Après une année d’étude approfondie, la NASA a publié un nouveau rapport sur les phénomènes aériens non identifiés (PAN), détaillant les méthodes employées pour leur analyse. Si ce document se focalise principalement sur les travaux de l’agence civile, il met également en lumière les enquêtes du All-Domain Anomaly Resolution Office (AARO) du ministère de la Défense américain, ainsi que l’apport des informations militaires dans la compréhension des UAP (Unidentified Aerial Phenomena).
L’AARO, créée en 2022, est l’entité gouvernementale centrale chargée de l’investigation des UAP. Jusqu’à présent, en dehors de ses propres publications ou de ses rapports devant le Congrès, l’agence avait gardé une certaine discrétion concernant l’avancée de ses travaux et l’effort global de clarification autour des UAP, terme désormais privilégié à celui d’OVNI. Le rapport de la NASA éclaire non seulement l’état des recherches actuelles, mais rend aussi compte de l’organisation fédérale dans son ensemble dédiée à l’étude et la résolution du phénomène des UAP.
Le rapport écarte toute preuve d’origine extraterrestre. Lors d’une conférence de presse, Bill Nelson, administrateur de la NASA, a affirmé ne disposer d’aucune preuve d’existence de vaisseaux ou de formes de vie extraterrestres sur le territoire américain. Tout en reconnaissant la possibilité que la vie existe ailleurs dans l’univers, il a clairement exclu l’idée qu’un quelconque secret autour d’extraterrestres serait dissimulé. « Montrez-moi les preuves », a-t-il insisté.
Conduit par une équipe indépendante durant un an, le rapport soulève que la majorité des phénomènes observés peut être expliquée par des causes naturelles ou humaines reconnues. Cependant, de nombreux cas restent inexpliqués faute de données suffisantes. Ce constat est lié à plusieurs défis : dans les espaces urbains, le bruit ambiant est élevé et complique l’identification ; les capteurs actuels ne sont souvent pas optimisés pour ce type d’observations ; enfin, en contexte militaire, la gestion de données issues de technologies classifiées – parfois même des simples images ou vidéos – complique l’analyse externe.
Ainsi, diverses agences travaillent à adapter leurs méthodes de collecte afin d’obtenir des données plus précises susceptibles de clarifier ces phénomènes. L’AARO cherche notamment à mieux définir la signature des phénomènes connus comme les conditions météorologiques ou les objets volants communs (ballons, drones), utiles à l’identification des anomalies réelles.
Le rapport souligne également que « l’espace aérien autour des sites militaires est un environnement complexe », où se mêlent avions pilotés, drones, ballons et autres éléments pouvant générer un bruit de fond considérable. L’armée considère la présence des UAP à proximité de ces installations comme un enjeu significatif de sécurité nationale.
Le dispositif fédéral comprend une collaboration avec la NASA et l’AARO visant à faciliter le signalement civique des incidents. Actuellement, les forces armées privilégient les rapports émanant de leurs membres et d’autres agences gouvernementales. Le site aaro.mil, qui recense les cas déclassifiés et résolus, ne permet pas encore au grand public de soumettre ses observations. La NASA insiste sur la nécessité de mettre en place un système fédéral spécifique pour collecter efficacement ces signalements civils, qui viendraient enrichir les bases de données existantes.
L’attention portée aux UAP et les moyens dédiés ont augmenté depuis que l’armée américaine a fait preuve d’une plus grande transparence concernant des observations réalisées par ses membres, notamment grâce à la diffusion à partir de 2017 d’images et vidéos captées par des pilotes et aviateurs en service.
Enfin, la NASA a dévoilé que Mark McInerney, ancien agent de liaison avec le Pentagone sur les questions liées aux UAP, est désormais responsable de son programme interne d’enquête sur les anomalies non identifiées.