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TikTok s’est silencieusement imposé comme l’une des plateformes les plus influentes dans l’environnement informationnel contemporain, non pas en promouvant une idéologie particulière, mais en privilégiant systématiquement l’engagement émotionnel. Plus qu’un simple espace de divertissement ou de tendances culturelles, TikTok fonctionne comme un environnement algorithmique qui renforce les réponses affectives par l’exposition répétée et le retour d’information. Lors du conflit entre Israël et le Hamas, le design de TikTok a illustré clairement comment la propagande moderne opère souvent moins par une persuasion explicite que par la cultivation et l’amplification d’une attention émotionnellement conditionnée.

Cette analyse s’appuie sur une enquête originale menée auprès de 193 utilisateurs américains de TikTok, âgés de 18 à 30 ans, recrutés sur quatre grandes universités du Michigan à l’automne 2024. Tous déclaraient utiliser TikTok comme source principale d’information. Plutôt que de mesurer une adhésion idéologique ou une identification partisane, l’enquête s’est intéressée à la manière dont les participants interprétaient émotionnellement des contenus politiques et liés aux conflits, en capturant des réactions affectives telles que l’empathie, la colère, la peur ou le deuil.

Les résultats montrent que la « conversion » classique — c’est-à-dire l’adoption de nouvelles identités idéologiques ou positions partisanes — reste relativement rare sur TikTok, même en période de conflits intenses. En traitant la crédibilité perçue, la réponse émotionnelle et l’orientation politique comme des dimensions analytiques distinctes, l’étude permet d’examiner les associations sans présumer de lien direct de causalité. Ce qui a le plus changé de façon cohérente chez les répondants, c’est l’orientation émotionnelle plutôt que la croyance idéologique. Les participants qui considéraient TikTok comme une source crédible ont rapporté des réactions affectives significativement plus fortes face aux contenus sur la guerre Israël-Hamas, sans modification correspondante de leurs allégeances politiques déclarées.

En conséquence, TikTok ne joue pas principalement un rôle de propagateur idéologique. Il n’ordonne pas aux utilisateurs ce qu’ils doivent penser, mais conditionne plutôt ce qu’ils ressentent. Dans l’environnement informationnel contemporain, cette distinction est essentielle : l’orientation émotionnelle précède de plus en plus la croyance, façonnant le terrain sur lequel se forment ensuite les jugements politiques. Même si l’échantillon limité à quatre universités dans un seul État n’autorise pas des généralisations à toutes les populations d’utilisateurs, il éclaire les dynamiques émotionnelles vécues par les jeunes adultes, très présents sur la plateforme.

Un environnement informationnel transformé

Chez les Américains de moins de 30 ans, TikTok est devenu l’un des principaux points d’entrée vers l’actualité mondiale. Des enquêtes récentes du PEW Research Center et du Reuters Institute for the Study of Journalism le confirment. La vidéo courte rivalise désormais avec la télévision et la presse écrite comme source principale d’information pour une large partie de la jeunesse.

TikTok supprime quasiment tous les filtres médiatiques dans son flux « Pour Toi », optimisé pour l’engagement en temps réel. Selon les explications de TikTok sur son système de recommandation, la plateforme suit minutieusement chaque interaction — replays, likes, commentaires — pour déduire les intérêts et ajuster les recommandations. Ces micro-signaux comportementaux permettent une approximation très fine des réactions émotionnelles, ajustant la diffusion de contenu de manière instantanée.

Durant les premiers jours de la guerre Israël-Hamas, des vidéos chargées émotionnellement — souvent non vérifiées ou dénuées de contexte stratégique — se sont répandues en quelques heures sur TikTok. Des images crues de souffrances civiles ont circulé mondialement bien avant que le journalisme professionnel ne parvienne à un consensus sur leur véracité. Ces événements géopolitiques complexes se sont simplifiés en récits moraux facilement consommables, souvent présentés sous la forme de binarismes simplifiés. Ces clips courts apportaient rarement une profondeur factuelle, mais leur immédiateté visuelle établissait des bases émotionnelles. Quand les reportages approfondis ont émergé, de nombreux spectateurs avaient déjà accepté un cadre émotionnel influençant leur interprétation des faits.

Dans cet écosystème, l’influence ne nécessite plus une coordination centralisée, des campagnes idéologiques soutenues, ou des réseaux de propagande disciplinés. Elle circule à travers la conception même de la plateforme. Le contenu est performant lorsqu’il stimule l’émotion. La visibilité suit l’engagement. Les utilisateurs deviennent eux-mêmes des relais, amplifiant des récits émotionnellement porteurs dans une quête d’expression identitaire et de validation sociale. Aujourd’hui, la propagande naît moins des diffusions étatiques organisées que des architectures d’engagement qui monétisent l’intensité émotionnelle.

Le conditionnement algorithmique des émotions

Des recherches en psychologie, économie comportementale et communication politique ont établi que l’intensité émotionnelle augmente le jugement heuristique et diminue l’évaluation réflexive. Ces mécanismes ne sont pas nouveaux. Ce qui reste sous-exploré, c’est comment les systèmes de recommandation opèrent à grande échelle ces tendances cognitives — et comment les utilisateurs vivent ce processus durant des crises géopolitiques concrètes.

La valeur de cette étude n’est pas de démontrer que l’émotion influence le jugement, mais de montrer comment les boucles de rétroaction algorithmique conditionnent l’orientation émotionnelle indépendamment des croyances idéologiques. Le système de recommandations TikTok ne se limite pas à exposer les utilisateurs à du contenu émotionnel : il confirme et amplifie de manière répétée des réponses affectives spécifiques via la personnalisation basée sur l’engagement. Les réactions émotionnelles sont à la fois des données d’entrée et de sortie dans la sélection des contenus.

Contrairement aux modèles traditionnels de propagande ou de persuasion, qui supposent un message intentionnel et un changement de croyance, le mécanisme observé ici est structurellement neutre vis-à-vis de l’idéologie. Les réponses émotionnelles — empathie, colère, chagrin, indignation — sont renforcées sans référence à leur orientation politique. Au fil des cycles répétés, cela produit une convergence affective : les flux deviennent émotionnellement homogènes même lorsque les utilisateurs ne cherchent pas un renforcement idéologique.

De plus, les utilisateurs ne rapportent pas consciemment choisir ces environnements. Le rétrécissement émotionnel apparaît passivement, par optimisation algorithmique et non par des préférences exprimées activement. Cela distingue le conditionnement émotionnel algorithmique des chambres d’écho classiques ou de l’exposition sélective, basées sur des choix délibérés. Ici, l’émotion joue moins le rôle de réaction à une croyance que de principe pré-cognitif organisant l’exposition à l’information.

La nouveauté de cette dynamique réside dans la séquence plutôt que dans l’intensité. L’orientation émotionnelle est conditionnée avant l’alignement idéologique, sans objectif persuasif. Cette étude repositionne l’engagement émotionnel non comme un sous-produit de l’influence, mais comme une condition environnementale précoce qui façonne l’interprétation, l’évaluation et la circulation des informations politiques.

Méthodologie et résultats

L’étude visait à analyser l’engagement émotionnel comme une dimension distincte, non comme simple proxy d’idéologie ou de persuasion. Au lieu de demander si TikTok change ce que pensent les utilisateurs, elle isole ce qu’ils ressentent face à des contenus politiques et conflictuels, et comment ces réactions affectives interagissent avec la crédibilité perçue, le comportement d’engagement et l’exposition narrative.

L’apport principal est l’identification d’un phénomène mesurable : le pré-alignement émotionnel. Chez la plupart des répondants, leur position idéologique est restée stable, quel que soit leur temps de connexion. Ce qui variait systématiquement, c’était l’intensité émotionnelle. Ceux qui trouvaient TikTok crédible ressentaient des réactions affectives beaucoup plus vives face aux contenus liés au conflit, même sans changement d’idéologie.

Cette distinction est cruciale car la plupart des recherches considèrent que l’engagement émotionnel reflète ou génère un changement de croyance. Ici, crédibilité, réponse émotionnelle et identité idéologique apparaissent comme des variables séparables. L’intensification émotionnelle s’accompagne d’une attention accrue, de discussions et de partage de contenus, mais pas de conversion ou radicalisation.

Fait notable : l’engagement naît de l’émotion, non de l’idéologie. Les participants ayant eu des réactions émotionnelles fortes cherchaient davantage d’informations, discutaient du conflit avec leurs pairs, et amplifiaient des récits émotionnellement puissants. Ces comportements traversaient les catégories idéologiques, suggérant que le conditionnement émotionnel précède et fonctionne indépendamment de l’alignement partisan.

Ces observations déplacent le focus analytique des résultats de persuasion vers les conditions d’exposition. L’étude ne démontre pas que l’engagement émotionnel cause un changement idéologique ultérieur, mais qu’il influe sur l’environnement informationnel dans lequel les jugements politiques se forment ensuite.

Par ailleurs, beaucoup de répondants ont constaté une exposition de plus en plus répétitive et émotionnellement cohérente aux contenus. Malgré la conscience des biais de personnalisation et des efforts pour accéder à des perspectives alternatives, les boucles de renforcement émotionnel réduisaient la diversité narrative. Les points de vue concurrents devenaient moins visibles algorithmiquement. La constance émotionnelle fonctionnait comme une continuité informationnelle, où les signaux affectifs répétés remplaçaient la validation factuelle. Le mécanisme dominant observé n’était donc pas la persuasion, mais ce pré-alignement émotionnel : un changement mesurable d’orientation affective qui intervient avant et indépendamment de l’engagement idéologique. Les sympathies morales, cadres de griefs et attributions d’indignation étaient conditionnés psychologiquement avant la formation des positions idéologiques.

Cette étude ne démontre pas de causalité entre engagement émotionnel sur TikTok et comportement politique, radicalisation ou conséquences stratégiques. Elle révèle cependant un schéma cohérent d’attention intensifiée émotionnellement qui précède le changement idéologique et façonne la manière dont les utilisateurs interprètent, évaluent et partagent l’information politique.

Un défi émergent pour la sécurité intérieure

Les résultats n’indiquent pas que l’exposition à TikTok entraîne radicalisation, opérations d’influence coordonnées ou modifications mesurables du comportement politique. Ni qu’il y ait des opérations informationnelles adverses lors de la période étudiée. Ce que met en lumière l’enquête, c’est une condition pré-idéologique récurrente : une attention émotionnellement renforcée aux récits conflictuels, indépendante de l’engagement idéologique.

Du point de vue de la sécurité intérieure, cette distinction est importante. Une grande part des analyses en ligne se concentre sur la persuasion ouverte, le recrutement ou la mobilisation. Ici, les résultats suggèrent qu’un processus plus diffus et antérieur peut se dérouler en parallèle — où l’orientation émotionnelle est conditionnée avant et séparément de l’alignement idéologique. Ce n’est pas un signe d’activité malveillante, mais une vulnérabilité structurelle des plateformes optimisées pour l’engagement.

L’intensification émotionnelle ne menace pas en soi la stabilité démocratique ou la sécurité nationale. Toutefois, lorsque des récits émotionnellement frappants — surtout ceux qui soulignent le grief, l’absolutisme moral ou le statut de victime — deviennent familiers et sont sans cesse renforcés, ils peuvent influencer l’interprétation et la circulation des informations politiques ultérieures. Le risque réside donc moins dans l’émotion que dans la susceptibilité augmentée des publics émotionnellement conditionnés face à d’éventuelles campagnes d’influence coordonnées.

L’étude ne prétend pas que cette exploitation ait lieu ni que l’engagement émotionnel produise systématiquement des effets politiques en aval. Elle indique qu’une attention émotionnelle accrue pourrait représenter une condition d’influence à un stade initial, distincte de la persuasion, du recrutement ou de la mobilisation, et donc difficilement saisie par des cadres d’analyse centrés sur les résultats idéologiques.

Une zone d’ombre pour le renseignement

Les dispositifs contemporains de renseignement et de surveillance de la sécurité ciblent principalement des signaux idéologiques : récits extrémistes explicites, discours de recrutement, indices de mobilisation, indicateurs opérationnels. Ces systèmes sont efficaces pour détecter la persuasion manifeste et les messages coordonnés, mais moins aptes à observer des variations d’orientation émotionnelle dans un discours public par ailleurs légitime.

L’enquête ne démontre pas que les services de renseignement passent à côté d’opérations d’influence actives, ni que l’engagement émotionnel soit un marqueur d’intention malveillante. Elle souligne en revanche une possible lacune analytique entre le moment où débutent certains phénomènes d’influence et celui où ils deviennent visibles aux outils existants. L’intensification émotionnelle — traduite par des cadres de grief, l’amplification d’indignations ou un absolutisme moral — peut précéder l’articulation idéologique de semaines, voire de mois, si cette dernière survient.

Il est essentiel de préciser que ce pré-alignement émotionnel n’est pas pathologique en soi. Il émerge d’expressions licites, d’un comportement authentique des utilisateurs et d’optimisations algorithmiques. Il ne correspond pas à un signal de sécurité clair et ne doit pas être traité comme tel. Sa pertinence réside dans son timing : lorsque les signaux idéologiques explicites ou de mobilisation apparaissent, des communautés narratives émotionnellement renforcées sont souvent déjà bien établies.

Cette séquence temporelle met en lumière une limite, non un échec, des approches de surveillance actuelles. Les systèmes spécialisés dans la détection idéologique identifient probablement les effets d’influence à un stade tardif, après que les orientations émotionnelles ont influencé l’évaluation et le partage de l’information. Reconnaître cette séquence ne nécessite pas d’élargir la surveillance ni de redéfinir la dissidence comme un risque, mais plutôt une certaine clarté conceptuelle sur les capacités et limites des outils actuels.

Un risque stratégique à grande échelle

L’amplification algorithmique peut diminuer les coûts et obstacles liés aux opérations d’influence, permettant à de petits acteurs d’atteindre de larges audiences grâce à des contenus optimisés émotionnellement. Des études informatiques récentes sur le fonctionnement du flux « Pour Toi » indiquent que les moteurs d’engagement favorisent davantage l’intensité et la viralité que la précision ou la nuance. L’enquête ne teste pas directement ces mécanismes, mais suggère que ces écosystèmes émotionnellement personnalisés peuvent limiter l’efficacité des outils traditionnels de contre-influence, tels que les réfutations ou la contestation officielle, lorsque la persuasion s’opère via des voies affectives individualisées plutôt que des canaux d’information centralisés.

Construire la résilience démocratique

Si le pré-alignement émotionnel conditionne la manière dont l’information politique est rencontrée et interprétée, les efforts de résilience démocratique doivent dépasser la seule correction des erreurs factuelles. Les résultats présentés ici ne plaident pas pour une surveillance accrue, une suppression des contenus ou une régulation idéologique. Ils invitent plutôt à des ajustements modestes mais significatifs dans la manière dont les analystes, les institutions et les plateformes comprennent et répondent à ces environnements informationnels conditionnés émotionnellement.

Pour les analystes et praticiens du renseignement, il ne s’agit pas de considérer l’expression émotionnelle comme un signe de menace, mais de la reconnaître comme une information contextuelle. Les méthodologies d’intelligence open source pourraient intégrer des signaux affectifs non idéologiques — par exemple des pics soudains de partage chargé émotionnellement, une amplification des griefs ou un cadrage moraliste — comme indicateurs préliminaires d’émergence de nouvelles dynamiques narratives. Ces signaux ne constitueront pas une preuve d’activité malveillante, mais aideront à saisir quand l’attention émotionnellement renforcée façonne l’exposition à l’information avant l’expression idéologique explicite.

Au niveau institutionnel, les programmes de résilience gagneraient à intégrer l’éducation émotionnelle dans les formations existantes aux médias et à l’information. Ces initiatives mettent souvent l’accent sur la vérification des sources et la détection des fausses informations. Les compléter par une formation à la manipulation affective — expliquant, par exemple, comment les comportements de recherche de validation, l’amplification de l’indignation et le renforcement algorithmique fonctionnent — permettrait aux utilisateurs de reconnaître le conditionnement émotionnel sans considérer l’émotion elle-même comme suspecte. L’objectif n’est pas la distanciation émotionnelle, mais la conscience émotionnelle.

Les plateformes, quant à elles, n’ont pas besoin d’arbitrer le contenu politique ou l’intention pour atténuer l’amplification émotionnelle. Des interventions de design comme l’instauration de « friction réflexive » — par exemple des notifications incitant les utilisateurs à réfléchir au contexte avant de partager du contenu chargé émotionnellement, ou une plus grande transparence sur les raisons de la recommandation de certains contenus — pourraient perturber modérément ces boucles de renforcement tout en préservant l’autonomie des utilisateurs. Un audit indépendant des systèmes de recommandation, centré spécifiquement sur les schémas d’amplification affective plutôt que sur les résultats idéologiques, renforcerait la responsabilité sans étendre les mandats de modération.

Ces mesures ne promettent pas d’éliminer l’influence ni de supprimer l’engagement émotionnel du discours politique, ce qui serait d’ailleurs contre-productif. La politique démocratique est fondamentalement émotionnelle. Elles offrent toutefois un moyen de réduire l’impact silencieux d’une intensité émotionnelle optimisée algorithmiquement qui oriente l’attention politique à l’insu des utilisateurs. Renforcer la résilience démocratique, c’est donc préserver la capacité des citoyens à reconnaître quand leurs émotions sont systématiquement conditionnées, même avant que leurs croyances ne soient modifiées.

Un nouveau domaine pour la propagande

TikTok illustre une transformation plus large des mécanismes de la propagande. La persuasion à l’ère numérique est de plus en plus émotionnelle plutôt que doctrinale. Les algorithmes n’imposent pas des croyances ; ils cultivent des orientations affectives. S’appuyant sur des données originales recueillies auprès d’utilisateurs américains dans les semaines suivant les attaques de Hamas du 7 octobre 2023, cette recherche suggère — sans le démontrer catégoriquement — que le conditionnement émotionnel peut fonctionner comme un mécanisme précoce d’influence, mal saisi par les modèles classiques de contre-propagande et de renseignement. L’alignement émotionnel pourrait façonner le terrain psychologique sur lequel la persuasion opère ensuite, même sans changement idéologique immédiat.

La stabilité démocratique dépend donc non seulement de la protection de l’exactitude de l’information, mais aussi de la reconnaissance de la manière dont les environnements émotionnels conditionnent le jugement politique. Le domaine émotionnel du discours public devient un enjeu crucial, et comprendre ses dynamiques est essentiel pour préserver la cognition démocratique face aux défis de l’environnement informationnel contemporain.

Michael Morgan, Ph.D., est un chercheur indépendant spécialisé dans la communication politique, les systèmes médiatiques algorithmiques et les dynamiques d’influence dans les conflits contemporains. Ses travaux font le lien entre sciences sociales et sécurité nationale, en se concentrant particulièrement sur l’impact de l’engagement émotionnel sur le jugement politique en ligne.