L’Ukraine engage désormais l’exportation de drones, car sa défense industrielle produit plus que ses propres besoins en pleine guerre. Parallèlement, la Russie a lancé onze missiles balistiques lors d’une attaque terroriste nocturne sur le territoire ukrainien.
L’Ukraine commence à exporter des drones vers l’Ouest. Dix centres d’exportation seront établis à travers l’Europe dès février, notamment dans les pays nordiques et en Baltique. Des entreprises ukrainiennes produiront également en Allemagne et au Royaume-Uni, ce qui devrait générer des revenus pour l’économie ukrainienne.
Un conseiller du ministre de la Défense a souligné qu’une part significative du marché mondial sera prise, regrettant que l’interdiction d’exportation précédente ait constitué une erreur stratégique.
Il a également été précisé que l’Ukraine disposera bientôt de ses propres missiles balistiques : les FP-7, dont la portée est comparable aux ATACMS américaines, et les FP-9, capables d’atteindre des cibles à Moscou et Saint-Pétersbourg.
Analyse
Les fabricants occidentaux de drones auront du mal à concurrencer la production de masse ukrainienne, largement utilisée sur le terrain, contrairement à d’autres appareils seulement « testés en Ukraine » à titre marketing après avoir été donnés en très faible quantité.
L’Ukraine produit désormais plus de drones qu’elle n’en utilise. En cas de trêve future, les chaînes de production resteront actives et pourraient fabriquer des centaines de milliers de drones par mois destinés aux armées occidentales.
Les organisations de volontaires doivent-elles continuer à fournir des drones aux unités de première ligne ? Certainement, si la demande existe. Il subsiste des besoins spécifiques et locaux. De plus, l’orientation des dons doit toujours suivre les requêtes des forces combattantes. Si l’Ukraine conçoit surtout des drones FPV, des véhicules aériens de reconnaissance de type Mavic restent encore nécessaires.
La Russie multiplie ses attaques balistiques et terroristes
Dans la nuit, la Russie a de nouveau bombardé l’Ukraine, lançant notamment onze missiles balistiques Iskander-M. L’armée de l’air ukrainienne n’a pas précisé le nombre exact d’Iskander interceptés, mentionnant seulement qu’« une partie des missiles balistiques » ont été abattus avant d’atteindre leurs objectifs. Cette retenue indique vraisemblablement que les systèmes de défense aérienne sophistiqués Patriot ou SAMP/T ont été repositionnés stratégiquement, évitant de révéler leurs emplacements.
Au total, 149 drones kamikazes des types Shahed, Geran et Italmas ont également été utilisés dans cette vague d’attaques.
Les frappes ont notamment touché Odessa, où un civil a été tué et deux autres blessés, des zones résidentielles ayant été frappées. Les images de ces bombardements témoignent des incendies provoqués dans la ville.
Événements et déclarations supplémentaires
- À 10h17, une vidéo montre un drone russe Gerbera libérant un drone FPV au-dessus de Sumy.
- À 11h41, le ministre ukrainien des Affaires étrangères propose une interdiction de séjour à vie dans l’Union européenne pour tous les Russes participant à la guerre contre l’Ukraine, mesure similaire à celle déjà adoptée par l’Estonie.
- À 12h02, l’Ukraine dément toute implication dans la tentative d’assassinat du chef adjoint du GRU, suggérant une lutte interne russe.
- À 13h20, le haut commandement ukrainien rapporte des pertes russes sévères avec 1 250 soldats, 113 véhicules de transport, 12 pièces d’artillerie, 3 chars et 3 véhicules blindés détruits la veille.
- À 13h24, la Russie cherche à contourner le blocage de Starlink en proposant aux Ukrainiens des « petits boulots » consistant à enregistrer des terminaux pour les services russes. Un conseiller du ministre de la Défense ukrainien avertit que toute collaboration de ce type sera sévèrement punie pénalement.
- À 17h13, un pétrolier russe, l’AQUILA II, a été harcelé par les forces américaines. Ce navire n’a pas mis à jour sa position AIS depuis 99 jours, sa dernière localisation connue étant la mer Baltique.
- À 17h58, un chef de bataillon russe des Spetsnaz, médaillé par Vladimir Poutine, aurait été éliminé par l’armée ukrainienne.
- À 18h02, des vidéos de drones FPV montrent la destruction de neuf pièces d’artillerie ainsi que de deux systèmes thermobariques TOS-1A. Une dernière unité TOS-1A n’a pas encore été détruite.
- À 20h10, de lourds combats se déroulent à Myrnôhrad. L’armée ukrainienne affirme toujours tenir la partie nord de Pokrovsk, bien que des cartes de situation alternatives indiquent un contexte différent.
Contexte additionnel :
L’export de drones par l’Ukraine représente un tournant significatif dans son industrie de défense, prouvant sa capacité à produire des matériels avancés en quantité suffisante pour le marché international. Cela illustre également l’évolution de la guerre asymétrique, où la supériorité technologique en matière de drones devient un facteur clé sur le champ de bataille.
Les missiles balistiques Iskander-M russes, capables de frapper des cibles stratégiques à longue distance, témoignent de la dimension terroriste et intimidante des frappes russes, qui visent autant des infrastructures civiles que militaires.
L’usage massif et répétitif de drones kamikazes souligne aussi la nouvelle nature des conflits modernes, où la guerre aérienne s’appuie sur des véhicules peu coûteux et à usage unique pour saturer les systèmes de défense ennemis.