Les tensions entre grandes puissances persistent, et les efforts diplomatiques pour prévenir des conflits armés se heurtent à d’importants obstacles. Des zones de friction majeures continuent de défier la stabilité internationale, entre négociations sans fin et risques d’escalade militaire.
Iran
Alors que les relations entre les États-Unis et l’Iran restent tendues, les tentatives de relancer les négociations pour éviter une confrontation militaire s’avèrent complexes. L’incertitude quant au lieu et au format des pourparlers souligne les profondes divergences sur les sujets à aborder. Téhéran souhaite concentrer les discussions sur l’accord nucléaire, tandis que la Maison Blanche exige des concessions plus larges, notamment sur l’enrichissement de l’uranium, le programme balistique iranien et le soutien aux groupes armés régionaux.
Le 3 février, un avion américain a abattu un drone iranien s’approchant du porte-avions USS Abraham Lincoln, tandis que des forces navales iraniennes ont importuné un pétrolier sous pavillon américain, illustrant l’atmosphère tendue alors que Washington poursuit son renforcement militaire dans la région. L’Iran menace de riposter de manière très forte en cas d’attaque. Les deux camps affichent leur préférence pour un accord évitant le conflit, mais les divergences sur des dossiers anciens et de nouvelles exigences rendent la perspective diplomatique incertaine.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln, déployé avec son groupe aérien en mer d’Arabie en janvier. Image : Mass Communication Specialist 3rd Class Clint Davis
Chine
Le 24 janvier, Pékin a annoncé, de manière surprise, le limogeage du vice-président de la Commission militaire centrale, le général Zhang Youxia, ainsi que du chef d’état-major des forces armées chinoises, le général Liu Zhenli. Il s’agit de la purge la plus importante de hauts responsables militaires depuis la mort du vice-Premier ministre Lin Biao en 1971. À présent, la Commission militaire centrale, organe suprême de décision militaire, ne compte plus qu’un seul membre en dehors de son président, le président Xi Jinping. Cette purge massive soulève des questions sur les capacités opérationnelles, la préparation et le moral de l’armée chinoise. Les accusations officielles portent sur la corruption, mais les éditoriaux de l’Armée populaire de libération évoquent surtout un manquement à la loyauté politique envers le chef suprême.
Les récentes visites en Chine du Premier ministre britannique Keir Starmer et du Premier ministre finlandais Petteri Orpo renforcent les interrogations sur l’évolution de la stratégie des alliés occidentaux vis-à-vis de Pékin, dans un contexte d’inquiétudes sur la fiabilité américaine. Par ailleurs, la Chine a renforcé le 4 février ses échanges avec la Russie et les États-Unis, avec des appels téléphoniques simultanés entre Xi Jinping, Vladimir Poutine et Donald Trump, laissant planer le doute sur les raisons de cette coordination diplomatique inhabituelle.

Le général Zhang Youxia en compagnie du président russe Vladimir Poutine en 2017. Image : kremlin.ru
Russie
En pleine vague de froid, la Russie a intensifié ses frappes ciblant les infrastructures énergétiques ukrainiennes, lançant en janvier plus de 6 000 drones, 5 500 bombes et 158 missiles. Selon une estimation de la Commission européenne, publiée le 22 janvier, ces attaques ont privé plus d’un million d’Ukrainiens d’électricité, d’eau et de chauffage.
Le 5 février, des négociations entre représentants américains, ukrainiens et russes se sont achevées aux Émirats arabes unis. Ces discussions ont abouti à un échange immédiat de prisonniers et au rétablissement d’un dialogue militaire à haut niveau entre Washington et Moscou. Toutefois, aucun progrès décisif n’a été annoncé. Alors que les responsables russes affirment que les groupes de travail ont évité les questions essentielles telles que le retrait des troupes, les délégations américaine et ukrainienne ont évoqué la possibilité de déployer des forces de maintien de la paix neutres et d’instaurer une zone démilitarisée dans certaines parties du Donetsk.
Le président américain Donald Trump a indiqué avoir convaincu Vladimir Poutine de suspendre temporairement les frappes sur Kyiv lors d’une période de froid exceptionnel. Le Kremlin a confirmé cet arrêt limité aux attaques sur la capitale ukrainienne jusqu’au 1er février. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a cependant affirmé que cet accord devait durer jusqu’au 3 février et a accusé la Russie d’avoir repris les frappes prématurément.

Prisonniers de guerre ukrainiens libérés le 5 février 2026. Image : Army Inform
Corée du Nord
En vue du IXe Congrès du Parti, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a multiplié les visites de sites économiques et supervisé des démonstrations militaires supplémentaires. Un récent bilan portant sur treize systèmes nucléaires et missiles prévus dans le plan quinquennal de développement indique que six sont opérationnels ou sur le point de l’être, trois sont en phase de test, et l’état des quatre autres reste inconnu.
Selon des sources biélorusses, la Biélorussie, l’Iran, la Corée du Nord, le Myanmar et la Russie discutent de la création d’une nouvelle « Charte eurasienne de la diversité et de la multipolarité au XXIe siècle ». Pour Pyongyang, cette initiative facilite son intégration à des réseaux placés sous influence russe, renforçant ainsi les bases d’une coopération à long terme.
La Corée du Sud a récemment imposé des restrictions de voyage à l’étranger pour trois civils enquêtés pour des vols de drones au-dessus du Nord, un acte qui avait suscité des menaces de représailles de la part de Pyongyang. Les forces sud-coréennes ont également déployé des dispositifs anti-drones lors d’exercices militaires de la 8e division de manœuvre le mois dernier.

Kim Jong Un inspecte des œuvres d’art pour un nouveau mémorial de guerre. Image : KCNA Watch
Jihadistes
Le 29 janvier, l’État islamique a mené une attaque contre l’aéroport international Diori Hamani à Niamey, Niger. La principale cible était la Base aérienne 101 du Niger, qui abrite le quartier général de l’aviation nigérienne et des installations de stockage de drones. Le siège a duré plus de deux heures avant que les forces terrestres et aériennes nigériennes, appuyées par le groupe paramilitaire russe Afrika Korps, ne reprennent le contrôle. Des estimations non officielles font état d’au moins 24 soldats nigériens et 3 mercenaires russes tués, ainsi que d’une vingtaine de combattants de l’État islamique éliminés. Après l’attaque, le gouvernement nigérien a accusé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire, malgré une vidéo de revendication publiée par l’État islamique relativisant cette désinformation.
Le 3 février, des militants armés ont attaqué des villages dans l’ouest du Nigeria, causant la mort de plus de 160 personnes. Les premières enquêtes laissent penser que ces assaillants sont liés à un groupe djihadiste, probablement à l’État islamique.
Ces deux événements, indépendants, illustrent néanmoins un risque croissant que les combattants de l’État islamique au Niger et au Nigeria coordonnent leurs opérations, consolidant ainsi leur contrôle sur un vaste territoire.

Aéroport international Diori Hamani de Niamey, Niger. Image : Wikimedia Commons