Malgré les multiples tentatives de mise à la retraite, l’avion d’attaque A-10 Thunderbolt II et le Littoral Combat Ship (LCS) continuent d’être opérationnels, notamment au Moyen-Orient.
La 5e flotte de la Marine américaine et le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) ont publié des images du USS Santa Barbara réalisant un exercice d’entraînement au tir réel dans les eaux du Golfe Persique. Survolant la zone, un seul A-10 Thunderbolt II de l’US Air Force, surnommé le « Warthog », apportait une coordination aérienne tandis que les marins du Santa Barbara participaient à un exercice ludique baptisé « killer tomato ». Ce nom fait référence aux grandes bouées rouges gonflables déployées en mer et utilisées comme cibles à l’entraînement.
Selon la 5e flotte, cet entraînement conjoint illustre l’“intégration air-mer interarmes”, tout en montrant que l’armée américaine continue d’exploiter à bon escient ces avions et bâtiments, malgré leur vieillissement et des rôles initiaux remis en question.
Le Littoral Combat Ship de classe Independence, le Santa Barbara, fait partie des trois navires qualifiés ironiquement de “little crappy ships” (« petits navires médiocres ») actuellement déployés dans le Golfe Persique. Conçus pour soutenir les opérations côtières et engager le combat à faible distance, ces bâtiments ont souffert de nombreuses défaillances mécaniques et d’une capacité insuffisante par rapport aux besoins navals qui exigent des unités plus puissantes. La Marine travaille activement à leur retrait progressif et à la cession de certains de ces navires.
Cependant, la Marine a trouvé un nouveau rôle pour ces LCS : la chasse aux mines. Depuis la fin de l’an dernier, les derniers chasseurs de mines Avenger ont quitté le Moyen-Orient, confiant cette mission aux LCS. Le Santa Barbara, ainsi que l’USS Canberra et l’USS Tulsa, opèrent à proximité du détroit d’Hormuz, une voie stratégique que l’Iran menace régulièrement de minage. Par ce passage transite environ un cinquième du commerce mondial pétrolier.
De son côté, l’A-10 est un appareil vieillissant. Célèbre pour son rôle dans la guerre contre le terrorisme et apprécié pour son son caractéristique « BRRRRRT », le Warthog est en service depuis plusieurs décennies. L’US Air Force poursuit sa politique de retrait progressif, visant à le remplacer par des avions de chasse modernes ou des hélicoptères d’attaque capables d’assumer un rôle similaire. Néanmoins, l’A-10 reste un pilier aérien au sein des forces CENTCOM, notamment pour soutenir les opérations contre l’État islamique en Irak et en Syrie. Au cours des deux derniers mois, il a été largement engagé dans l’Operation Hawkeye Strike, une série de frappes aériennes en réponse à une attaque meurtrière contre des soldats américains à Palmyre, en Syrie, en décembre dernier.
Les navires et les avions opèrent ainsi conjointement dans la région du Golfe Persique, également appelé Golfe arabe par l’armée américaine, près du détroit d’Hormuz, dans un contexte de renforcement militaire américain face aux tensions avec l’Iran. Alors que des négociations se poursuivent en Oman entre représentants américains et iraniens, les États-Unis ont multiplié les menaces militaires en raison de la réaction iranienne aux manifestations internes et à ses actions régionales. Parmi ces mesures, le porte-avions USS Abraham Lincoln et son groupe aéronaval ont été déplacés dans la zone de responsabilité de CENTCOM. Par ailleurs, lundi, l’Administration maritime du Département des Transports des États-Unis a émis de nouvelles consignes aux navires commerciaux sous pavillon américain, leur recommandant d’éviter les eaux territoriales iraniennes par mesure de sécurité.