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Les rumeurs relayées par certains médias locaux affirmant que le chantier naval de Rosyth pourrait devenir un site d’accueil d’armes nucléaires sont, pour être clair, infondées.

Cette confusion semble résulter d’un mélange entre la planification de mesures d’urgence liées à l’activité des sous-marins nucléaires et la question du basage permanent des ogives nucléaires.

Récemment, des discussions politiques locales ont évoqué la possible considération de Rosyth comme site de repli temporaire pour les futurs sous-marins lanceurs d’engins de classe Dreadnought de la Royal Navy, ce qui est exact. Ces sous-marins constituent l’épine dorsale de la dissuasion nucléaire britannique. Cependant, cela ne signifie pas qu’une décision a été prise pour y stationner des armes nucléaires, contrairement à ce qu’affirment certains.

Les ogives nucléaires restent basées à Coulport

Les ogives nucléaires du Royaume-Uni sont stockées au Royal Naval Armaments Depot de Coulport, près de Faslane sur le Clyde. Coulport est une installation spécialement conçue pour le stockage, la manutention et le chargement des ogives nucléaires, soutenue par un dispositif de sécurité et de sûreté rodé depuis longtemps. Tout projet de transfert du stockage des ogives vers un autre site nécessiterait des développements d’infrastructures majeurs et représenterait un changement stratégique important. À ce jour, aucun signe ne laisse penser qu’un tel programme est en cours à Rosyth.

Les sous-marins nucléaires ne sont pas équivalents aux armes nucléaires

Une source clé de la méprise provient de l’emploi large du terme « nucléaire ». La Royal Navy exploite des sous-marins à propulsion nucléaire, comprenant aussi bien des sous-marins d’attaque que des sous-marins lanceurs d’engins. La propulsion nucléaire implique des réacteurs embarqués et des procédures de sécurité spécifiques, mais elle est distincte du stockage ou de la manutention des ogives nucléaires. Un chantier naval peut donc être impliqué dans la maintenance ou le support de sous-marins nucléaires sans pour autant être un site de stockage d’ogives.

Même si Rosyth devait accueillir ponctuellement des visites de sous-marins nucléaires armés dans un cadre temporaire ou limité, cela n’implique pas le stockage des ogives. Les armes nucléaires ne sont pas conservées à bord lors des opérations de maintenance.

Mesures de planification d’urgence

Une partie des reportages récents ont mis en avant des discussions sur des zones de planification d’urgence et la possible distribution de comprimés d’iodate de potassium aux habitants locaux. Ces mesures ne sont pas spécifiques aux armes nucléaires. Elles font partie des précautions radiologiques standard associées aux navires à propulsion nucléaire et à d’autres situations impliquant des matières radioactives. Leur mention ne confirme pas, en soi, que des ogives seraient stockées ou manipulées à Rosyth.

Le ministère de la Défense britannique ne commente généralement pas les mouvements, la présence ou le statut opérationnel des armes nucléaires. Cette politique de longue date alimente la spéculation, certains interprétant l’absence de démenti formel comme une confirmation tacite.

En conclusion

Aucune preuve ne montre que Rosyth va devenir un site d’accueil d’armes nucléaires au sens d’un lieu de stockage d’ogives.

Les discussions portent plutôt sur un soutien potentiel aux opérations des sous-marins nucléaires dans le cadre d’une planification d’infrastructures plus large. Les ogives nucléaires britanniques restent basées à Coulport, et tout changement à ce niveau constituerait une décision stratégique majeure, laissant certainement une trace claire sur le plan politique et financier.

En résumé, les affirmations concernant le transfert d’armes nucléaires à Rosyth doivent être comprises comme une mauvaise interprétation des échanges sur la planification d’urgence.