Le plus grand porte-avions de la Marine américaine, l’USS Gerald R. Ford, est en route vers le Moyen-Orient. Il rejoindra l’USS Abraham Lincoln et d’autres forces déjà engagées dans la zone de responsabilité du Commandement central des États-Unis, dans le cadre du renforcement militaire en cours dans la région.
Actuellement positionné dans la mer des Caraïbes, le Ford, le plus récent et le plus imposant des porte-avions américains, fait partie d’une importante force navale présente dans ces eaux depuis plusieurs mois dans le cadre de l’Opération Southern Spear. Il doit désormais rejoindre le Lincoln, déployé dans la région depuis le mois dernier.
Selon plusieurs médias américains, dont le New York Times et le Wall Street Journal, relayant des informations de hauts responsables du Pentagone, le Ford embarquera son groupe aérien comprenant quatre escadrons de chasseurs F/A-18 ainsi qu’un escadron de ravitailleurs E/A-18G Growler. Le détail des navires d’escorte qui accompagneront le porte-avions n’a pas été précisé.
Le trajet vers le Moyen-Orient devrait durer plusieurs semaines. Le président Donald Trump a indiqué que ce second porte-avions serait déployé « prochainement » : « Au cas où nous ne trouverions pas d’accord, nous en aurons besoin », a-t-il déclaré aux journalistes.
Les États-Unis négocient actuellement avec des représentants iraniens à Genève, sous la médiation d’Oman. L’administration américaine a maintes fois menacé Téhéran d’une action militaire, en soutien aux manifestations antigouvernementales que le régime iranien a réprimées avec une force létale. Donald Trump a également averti qu’il pourrait lancer de nouvelles frappes, après celles de l’été dernier ciblant trois installations nucléaires iraniennes.
Dans cette perspective, Washington a renforcé ses capacités militaires dans la région depuis plusieurs semaines, anticipant un éventuel conflit avec l’Iran. Le mois dernier, des chasseurs F-15 du 494e Escadron de chasse expéditionnaire, qui avaient déjà abattu des drones et missiles iraniens en 2024, sont revenus dans la zone. La Garde nationale aérienne du Vermont, 158e Escadre de chasse, qui avait déployé des F-35 à Porto Rico avant les opérations au Venezuela, a également envoyé des appareils à CENTCOM après un passage en Europe. Par ailleurs, des forces terrestres ont été observées déployant des systèmes de missiles sol-air mobiles sur la base aérienne d’al-Udeid, au Qatar, une installation déjà visée lors de frappes de représailles après les bombardements américains en Iran en juin dernier.
Le Ford et son groupe aéronaval avaient été envoyés en Méditerranée orientale en octobre 2023, après le déclenchement du conflit Israël-Gaza, aux côtés de l’USS Dwight D. Eisenhower. Certains navires d’escorte avaient été redéployés en mer Rouge face à l’intensification des combats avec les Houthis au Yémen. Le Ford avait quitté la zone en janvier 2024 pour regagner son port d’attache.
Déployé en Méditerranée à l’automne dernier, le Ford avait reçu l’ordre de rejoindre les forces navales dans les Caraïbes, engagées dans une mission antidrogue qualifiée par le Pentagone d’« opération contre le narcotrafic ». Plusieurs dizaines de petits navires accusés de trafic de stupéfiants ont été bombardés, causant la mort de plus d’une centaine de personnes. Le Ford et d’autres navires ont également participé en janvier à une opération au Venezuela qui a conduit à la capture et à l’extradition du président vénézuélien.