Les chasseurs danois F-35A ont participé à des opérations aériennes conjointes NORAD avec les États-Unis et le Canada dans l’Arctique et l’Atlantique Nord, soutenus par un ravitailleur en vol MRTT français, selon les Forces armées danoises.
Cette manoeuvre s’inscrivait dans le cadre de l’Opération Noble Defender, un exercice régulier en haute latitude visant à valider la préparation au combat, l’interopérabilité et la conduite d’opérations soutenues dans les régions arctiques et atlantiques, où les exigences sont élevées tant pour les avions que pour la logistique et l’endurance des équipages.
Pendant deux semaines, les F-35A danois ont évolué dans des conditions de froid extrême, avec une infrastructure limitée et des profils de mission longue portée, reflétant les scénarios opérationnels réels en Arctique. Ce déploiement a constitué une épreuve opérationnelle exceptionnelle pour le chasseur de 5e génération, mettant à rude épreuve ses capteurs, sa motorisation et ses systèmes de maintenance.
La contribution danoise s’est concentrée sur le déploiement de plusieurs F-35A Lightning II basés à la base aérienne de Keflavik, en Islande, un site stratégique offrant un accès rapide à l’espace aérien arctique, tout en posant des défis logistiques et environnementaux majeurs.
Depuis Keflavik, les F-35 ont conduit des missions de police aérienne et de surveillance maritime au-dessus de l’Islande et des approches sud-est du Groenland, des zones exigeant une large autonomie et des capteurs fiables dans des conditions météorologiques extrêmes. Les pilotes danois ont opéré aux côtés de chasseurs américains et canadiens sous le commandement du NORAD, validant le partage de données et la connaissance situationnelle apportés par le radar avancé, les capteurs électro-optiques et les communications sécurisées du F-35, tout en évoluant sous des températures inférieures à zéro et dans les conditions tumultueuses de l’Atlantique Nord.
Ce déploiement s’inscrit dans la montée en puissance progressive du F-35A au sein de la Royal Danish Air Force. Le Danemark a déjà réceptionné et déclaré opérationnels plus d’une dizaine de ces appareils sur les 27 prévus, avec des équipages, personnels au sol et états-majors de plus en plus orientés vers des opérations expéditionnaires et à haute latitude.
L’Opération Noble Defender représente jusqu’à présent l’une des utilisations opérationnelles les plus exigeantes pour les F-35 danois. Elle dépasse la mission de surveillance aérienne nationale pour s’étendre à des opérations arctiques multinationales de longue durée, sous commandement du NORAD.
Faire opérer des avions de 5e génération en Arctique impose des contraintes uniques aux pilotes comme aux équipements. Le moteur Pratt & Whitney F135 a démontré une fiabilité remarquable pour les démarrages à froid, appuyée par des systèmes intégrés de surveillance de l’état du moteur qui permettent aux techniciens de suivre la performance et la tension des composants dans des conditions de basse température. Cette capacité est essentielle dans les bases avancées de l’Arctique, où les fenêtres de maintenance sont limitées et les conditions environnementales sévères.
Les analystes soulignent que la fusion de capteurs et les systèmes de mission du F-35A constituent un facteur multiplicateur dans un environnement arctique caractérisé par une faible visibilité, un couvert neigeux important et une couverture radar terrestre limitée. Le radar AESA AN/APG-81, associé au Système d’Aperture Distribuée et au Système de Ciblage Electro-optique, permet aux pilotes de détecter et suivre des contacts aériens à longue distance, assurant une situation tactique complète même par mauvais temps.
Dans l’Arctique, où les repères visuels sont souvent peu fiables et la navigation complexe, cette intégration réduit la charge de travail du pilote et améliore la sécurité des missions lors de longues patrouilles sur mer et terrains glacés.
La gestion thermique et les performances des matériaux ont également été évaluées durant l’opération. Les revêtements et structures composites furtifs du F-35A ont subi un refroidissement prolongé au sol, suivi d’un réchauffement rapide en vol, un cycle qui peut accélérer l’usure sur des aéronefs conventionnels. Selon les experts du programme, les données récoltées dans l’Arctique contribuent à optimiser les procédures de maintenance et à valider la durabilité des appareils pour de futures opérations en haute latitude, notamment d’éventuels déploiements durables au Groenland et dans le nord de la Norvège.
Pour soutenir les opérations longue portée des F-35 danois, un A330 MRTT de l’Armée de l’air et de l’espace française a assuré le ravitaillement en vol, un élément clé pour maintenir une présence prolongée de chasseurs de 5e génération au-dessus de l’Arctique et de l’Atlantique Nord. Ce soutien a permis aux F-35 de rester en alerte plusieurs heures malgré les distances importantes. Un avion de transport danois Challenger a également opéré depuis l’Islande, contribuant au mouvement des personnels et à la flexibilité logistique dans un environnement où la météo peut rapidement perturber les opérations aériennes.
L’Opération Noble Defender se déroule chaque année sous la direction du Commandement de Défense Aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), chargé de la surveillance et de la défense de l’espace aérien nord-américain. La participation danoise cette année place le F-35A au cœur de ces efforts, offrant une démonstration concrète de la capacité des chasseurs de 5e génération à mener des missions persistantes de défense aérienne et de surveillance dans l’Arctique.
Alain Servaes