Le Royaume-Uni va doubler ses effectifs militaires déployés en Norvège au cours des trois prochaines années, passant de 1 000 à 2 000 personnels, en réponse à la montée des activités militaires russes dans l’Arctique et le Haut-Nord.
Dans une déclaration du ministère de la Défense, le secrétaire à la Défense John Healey a indiqué que les exigences sécuritaires dans la région sont en augmentation et a qualifié la Russie de « plus grande menace pour la sécurité de l’Arctique et du Haut-Nord depuis la Guerre froide ».
« Les exigences en matière de défense augmentent et la Russie représente la menace la plus importante pour la sécurité de l’Arctique et du Haut-Nord que nous ayons vue depuis la Guerre froide. Nous observons Putin rétablir rapidement une présence militaire dans la région, notamment en rouvrant d’anciennes bases de la Guerre froide, » a déclaré John Healey.
Cette annonce s’inscrit dans le cadre de l’initiative Arctic Sentry lancée par l’OTAN, dévoilée quelques heures plus tôt par le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte. John Healey devrait confirmer que les forces armées britanniques participeront à cette mission, avec une « planification militaire détaillée » en cours à l’OTAN, en préparation de la réunion des ministres de la Défense à Bruxelles le 12 février.
Parallèlement à cette démarche au sein de l’OTAN, la Force expéditionnaire conjointe (Joint Expeditionary Force – JEF), dirigée par le Royaume-Uni, prépare un exercice majeur dans le Haut-Nord en 2026. Le ministère de la Défense a annoncé que l’exercice Lion Protector, prévu en septembre 2026, déploiera des forces aériennes, terrestres et navales des nations membres de la JEF à travers l’Islande, les détroits danois et la Norvège.
Selon le communiqué, cet exercice visera à entraîner les forces à protéger des infrastructures nationales critiques contre les attaques et les sabotages, tout en renforçant le commandement et le contrôle conjoints. Plusieurs centaines de militaires seront déployés dans la zone d’opération.
L’activité britannique de 2026 débutera dès mars, avec le déploiement de 1 500 commandos marine en Norvège pour l’exercice OTAN Cold Response. Cet exercice multinational, qui se déroule en Norvège, Finlande et Suède, met l’accent sur l’opération dans des terrains stratégiquement sensibles, tels que les fjords et les zones montagneuses.
John Healey a présenté cette posture globale comme un message combiné de dissuasion et de préparation : « Le Royaume-Uni intensifie sa protection de l’Arctique et du Haut-Nord, doublant le nombre de troupes déployées en Norvège et amplifiant les exercices conjoints avec nos alliés de l’OTAN. »
« Cold Response et Lion Protector verront cette année des milliers de soldats déployés à travers l’Arctique et l’Atlantique Nord, avec le Royaume-Uni en première ligne. Nous nous entraînons ensemble, nous dissuadons ensemble, et si nécessaire, nous combattrons ensemble. »
En outre, le ministère de la Défense a souligné un renforcement de la coopération bilatérale avec la Norvège, faisant référence à l’accord Lunna House signé en décembre dernier. Cet accord prévoit que le Royaume-Uni et la Norvège opéreront conjointement une flotte de frégates de lutte anti-sous-marine Type 26, étendront les entraînements en Arctique et prépositionneront des équipements militaires britanniques en Norvège afin d’améliorer la préparation face à d’éventuelles crises futures.
Cette décision britannique intervient alors que l’OTAN recentre ses priorités vers le Nord. Lors de sa conférence de presse pré-ministérielle à Bruxelles, Mark Rutte a souligné l’importance croissante de l’Arctique et du Haut-Nord pour la sécurité collective, citant l’augmentation des activités russes et l’intérêt croissant de la Chine. Il a présenté Arctic Sentry comme un effort visant à coordonner les activités de l’OTAN et des Alliés dans cette région à travers une approche opérationnelle unifiée, en reliant notamment de grands exercices tels que Arctic Endurance au Danemark et Cold Response en Norvège.
Pour le ministère de la Défense britannique, la montée en puissance des effectifs, l’activité de la JEF et la planification au sein d’Arctic Sentry forment un ensemble cohérent : plus de présence, plus d’exercices conjoints et un cadre opérationnel accru pour assurer la sécurité dans le Haut-Nord.