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Au cours des dix derniers jours, les forces américaines ont frappé des dizaines de positions et de sites de stockage de l’État islamique en Syrie, a annoncé le Commandement central des États-Unis (CENTCOM). Ces opérations s’inscrivent dans la continuité du retrait des troupes américaines de plusieurs bases dans la région.

Entre le 3 et le 12 février, CENTCOM rapporte avoir mené dix frappes aériennes ciblant plus de trente infrastructures et dépôts d’armes attribués à l’EI. Ces frappes visent à maintenir une pression militaire constante sur les vestiges de l’organisation terroriste. Les zones d’intervention n’ont pas été précisées par l’armée américaine, mais des groupes de surveillance, tels que l’Observatoire syrien des droits de l’homme, indiquent que certaines frappes ont eu lieu dans le désert à l’est de Homs. Ces opérations ont parallèlement coïncidé avec deux mouvements importants de transfert de personnel et de prisonniers hors de Syrie.

Le bilan exact du nombre de combattants de l’EI tués ou capturés durant cette période n’a pas été communiqué. CENTCOM précise cependant avoir utilisé des drones, des hélicoptères et des avions, sans préciser les types exacts. Ces dernières semaines, des frappes impliquant des chasseurs F-15, des A-10 Warthogs et des hélicoptères Apache ont été confirmées. Depuis la chute du régime Assad en décembre 2024, les États-Unis ont étendu leurs opérations en Syrie, ciblant divers sites sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement intérimaire syrien, dirigé par Ahmed al-Sharaa, collabore étroitement avec la coalition dans la lutte contre les restes de l’EI.

Ces frappes s’inscrivent dans le cadre de l’Opération Hawkeye Strike, une mission de représailles lancée après la mort de deux soldats américains à Palmyre le 13 décembre, elle-même intégrée à la plus large Opération Inherent Resolve contre l’EI. Selon CENTCOM, plus de cinquante combattants de l’EI ont été tués ou capturés au cours des deux derniers mois. Cette nouvelle vague de frappes intervient également au moment où les États-Unis et leurs partenaires de la coalition ont remis le contrôle d’une base stratégique à la Syrie et ont transféré des milliers de prisonniers hors du pays.

Le 11 février, CENTCOM a annoncé avoir complètement évacué la garnison américaine d’al-Tanf dans le sud-est syrien. Établie durant la guerre civile syrienne comme point de déploiement pour combattre l’EI, cette base a souvent été la cible d’attaques menées par des forces pro-Iran, l’EI et des milices favorables au régime Assad. L’armée syrienne a confirmé avoir pris possession d’al-Tanf en coordination avec les États-Unis.

Par ailleurs, plusieurs médias du Moyen-Orient, dont al-Monitor, rapportent la fin prochaine du retrait des forces américaines de la base d’al-Shaddadi dans la province de Hasakah. Les troupes auraient rejoint la base aérienne de Kharab al-Jir ou le Kurdistan irakien. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a signalé que des avions ont été vus transportant du matériel militaire hors d’al-Shaddadi en février. CENTCOM n’a pas fait de commentaire sur cette information.

En parallèle, les États-Unis et leurs alliés ont finalisé le transfert de plus de 5 700 détenus de l’EI de Syrie vers l’Irak, une opération commencée le 21 janvier et achevée le 12 février. Le général de division Kevin Lambert, commandant de la Combined Joint Task Force – Operation Inherent Resolve, a souligné que ce transfert « aidera à prévenir une résurgence de l’EI en Syrie ». Selon l’Observatoire syrien, les convois ont bénéficié d’une escorte aérienne de la coalition lors de leur sortie du territoire syrien.