Un renforcement significatif de l’activité aérienne militaire américaine en Europe et au Moyen-Orient s’observe actuellement, dans un contexte de tensions croissantes avec l’Iran. Les données accessibles au public font état d’une augmentation des mouvements d’avions ravitailleurs, de transport et de soutien au cours des derniers jours.
Les informations compilées par le Military Air Tracking Alliance, relayées par plusieurs analystes OSINT, révèlent un flux continu d’avions ravitailleurs de l’US Air Force en transit depuis les États-Unis continentaux vers l’Europe, puis vers le Moyen-Orient.
Au 31 janvier, les analystes rapportaient la présence d’une flotte d’une vingtaine d’avions ravitailleurs stationnés à la base aérienne d’Al Udeid au Qatar, accompagnée de mouvements réguliers impliquant des KC-135R Stratotankers et des KC-46A Pegasus opérant entre les États-Unis, l’Europe et des zones avancées.
Jon, membre de la communauté OSINT connu sous le pseudonyme « DefenceGeek », a noté que plusieurs KC-46A portant l’indicatif « GOLD » étaient positionnés et prêts à rejoindre de nouveaux théâtres d’opération, avec d’autres appareils en route depuis les États-Unis.
Dans une mise à jour publiée samedi matin, DefenceGeek a indiqué que l’activité avait été relativement limitée durant la nuit, avec des appareils récemment déployés au Moyen-Orient revenant vers l’Europe en matinée. Par ailleurs, l’attention restait focalisée sur les rumeurs de déploiements de chasseurs via Lajes aux Açores ainsi que sur la présence d’avions de guerre électronique dans le sud de l’Europe.
Ces mouvements interviennent alors que le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé que le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (IGRC) mène un exercice naval de tirs réels sur deux jours dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique qui voit transiter quotidiennement environ 100 navires commerciaux.
Dans un communiqué, le CENTCOM a demandé à l’IRGC de conduire cet exercice « de manière sûre, professionnelle et en évitant tout risque inutile pour la liberté de navigation internationale », avertissant que tout comportement dangereux pourrait accroître le risque d’escalade ou de collision. Le CENTCOM a également prévenu qu’il ne tolérerait pas « les actions dangereuses de l’IRGC, y compris les survols d’engins militaires américains en opérations aériennes, les survols armés à basse altitude lorsque les intentions ne sont pas claires, les approches rapides et sur trajectoire de collision par des navires, ou encore l’armement dirigé contre les forces américaines ».
Si nombre de ces appareils sont habituellement associés à des missions de dissuasion régionales, l’ampleur et le calendrier des déploiements ont suscité une analyse plus approfondie parmi les observateurs de la défense.
Plus tôt cette semaine, des analystes ont souligné l’arrivée du groupe aéronaval USS Abraham Lincoln dans la région élargie du Moyen-Orient, qui s’ajoute aux systèmes de défense aérienne et antimissile déjà en place, notamment des batteries Patriot et THAAD, ainsi qu’à des avions de chasse F-15E Strike Eagles. D’autres observations mentionnent la présence d’appareils de patrouille maritime P-8A Poseidon, de drones MQ-9, ainsi que d’avions de transport et de ravitaillement contribuant à soutenir cette posture.
Début janvier, les États-Unis avaient aussi établi la Cellule conjointe des opérations de défense aérienne au Moyen-Orient à Al Udeid, afin de renforcer l’intégration des défenses aériennes et antimissiles entre les forces américaines et leurs partenaires régionaux.
Selon Jon, cette posture globale « suggère que les États-Unis envisagent de lancer une frappe initiale visant à neutraliser des cibles clés telles que les défenses aériennes et les bases aériennes, probablement en utilisant une combinaison de bombardiers B-2, de F-35C et d’EA-18G, suivie par plusieurs jours, voire quelques semaines, de frappes supplémentaires impliquant des F-15E et d’autres moyens ».
Il a ajouté que les avions ravitailleurs et de transport seraient indispensables pour maintenir ce type d’opérations et que les F-15E pourraient également assurer des missions de défense aérienne régionale, notamment contre les menaces représentées par les missiles de croisière et les drones.