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Le centre d’excellence de la manœuvre de l’armée américaine à Fort Benning a lancé la première session pilote du cours Robotic Autonomous Systems Leader Tactics (RASLT), dans le cadre des initiatives « Transforming in Contact » (TiC) à l’échelle de l’armée. Cette formation vise à préparer les chefs militaires aux conflits futurs où les systèmes robotiques et autonomes auront un rôle accru.

Le cours, prévu pour trois sessions pilotes en 2026, s’étalera sur trois semaines chacune, avec une alternance de cinq jours de formation par semaine. Le lieutenant-colonel Alan Hastings, commandant du 3e escadron du 16e régiment de cavalerie, unité responsable du RASLT, souligne l’importance cruciale de cette formation pour intégrer efficacement les nouvelles capacités robotiques et autonomes au sein des forces armées.

« Nous espérons que le RASLT offrira un moment clé dans le parcours d’éducation militaire professionnelle des officiers et sous-officiers, leur permettant d’acquérir une base solide pour développer des compétences en planification d’opérations tactiques intégrant ces nouvelles technologies », explique-t-il.

Selon la capitaine Alison Darby, directrice du cours RASLT, la formation cible principalement les officiers du grade de premier lieutenant à celui de commandant, ainsi que les sous-officiers à partir du grade de sergent-chef. Elle recommande que les sous-officiers éligibles aient préalablement suivi des cursus comme le Scout Leader Course ou le Battle Staff NCO Course, tandis que les officiers devraient idéalement être diplômés du Maneuver Captain’s Career Course.

« Nous formons des leaders appelés à rejoindre les forces opérationnelles, où ces formations robotiques et autonomes seront intégrées au niveau de la compagnie, du bataillon ou de la brigade », précise-t-elle.

La formation sur trois semaines suit une progression méthodique. La première semaine aborde une introduction générale aux différents types de systèmes autonomes, avec un focus sur les véhicules terrestres sans pilote (UGV) et leurs capacités respectives. Les stagiaires terminent cette période par un exercice cognitif : ils élaborent un plan en tant que commandant de compagnie au sein d’une brigade de combat à mobilité élevée intégrant des ressources RASLT.

« C’est la première épreuve qui teste leur aptitude à planifier et exécuter leur stratégie en fonction des scénarios proposés par l’instructeur, qui joue le rôle d’un adversaire intelligent et adaptable », souligne la capitaine Darby.

La deuxième semaine se concentre sur les systèmes aériens sans pilote de petite taille (sUAS) : leurs capacités, limites et contraintes sont étudiées. Les stagiaires approfondissent la gestion du spectre électromagnétique et l’influence du terrain et des conditions météorologiques sur ces systèmes. Ce module s’achève sur un exercice tactique défensif (TDE) où les participants jouent le rôle de chef de compagnie blindée avec des systèmes robotiques intégrés à leur formation combinée.

La dernière semaine aborde les enjeux du leadership, de l’éthique et d’autres considérations générales liées aux systèmes robotiques et autonomes. En conclusion, un exercice final de décision tactique demande aux élèves d’intégrer ces technologies pour conduire une manœuvre offensive.

« Les diplômés du RASLT devront maîtriser les capacités et limites des différents systèmes robotiques et autonomes, qu’ils soient déjà déployés ou en cours d’introduction dans l’armée », conclut la capitaine Darby. « Quelle que soit leur future affectation, ils sauront planifier et exploiter au mieux ces systèmes pour renforcer les formations de manœuvre ».

L’armée américaine poursuit ainsi sa transformation continue en intégrant les technologies les plus avancées afin de maintenir sa supériorité sur le champ de bataille. Des programmes comme le RASLT garantissent que les forces terrestres disposent de équipes entraînées, cohérentes et létales, capables de relever les défis des environnements opérationnels complexes de demain.