Lors du Salon aéronautique de Singapour, des informations récentes indiquent que l’Indonésie a décidé de ne pas poursuivre l’acquisition prévue des avions de combat Boeing F-15EX, sans motif officiel communiqué.
Cette décision surprend, alors que le pays envisageait récemment un large renouvellement de sa flotte aérienne avec des modèles provenant de plusieurs fabricants. En janvier 2026, l’Indonésie manifestait un vif intérêt pour le JF-17 Thunder sino-pakistanais, bien que de nouveaux signaux laissent penser qu’elle réduit également son appétence pour ce programme.
Au Salon aéronautique de Singapour, Reuters rapporte que Bernd Peters, vice-président du développement commercial et de la stratégie chez Boeing Defense, a confié aux journalistes : « Concernant notre partenariat pour le F-15EX avec l’Indonésie, ce n’est plus une campagne active pour nous. »
Boeing n’a pas précisé les raisons de l’annulation de ce projet. En 2025, le Département d’État américain avait informé le Congrès de la proposition de vente jusqu’à 36 F-15EX à l’Indonésie, proposition qui avait été validée par le législatif américain.
En août 2025, le journal indonésien Liputan affirmait : « Le ministère de la Défense (Kemenhan) confirme que le processus d’achat de 24 Boeing F-15EX reste en cours », tout en précisant qu’aucun contrat n’avait été signé à ce stade.
Les ambitions initiales de l’Indonésie concernant le F-15EX
En août 2023, Boeing annonçait un engagement indonésien pour l’achat de 24 F-15EX Eagle II. Cette décision faisait suite à un refus américain d’un contrat F-35 demandé par Jakarta, les États-Unis proposant à la place le F-15EX, également désigné sous l’appellation F-15IDN pour la force indonésienne.
Boeing défendait alors : « Aucun autre chasseur au monde ne peut égaler le F-15, cette plateforme placera l’Indonésie au sommet des capacités de supériorité aérienne ». Le F-15EX est un appareil de quatrième génération avancé, considéré comme l’un des plus performants sur le marché. Après le F-35A, il est le seul chasseur de première ligne actuellement acquis par l’US Air Force (ainsi que par l’Armée de l’air israélienne).
Les complications liées au chasseur KAAN turc et l’arrivée des premiers Rafale
Les motifs de l’Indonésie restent peu clairs, oscillant entre priorisation budgétaire et enjeux géopolitiques. Notons que le F-15EX présente un coût horaire en vol plus élevé que celui du F-35A, malgré des coûts de maintenance inférieurs.
L’archipel, qui se revendique non-aligné, cherche à diversifier ses fournisseurs d’armement pour limiter l’influence d’un seul pays.
Récemment, Jakarta a annoncé qu’elle n’acceptera pas les 48 chasseurs turcs TAI KAAN qu’elle négocie tant qu’ils ne seront pas totalement exemptés des contrôles d’exportation américains. Un défi considérable, puisque les États-Unis fournissent non seulement le moteur mais aussi une grande partie de l’avionique et des systèmes critiques.
Des experts en défense estiment que ce levier ne sera levé qu’après 2036, moment où la Turquie pourrait remplacer le moteur américain par un moteur national. Si l’Indonésie maintient cette exigence, cela pourrait compromettre définitivement l’acquisition des KAAN.
Par ailleurs, la décision de se détourner du F-15EX pourrait être liée à l’arrivée du Rafale français. L’Indonésie a réceptionné ses trois premiers Rafale en janvier 2026, premiers exemplaires d’une commande totale de 42 appareils.
Le média français La Tribune a rapporté que l’Indonésie étudierait l’achat de 24 Rafale supplémentaires, ce qui expliquerait pourquoi Boeing a cessé ses démarches pour le F-15EX.
Aaron Spray