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En 2026, les États-Unis, la Chine et la Russie disposent des plus grandes flottes d’avions de combat au monde, bien que des nuances importantes relativisent ces chiffres. Certaines forces aériennes possèdent des appareils datant des années 1960, parfois plus conservés que réellement opérationnels.

Les enjeux du décompte des flottes d’avions de combat

Les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde sont généralement considérés comme les forces aériennes ayant le plus grand nombre d’avions de combat en service. Toutefois, une comparaison directe reste délicate, notamment en raison de la diversité des modèles et des états opérationnels. Par exemple, il est peu pertinent de comparer un MiG-21 ou un MiG-29 vieillissant avec un F-35 dernier cri.

Un élément important est que tous les appareils américains recensés dans l’inventaire sont soit en état de vol, soit en maintenance, avec une probabilité élevée qu’ils restent opérationnels. Les avions que l’US Air Force ne souhaite plus maintenir sont transférés vers la réserve à la base de Davis-Monthan, lieu de stockage de matériel destiné à être ferraillé.

Cependant, ce processus n’est pas systématique dans toutes les forces aériennes. Par exemple, la Force aérienne populaire chinoise (PLAAF) ne communique pas de chiffres précis sur son parc aérien, obligeant à des estimations basées sur l’identification des numéros de série et les images satellites. De son côté, la Russie peine à financer l’entretien de son vaste parc souvent obsolète et ne dispose pas d’une déconstruction organisée comparable à celle des États-Unis.

Il existe un risque de comparer des flottes composées majoritairement d’appareils modernes et opérationnels, comme la Royal Air Force britannique, à celles qui conservent des avions anciens, délaissés et potentiellement non encore hors d’usage, à l’image de la Corée du Nord.

En ce qui concerne la flotte russe, de nombreux avions sont en fait déclassés ou laissés à l’abandon sur les bases, tout en étant comptabilisés dans les estimations open source (OSINT) grâce aux images satellites.

Les pays avec les plus grandes flottes d’avions de combat

Selon le rapport 2026 de FlightGlobal sur les forces aériennes mondiales, les États-Unis comptent plus de 2 700 avions de combat actifs, suivis par la Chine, la Russie et l’Inde. Voici le top 10 des flottes d’après ce rapport :

Rang Pays Nombre d’avions de combat Notes
1 États-Unis 2 718
2 Chine 1 814
3 Russie 1 559 Environ 660 appareils principaux, dont des bombardiers
4 Inde 600
5 Corée du Nord 455 Majoritairement non aptes au combat
6 Pakistan 421
7 Arabie Saoudite 364
8 Corée du Sud 340
9 Égypte 332
10 Israël 284

Ces chiffres doivent être pris comme des indications générales plutôt que des valeurs nominales précises. FlightGlobal classe les appareils comme « actifs » sur un critère comptable, sans garantie de leur disponibilité immédiate.

À noter que la catégorie des avions de combat inclut aussi les bombardiers stratégiques pour les États-Unis, la Chine et la Russie. Certaines forces aériennes disposent d’inventaires artificiellement gonflés ou réduits, majoritairement en raison de la prise en compte ou non des appareils mis en réserve, comme c’est le cas aux États-Unis avec leur « cimetière d’avions » non inclus dans les totaux d’autres pays.

Les 455 appareils nord-coréens sont très anciens, en majorité hérités de la Guerre froide, et dans un état opérationnel limité. Le niveau d’entraînement des pilotes y est également réduit. En 2024, le think tank IISS recensait plus de 400 chasseurs et 80 bombardiers légers nord-coréens, en précisant que beaucoup d’entre eux, âgés de 40 à 80 ans, ne sont pas réellement en service actif.

La flotte active et en état de vol nord-coréenne représenterait probablement entre 15 et 25 % de cette quantité brute.

Concernant la Russie, les 1 559 avions annoncés comprennent de nombreux appareils non opérationnels. Les forces réellement en état de vol et prêtes à intervenir engagés dans l’aviation de chasse seraient comprises entre 545 et 560, assorties d’une centaine de bombardiers stratégiques. Certains appareils comme les Su-24 et Su-25 sont classés comme avions d’attaque plutôt que chasseurs, bien qu’ils restent dans la catégorie des avions de combat.

Les États-Unis, premiers par le nombre d’avions de combat

Quelle que soit l’approche, les États-Unis détiennent la flotte la plus étendue au monde. Cela s’explique en partie par la prise en compte conjointe de l’US Air Force, de la Marine et du Corps des Marines, qui fonctionnent comme des forces aériennes distinctes.

Au total, la force aérienne américaine compte plus de 13 000 appareils militaires, dont plus de 2 700 avions de combat. Parmi ceux-ci figurent de nombreux F/A-18 et F-35B/C exploités par la Marine et le Corps des Marines. Ces deux entités constituent en elles-mêmes l’une des forces aériennes les plus puissantes au monde.

La seule US Air Force dispose d’environ 4 000 appareils non dédiés à la formation ou aux drones, tandis que la Marine et les Marines en exploitent près de 3 300 supplémentaires.

La liste publiée recense 439 F-35A en service dans l’US Air Force, alors que Lockheed avait livré plus de 500 exemplaires à la fin 2025. Elle mentionne aussi 177 F-22 en service contre un inventaire réel voisin de 185 unités, en tenant compte des appareils en maintenance approfondie.

Les types d’avions de combat les plus répandus

Le F-16 Fighting Falcon est l’avion de combat le plus fréquent, représentant environ 19 % de la flotte mondiale. Il est suivi de la famille des Su-27 Flanker, incluant les variantes modernisées Su-30, Su-34 et Su-35, qui totalisent environ 1 299 appareils (9 %).

Autres appareils répandus : F-15 (897 exemplaires), F-35 (883), F/A-18 (874), MiG-29 (728), J-7/F-7 (649), Eurofighter Typhoon (528), Su-24 (383) et Su-25 (371).

Le F-35 pourrait devenir le troisième avion de combat le plus commun, Lockheed devant avoir livré environ 1 200 exemplaires d’ici fin 2025. La Chine, qui retire progressivement ses anciens J-7, maintient un parc en constante évolution dans ses forces aériennes, mais le nombre exact d’appareils opérationnels reste difficile à estimer.

Le F-35 devrait continuer à progresser en nombre avec environ 150 livraisons annuelles, tandis que la Chine augmente sa flotte de J-20, avec plus de 300 exemplaires reçus et une montée vers la 8e place au niveau mondial en 2026.

Les grandes forces aériennes peinent à maintenir leurs effectifs

La plupart des grandes forces aériennes, notamment aux États-Unis, en Inde, en Chine et en Russie, rencontrent des difficultés à renouveler ou maintenir leurs flottes. L’US Air Force voit ses effectifs diminuer depuis la Seconde Guerre mondiale et cette tendance se poursuit.

Pour compenser, la force mise sur les véhicules aériens sans pilote de combat (UCAV). Les États-Unis prévoiraient d’acquérir plus de 185 exemplaires de leur drone de prochaine génération F-47, soit environ 10 % des achats envisagés pour les F-35.

De son côté, l’Inde peine à combler l’écart laissé par la retraite de ses MiG-21, avec des appareils plus modernes comme les Rafale français ou les Tejas indiens.

La Chine rivalise avec les États-Unis en production d’avions de combat, mais doit aussi renouveler son impressionnant parc de chasseurs anciens J-7 et J-8. Le nombre total d’appareils en service est resté stable, voire légèrement en baisse sur les cinq dernières années.

Selon l’analyste Justin Bronk, la Chine aurait produit entre 220 et 280 avions de combat en 2025, presque tous destinés à un usage interne. Le suivi OSINT Hurin, spécialisé sur la Chine, comptabilise entre 222 et 232 appareils, dont environ 200 dans la PLAAF.

Enfin, la production russe, estimée entre 24 et 35 avions par an sur les cinq dernières années, est insuffisante pour remplacer les pertes en Ukraine et renouveler son parc vieillissant. Néanmoins, la flotte principale autour des Su-30, Su-34, Su-35 et Su-57 aurait connu une croissance modeste.

Aaron Spray