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Israël s’apprête à rouvrir partiellement le poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza dévastée par la guerre et l’Égypte ce dimanche, après plusieurs mois de pressions exercées par des organisations humanitaires. Cependant, cette réouverture sera limitée à la circulation des personnes.

Cette décision intervient dans un contexte de violences toujours en cours dans le territoire palestinien. L’agence de défense civile de Gaza a fait état d’une trentaine de morts lors des frappes israéliennes de samedi, tandis que l’armée israélienne a indiqué riposter à des violations du cessez-le-feu.

Le poste de Rafah est une voie cruciale pour les civils et l’acheminement de l’aide, mais il est resté fermé depuis que les forces israéliennes ont pris le contrôle de ce point en mai 2024, au cours du conflit avec le Hamas, excepté une brève et limitée réouverture au début de 2025.

Israël avait auparavant déclaré qu’il ne rouvrirait pas le poste tant que les restes de Ran Gvili, dernier otage israélien détenu à Gaza, n’auraient pas été rendus.

Les restes de Ran Gvili ont été récupérés il y a quelques jours et il a été inhumé en Israël mercredi dernier.

« Le poste de Rafah ouvrira ce dimanche (1er février) dans les deux sens, pour une circulation limitée des personnes uniquement », a annoncé vendredi COGAT, l’organisme du ministère de la Défense israélien chargé des affaires civiles dans les territoires palestiniens occupés.

Les entrées et sorties seront permises en coordination avec l’Égypte, après un contrôle préalable de sécurité des individus par Israël, et sous la supervision de la mission de l’Union européenne, a-t-il ajouté.

Cependant, plusieurs points restent flous, notamment le nombre de personnes autorisées à traverser ainsi que la possibilité pour celles cherchant à retourner à Gaza d’entrer sur le territoire.

Une source à la frontière a indiqué à l’AFP que la journée de dimanche serait majoritairement consacrée aux préparatifs logistiques et organisationnels.

Le poste doit ouvrir dimanche à titre expérimental pour permettre le passage des blessés, avant une réouverture régulière prévue lundi, ont déclaré trois sources présentes au poste-frontière.

Aucun accord n’a encore été conclu sur le nombre de Palestiniens autorisés à entrer ou sortir, selon ces sources, qui précisent que l’Égypte prévoit d’admettre « tous les Palestiniens que Israël autorisera à quitter » le territoire.

Mohammed Shamiya, 33 ans, atteint d’une maladie rénale nécessitant des séances de dialyse à l’étranger, raconte : « Chaque jour qui passe épuise ma vie et aggrave ma condition. J’attends chaque instant l’ouverture du passage terrestre de Rafah ».

Une attente anxieuse

Safa al-Hawajri, boursière préparant des études à l’étranger, attend elle aussi avec impatience la réouverture prévue dimanche.

Elle déclare : « J’attends avec l’espoir de réaliser mon ambition, qui dépend de la réouverture du passage. J’espère pouvoir voyager dès qu’il sera ouvert ».

Situé à la frontière sud de Gaza avec l’Égypte, Rafah est le seul point de passage dans la bande de Gaza ne passant pas par Israël.

Ce poste-frontière se trouve dans une zone sous contrôle israélien, suite au retrait des troupes israéliennes derrière la « Ligne jaune », conformément aux termes d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis et entré en vigueur le 10 octobre.

Les forces israéliennes contrôlent encore plus de la moitié de Gaza, tandis que le reste est sous l’autorité du Hamas.

Le cessez-le-feu est désormais entré dans sa seconde phase, prévoyant la réouverture du passage de Rafah après la libération ou le retour de tous les otages israéliens détenus par les militants palestiniens.

Le Hamas avait réclamé une réouverture complète du point de passage dans les deux sens après le rapatriement des restes de Ran Gvili.

Cette réouverture devrait également permettre l’entrée d’une délégation technocratique palestinienne de 15 membres, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), créé pour superviser la gestion quotidienne des 2,2 millions d’habitants de la bande de Gaza.

Le comité doit opérer sous la supervision du « Conseil de la paix », présidé par l’ancien président américain Donald Trump.

Le NCAG, dirigé par l’ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne Ali Shaath, devrait pénétrer dans la bande de Gaza dès la réouverture du poste de Rafah.

La violence se poursuit toutefois avant la réouverture.

Au moins 32 personnes, dont des enfants, ont été tuées samedi dans des frappes aériennes israéliennes à Gaza, selon l’agence de défense civile qui intervient comme force de secours sous l’autorité du Hamas.

L’armée israélienne a indiqué que ces frappes étaient une réponse à un incident survenu vendredi, où huit combattants palestiniens avaient émergé d’un tunnel dans la ville de Rafah, dans une violation du cessez-le-feu selon Israël.