Rachel Reeves, chancelière du Trésor britannique, a appelé à un renforcement de la coopération en matière de défense et industrielle avec l’Europe. Elle a insisté sur l’importance pour les alliés de poursuivre des achats communs ainsi qu’une plus grande interopérabilité afin d’améliorer la rentabilité et d’accélérer la mise en œuvre des capacités militaires.
Lors d’un événement consacré à la sécurité européenne à la London School of Economics, organisé par le think tank bruxellois Bruegel, Rachel Reeves a souligné que l’avenir du Royaume-Uni était étroitement lié à celui de l’Europe, tant sur le plan économique que stratégique. Elle a mis en garde contre la création de nouvelles barrières dans les chaînes d’approvisionnement de la défense. Ses propos visaient aussi à contrer les propositions européennes émergentes favorisant les règles « made in Europe » en matière d’armement, en suggérant que les efforts d’achats devraient s’élargir à d’autres partenaires de confiance partageant les mêmes valeurs, plutôt que de se refermer sur un marché strictement européen.
« En matière de défense, nous ne voulons pas construire davantage de barrières. Nous souhaitons au contraire les faire tomber. Il faut intégrer davantage nos chaînes d’approvisionnement, pas les fragiliser en adoptant une approche nationale trop exclusive », a-t-elle déclaré.
Rachel Reeves a souligné les avantages potentiels d’une harmonisation et d’achats groupés entre pays européens, rappelant les inefficiences actuelles engendrées par l’achat d’équipements similaires mais répondant à des spécifications différentes. « Je ne pense pas qu’un seul chancelier estime aujourd’hui que nous obtenons un bon rapport qualité-prix. L’interopérabilité, les achats groupés, le fait que chaque pays d’Europe ait ses propres spécifications, tout cela représente un énorme potentiel d’amélioration », a-t-elle ajouté.
Ces propos interviennent alors que le débat s’intensifie sur la capacité de l’Europe à se réarmer rapidement, à accroître la production et à réduire les doublons dans les programmes nationaux. Rachel Reeves présente son approche dans le cadre d’une volonté plus large du gouvernement britannique de réinitialiser ses relations avec l’Union européenne, notamment en alignant certaines règles réglementaires européennes lorsque cela sert les intérêts nationaux du Royaume-Uni.
Cette intervention fait également écho aux messages régulièrement entendus au siège de l’OTAN à Bruxelles. Les responsables alliés insistent sur le fait que la coopération dans les achats permet de maximiser l’efficacité des dépenses, de réaliser des économies d’échelle et, dans bien des cas, de déployer plus rapidement des capacités militaires critiques.