-18, équipé d’une station ELINT (renseignement électronique) intégrée ainsi que d’un radar de surveillance sous la cellule. Depuis les années 1970, seulement une vingtaine d’exemplaires de cet appareil spécialisé ont été fabriqués, dont une partie modernisée reste en service aujourd’hui. En septembre 2018, un de ces Il-20 operant en Syrie avait été tragiquement abattu par erreur par un missile sol-air S-200 russe lors d’un tir ami.

Les autorités russes ont ouvert une enquête, confiée au Comité d’enquête de la Fédération de Russie, pour faire la lumière sur cet incident de sabotage survenu le 18 septembre 2023.

Des individus non identifiés ont installé des charges explosives sur l’aérodrome, provoquant une déflagration qui a gravement endommagé plusieurs aéronefs, dont les avions de reconnaissance Il-20 et An-148 du 354e régiment d’aviation des forces spéciales, ainsi qu’un hélicoptère d’attaque Mi-28N, actif dans la protection aérienne autour de Moscou.

L’explosion a particulièrement touché la partie centrale des appareils, rendant leur remise en service improbable à court terme. La queue de l’hélicoptère a été sévèrement affectée, tandis qu’un An-148 voisin a subi des dommages mineurs et un autre des dégâts plus importants.

Au cours de cet événement, les assaillants ont également endommagé deux hélicoptères d’attaque Ka-52 ainsi que plusieurs autres appareils stationnés sur la base. Cette installation accueille différents types d’aéronefs gouvernementaux et militaires, notamment des moyens stratégiques tels que des avions de reconnaissance et des postes de commandement aériens comme l’IL-80, surnommé « l’avion du Jugement dernier » pour sa fonction de centre de commandement en cas de conflit nucléaire.

Ces faits soulèvent des interrogations quant aux dispositifs de sécurité en place dans cette base sensible, ainsi qu’aux modalités d’infiltration des saboteurs. Ce sabotage rappelle un épisode similaire survenu le 1er novembre 2022 à la base militaire de Veretye, dans la région de Pskov.