Le Royaume-Uni a annoncé le 12 février 2026 un nouveau paquet de défense aérienne d’une valeur de 500 millions de livres destiné à l’Ukraine, comprenant notamment 1 000 missiles légers multifonctions Martlet supplémentaires. Ce dispositif finance également à hauteur de 150 millions de livres le mécanisme de la Liste des Besoins Prioritaires de l’OTAN pour l’Ukraine et comprend de nouvelles livraisons de missiles ainsi que de l’artillerie. Cette annonce a été faite lors de la 33e réunion du Groupe de Contact de Défense pour l’Ukraine, qui s’est tenue au siège de l’OTAN à Bruxelles.
Ces mesures répondent aux attaques répétées menées par la Russie contre les infrastructures énergétiques et les zones urbaines ukrainiennes, à l’aide de drones et de missiles. Le paquet combine une production domestique britannique avec des efforts coordonnés d’approvisionnement multinational et des initiatives de soutien industriel. Les quantités et les financements sont présentés dans le cadre d’un effort structuré et continu, plutôt que sous la forme d’un transfert unique.
Le missile léger multifonction (Lightweight Multirole Missile – LMM), connu sous le nom de Martlet dans les forces britanniques, a été conçu pour répondre aux besoins en armement léger guidé air-sol futur du Royaume-Uni. Il complète le missile plus lourd Sea Venom, embarqué notamment sur les hélicoptères AgustaWestland AW159 Wildcat.
Un hélicoptère Wildcat peut transporter jusqu’à 20 missiles Martlet répartis sur deux ailes d’armement, ou une charge mixte combinant Martlet et Sea Venom. Dans l’armée de terre britannique, le missile a été intégré aux batteries de défense aérienne terrestre Stormer et Starstreak des 12e et 106e régiments d’artillerie royale. Pour la marine, l’intégration comprend des lanceurs autonomes ainsi que des configurations hybrides combinant canons et missiles, associées à des systèmes de canons de 20 mm et 30 mm.
Des essais de tir ont été réalisés depuis des navires et plateformes en mouvement, simulant des conditions de mer correspondant aux états 2 et 4 de l’échelle de Beaufort, contre des cibles en manœuvre jusqu’à 6 km. La capacité opérationnelle initiale a été atteinte en 2021 et la pleine capacité opérationnelle a été déclarée en octobre 2025.
Le missile Martlet pèse 13 kg, mesure 1,3 mètre de long pour un diamètre de 76 mm. Il utilise un moteur à deux étages à propergol solide et peut dépasser la vitesse de Mach 1,5, avec une portée opérationnelle maximale de 8 km. Son ogive contient 3 kg d’explosifs, combinant fragmentation et charge creuse, avec des modes de détonation de proximité et à l’impact. Il est principalement guidé par faisceau laser, mais peut aussi utiliser des modes de guidage laser semi-actif, infrarouge à imagerie, ainsi que la navigation inertielle couplée au GPS.
Conçu pour neutraliser des systèmes aériens sans pilote, des hélicoptères, des embarcations rapides d’attaque côtière, des véhicules blindés légers ainsi que des cibles fixes, le missile est fabriqué par Thales Air Defence à Belfast, soutenant ainsi la capacité industrielle en Irlande du Nord.
Sur le plan opérationnel, le Martlet a été déployé par la Royal Navy sur hélicoptères Wildcat au sein du Groupe d’Attaque des Porte-avions. Il a été utilisé contre des drones et des cibles de surface lors d’essais réels. Il a également été testé en missions sol-air contre des drones Banshee et autres petits systèmes sans équipage. En Ukraine, le Martlet est exploité dans des configurations de défense aérienne terrestre, notamment en versions « lanceur d’épaule » et intégrations sur véhicules Alvis Stormer.
En septembre 2024, le Royaume-Uni s’était engagé à fournir 650 missiles Martlet neufs pour un montant de 162 millions de livres, suivi en mars 2025 d’une commande de 5 000 missiles supplémentaires d’une valeur de 1,6 milliard de livres. Plusieurs centaines de missiles ont été livrés en octobre 2025, soit cinq mois avant le calendrier initial, et en février 2026, le Royaume-Uni a confirmé une nouvelle livraison de 1 000 missiles supplémentaires. Des unités ukrainiennes ont rapporté des engagements contre des drones et même des hélicoptères, notamment un Ka-52 en août 2024.
Lors de la réunion du 12 février 2026 à Bruxelles, une cinquantaine de pays se sont réunis pour examiner les besoins militaires de l’Ukraine en 2026, coordonner les livraisons d’équipements et identifier les déficits capacitaires. Cette session a été coprésidée par le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec la présence du ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov, du secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, ainsi que du vice-premier ministre australien Richard Marles.
Le Royaume-Uni a rappelé son rôle de codirecteur du Groupe de Contact aux côtés de l’Allemagne, ainsi que de la Coalition de la Volonté avec la France. Les livraisons de missiles Martlet s’inscrivent dans un cadre d’assistance beaucoup plus large, débuté en 2022, incluant notamment les systèmes Stormer HVM, les missiles Starstreak, des conversions d’ASRAAM pour tir terrestre, les systèmes d’artillerie AS-90, les lance-roquettes multiples M270B1, des missiles Storm Shadow, des drones, des navires, véhicules blindés, équipements de guerre électronique, transferts de munitions ainsi que des programmes de financement et de formation.