Article de 647 mots ⏱️ 3 min de lecture

En cas de fermeture partielle du gouvernement, les commissariats militaires s’organisent pour rester ouverts jusqu’à fin mars, garantissant ainsi l’accès aux denrées essentielles pour les soldats. Cette mesure vise à limiter les perturbations dans l’approvisionnement des forces armées malgré l’impasse politique actuelle à Washington.

L’Agence des commissariats militaires a confirmé que tous les commissariats militaires continueront à fonctionner pendant un temps limité en cas de suspension des crédits. En effet, si un blocage budgétaire survient, l’agence utilisera des fonds dits de « fonds de roulement de la défense » (Defense Working Capital Funds) permettant de maintenir les opérations commerciales sans dépendre directement des crédits votés par le Congrès.

Ces fonds flexibles assurent le fonctionnement des magasins militaires aux États-Unis comme dans les bases américaines à l’étranger. Les employés des commissariats ne seront pas affectés par des mesures de mise en congé sans solde (furlough) durant cette période.

Cette annonce intervient alors que le Congrès est pris dans une impasse concernant le financement de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et que la possibilité d’une fermeture gouvernementale partielle se précise, potentiellement dès ce week-end. Le gouvernement fédéral fonctionne actuellement sous une résolution provisoire datant de novembre, qui expire le 30 janvier, menaçant ainsi la continuité du financement des agences, dont le Département de la Défense.

Des commissariats en zones isolées et à l’étranger pourraient rester ouverts plus longtemps. Kevin Robinson, porte-parole de l’Agence des commissariats militaires, a précisé que certains magasins qualifiés de « retraits/austères » – situés dans des zones éloignées ou à l’étranger où les alternatives alimentaires sont limitées – pourraient continuer leurs activités au-delà de l’épuisement des fonds de roulement, selon les plans de contingence du Pentagone.

Les établissements dits « remotes » aux États-Unis incluent :

  • Base de la Garde côtière de Kodiak (Alaska)
  • Fort Greely (Alaska)
  • Fort Irwin et Centre de formation de haute montagne du Corps des Marines à Bridgeport (Californie)
  • Naval Air Station Fallon (Nevada)
  • Army Dugway Proving Ground (Utah)

Les commissariats « austères » se trouvent à :

  • Joint Base Elmendorf-Richardson (Alaska)
  • Base aérienne de Los Angeles (Californie)
  • Naval Air Station Jacksonville (Floride)
  • Naval Air Station Whidbey Island (Washington)

Concernant le paiement des militaires, les tensions politiques autour du financement du Département de la Sécurité intérieure (qui gère notamment ICE et les douanes) compliquent les négociations budgétaires. Alors que le Sénat pourrait ne pas avancer sur la loi de crédits annuelle si elle inclut ces financements, les forces armées s’inquiètent de retards ou impayés dès février.

Lors de la précédente menace de fermeture, en octobre, l’administration avait indiqué que le Pentagone utiliserait des fonds destinés à la recherche et au développement pour assurer le versement des salaires militaires.

En parallèle, plusieurs élus ont introduit des projets de loi visant à garantir spécifiquement le paiement des soldats en cas de blocage budgétaire. Parmi eux, le Shutdown Fairness Act du sénateur Ron Johnson, soutenu par des associations de militaires et vétérans comme la Military Officers Association of America, souligne l’importance de protéger les salaires et prestations acquis par les forces, évitant ainsi une incertitude prolongée pour les militaires, leurs familles et les civils qui soutiennent la force volontaire.

Les résolutions provisoires sont désormais presque régulières dans le fonctionnement du Congrès, attirant l’attention sur leurs effets imprévus. Au-delà du retard de paiement pour les militaires, un rapport fédéral récent a mis en lumière leurs impacts sur le calendrier des grands exercices d’entraînement et même sur la capacité des pilotes à planifier leurs heures de vol.