La Russie et l’Ukraine tiendront des pourparlers à Genève les 17 et 18 février sous l’égide des États-Unis, ont annoncé les deux pays vendredi. Ces discussions marquent une nouvelle étape dans des négociations difficiles visant à mettre un terme à un conflit de quatre ans.
Le président américain Donald Trump pousse pour clore ce conflit, déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Cependant, deux séries précédentes de pourparlers médiés par les États-Unis à Abou Dhabi n’ont pas permis de percée significative.
Malgré des déclarations publiques qualifiant les échanges de productifs, Moscou et Kyiv restent éloignés sur la question cruciale de la souveraineté territoriale.
“Le prochain cycle de discussions sur le règlement ukrainien aura lieu sous le format trilatéral Russie-États-Unis-Ukraine, les 17 et 18 février à Genève”, a rapporté l’agence de presse d’État russe RIA Novosti, citant le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov.
Selon Peskov, la délégation russe sera conduite par Vladimir Medinsky, ancien ministre de la Culture à tendance interventionniste, qui avait dirigé les précédents pourparlers infructueux en Turquie. Cette désignation remplace les hauts responsables militaires qui avaient conduit les deux précédents cycles à Abou Dhabi.
De son côté, Kyiv a confirmé le lieu des négociations, précisant que la délégation ukrainienne « a déjà commencé à se préparer pour cette rencontre », a déclaré Rustem Umerov, principal négociateur et chef du Conseil national de sécurité ukrainien.
Il sera accompagné notamment du chef de cabinet de Zelensky et ex-chef du renseignement militaire, Kyrylo Budanov, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires.
Le changement dans la composition de l’équipe russe intervient après une tentative d’assassinat sur le député principal négociateur à Moscou, début février, que la Russie attribue à Kyiv.
Questions territoriales
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu vendredi à Munich pour rencontrer des responsables européens et américains, dans le but de renforcer le soutien des alliés avant ces pourparlers. Il a également visité une usine de production de drones ukraino-allemande.
Dans le même temps, la Russie a poursuivi ses frappes sur les villes ukrainiennes, faisant six morts lors d’attaques nocturnes ciblant la ville portuaire d’Odesa, dans le sud, ainsi que des infrastructures énergétiques.
Moscou maintient ses exigences dans les négociations, réclamant d’importantes concessions territoriales et politiques de la part de Kyiv, demandes que celui-ci rejette catégoriquement, les qualifiant de quasi capitulation.
La Russie cherche notamment à ce que l’Ukraine se retire de la région orientale du Donetsk, dont environ un cinquième reste sous contrôle ukrainien.
Face à cette pression, l’Ukraine refuse tout retrait unilatéral et réclame de solides garanties de sécurité occidentales afin de dissuader toute reprise offensive russe après un éventuel cessez-le-feu.
Le conflit a causé la mort de centaines de milliers de soldats et de dizaines de milliers de civils, faisant de cette guerre le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
La Russie occupe actuellement environ un cinquième du territoire ukrainien, y compris la péninsule de Crimée annexée en 2014, ainsi que des zones contrôlées par des séparatistes pro-russes avant l’invasion de 2022.